La France, le Québec, l’Humanité interpellés!

« Le bilinguisme collectif est le terrain d’une véritable guerre. »

La pensée unique

L’anglicisation planétaire!

Extrait du Devoir : La guerre des langues  Pour l’universitaire (étatsunienne) Pascale Casanova, le bilinguisme collectif est un symbole évident de domination linguistique

 « Le bilinguisme collectif est une autre tentative de dissolution : il exporte, avec la langue, les pensées et les catégories de pensée permises par la langue dominante, sans passer par la traduction (c’est-à-dire par la langue dominée). Et il est une incorporation, une véritable appropriation, comme une première étape avant l’élimination de la langue dominée. »()

Loin d’être un lieu de coexistence pacifique, le bilinguisme collectif est plutôt le terrain d’une véritable guerre. A fortiori si l’une de ces langues est la langue mondiale, dit Casanova. Car à travers les mots, la syntaxe, les images ou le style, ce sont ses idées, ses moeurs, sa morale que la langue dominante transmet et impose. (…)

« Avec les traductions sont exportées aussi des pensées, des catégories de pensées, des visions et des divisions, des objets dignes ou indignes d’être pensés, des façons d’aborder tel ou tel objet de pensée, écrit Pascale Casanova. Cela suppose que l’exportation d’une langue implique bien plus que la langue elle-même ; elle inclut aussi […] toute une vision du monde. » ()

Aujourd’hui, Pascale Casanova déplore la domination de plus en plus grande de l’anglais en France. « Elle touche maintenant les manières de manger, de s’habiller, de se meubler, dit-elle. J’espère que les Français vont enfin comprendre cette emprise et qu’il ne sera pas trop tard ! » Même si l’écrivaine ne manifeste pas un optimisme débordant, elle n’hésite pas à reprendre les mots de Vendryès qui constatait que la domination linguistique se passait aussi « dans l’esprit de chaque locuteur ». C’est donc, dit-elle, que « nous participons nous aussi, sans le savoir, à la domination de l’anglais et qu’il ne tient qu’à nous de choisir de parler ou d’écrire une autre langue, chaque fois que c’est possible, bien sûr ».

Pour en savoir plus : http://www.ledevoir.com/international/europe/464701/entrevue-la-guerre-des-langues