Discrimination au Gouvernement régional Eeyou-Itschee Baie-James

Le véritable problème en est un de respect des droits linguistiques de la très forte majorité de francophones (98%) qui résident sur le territoire du Gouvernement régional.

Malgré son nom, le Gouvernement régional Eeyou-Itschee Baie-James est une municipalité régie par la Loi sur les cités et villes du Québec.

Le Gouvernement régional occupe 84,4 % du territoire de Baie-James. Ce sont des terres publiques appartenant à l’ensemble des Québécois. Le reste du territoire de la Baie-James (15,6 %) est occupée par les neuf communautés cries et les villes enclavées (Chapais, Chibougamau, Lebel-sur-Quévillon et Matagami) de la région (http://www.greibj-eijbrg.com/fr/gouvernement-regional/territoire).

Selon Statistique Canada, en 2011, la répartition linguistique des 1295 résidents de cette municipalité (Gouvernement régional) était la suivante: 1270 francophones (98%), 15 anglophones (1,1%) et 5 Cris (0,9%) (http://www12.statcan.ca/census-recensement/2011/dp-pd/prof/details/page.cfm?Lang=F&Geo1=CSD&Code1=2499060&Geo2=CD&Code2=2499&Data=Count&SearchText=Baie-James&SearchType=Begins&SearchPR=01&B1=All&Custom=&TABID=1).

À la Baie-James, une minorité de Cris parlent le français (25,7%), comme le démontre le Recensement canadien de 2011.
http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/recensement/2011/recens2011_10/langue_logement/lan_conn10.htm

Le président (maire) de cette municipalité est désigné tous les deux ans et en alternance entre les groupes représentés au conseil du Gouvernement régional, soit les Cris et les Jamésiens (Québécois). Il n’y a pas d’élection au suffrage universel pour choisir les personnes qui siègent au Gouvernement régional. La forte proportion de francophones (98%) qui habitent dans cette municipalité devrait faire en sorte que le président (maire) parle le français. C’est une question de respect envers les citoyens qui y habitent. Pourrait-on imaginer l’inverse ?

Lorsque l’on parle des Jamésiens,  on désigne les Québécois qui habitent à la Baie-James. Les Cris ne sont pas des Jamésiens. D’ailleurs ils ne souhaitent pas être désignés sous cette appellation.

Le problème identifié dans ce texte n’est pas lié au colonialisme, à la race des personnes qui habitent à la Baie-James ou aux relations entre deux communautés. Le véritable problème en est un de respect des droits linguistiques de la très forte majorité de francophones (98%) qui résident sur le territoire du Gouvernement régional.

Certains ne semblent pas comprendre que les Cris n’habitent pas de façon permanente sur le territoire municipal du Gouvernement régional (Radisson, Valcanton, Villebois, les hameaux de Desmaraisville et de Miquelon), tout comme les populations installées en périphérie des municipalités enclavées du territoire (ex. Chapais) qui constituent 85 % de la région de la Baie-James.

La situation actuelle est inéquitable, car: 1) l’on impose l’anglais comme exigence pour obtenir un emploi au Gouvernement régional afin de desservir une population à 98 % francophones; 2) la plupart des avis publiés par le Gouvernement régional dans les médias écrits sont bilingues; 3) le Gouvernement régional ne respecte pas les règles édictées par la Charte de la langue française 4) et finalement le président ne parle même pas français.

Rappelons que le français est la seule et unique langue officielle du Québec et que la Baie-James est une partie intégrante du Québec.

Comme plusieurs le craignaient lors de sa création en 2012 par l’Assemblée nationale du Québec, le Gouvernement régional Eeyou-Istchee Baie-James/Eeyou Istchee James Bay Regional Government est maintenant une réalité dans le Nord-du-Québec (http://www.imperatif-francais.org/articles-imperatif-francais/articles-2012/baie-james/) (http://www.imperatif-francais.org/articles-imperatif-francais/articles-2012/quebec-perd-le-nord/). Après plus de quarante ans d’existence, la Municipalité de Baie-James a cédé sa place afin de répondre aux pressions des Anglo-Cris qui de surcroît ne résident même pas sur ce territoire!

Dans l’indifférence, cette municipalité opère en totale infraction à l’égard des dispositions prévues par la Charte de la langue française. Signalons que la version anglaise du nom de cette municipalité ne respecte pas les règles de la Commission de toponymie du Québec à l’égard du nom Baie-James. À ce jour, l’Office québécois de la langue française est demeurée muette à l’égard de cette situation inacceptable.

Grâce à la complicité du gouvernement de Pauline Marois, des gouvernements libéraux, de hauts fonctionnaires québécois et d’élus locaux de la Baie-James, soucieux de maintenir la bonne entente à tout prix avec les Cris et ce au détriment de la défense des intérêts stratégiques du Québec dans cette région, la municipalité jadis francophone est maintenant une entité bilingue, où les principaux postes de son administration exigent le bilinguisme (français/anglais) comme condition essentielle d’embauche (http://www.offres-emplois.ca/emplois-matagami-gouvernement-regional-eeyou-istchee-baie-james-r525-e87132.html).

Matthew Coon Come

Son conseil est un bel exemple de bilinguisme institutionnel où l’anglais occupe une place démesurée par rapport à la réalité linguistique du territoire. Actuellement, la municipalité est dirigée par un Anglo-cri qui ne parle pas le français (Matthew Coon Come qui est bien connu pour ses déclarations contre la souveraineté du Québec, ici et à l’étranger), d’un conseil composé à 50% de représentants (des Anglo-Cris) qui ne veulent pas communiquer dans la langue officielle du Québec et l’autre moitié d’élus francophones qui doivent subir (ou acceptent) cette condition inéquitable. Il faut ajouter que chaque séance du conseil engendre des frais importants de traduction et d’interprétation. En ces temps d’austérité libérale, pouvons-nous nous accepter des dépenses aussi inutiles ?

Devant cette situation déplorable, il est temps de corriger cet anachronisme et de redonner au français le statut de seule et unique langue officielle au sein de cette municipalité.

Adresse utile : gouvernement@greibj-eijbrg.ca