Apartheid linguistique et ethnique au Québec

Ceci vous mettra en colère!

KativikL’Administration régionale Kativik, qui est financée à 71 % (105 M$) par le gouvernement du Québec, vient de publier une offre d’emploi pour se trouver un nouveau directeur général (http://www.krg.ca/fr/emploi).

Gouvernement du QuébecBien que dans les exigences d’embauche, « il est essentiel d’être capable de parler et d’écrire couramment l’inuktitut et l’anglais », « la connaissance du français sera considérée comme un atout ».  Cette banalisation du français est paradoxale, sachant que cette personne devra « assurer la liaison avec le gouvernement du Québec » ! Détail intéressant, cette offre d’emploi vise à pourvoir un poste actuellement occupé par Madame Isabelle Parizeau, fille de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau !

De plus, ce poste n’est ouvert qu’aux bénéficiaires de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (Inuits), malgré le statut non ethnique des villages nordiques.

Il est à signaler que tous les postes offerts par l’Administration régionale Kativik banalisent la connaissance du français (http://www.krg.ca/fr/emploi)

Adresses utiles :

Martin Coiteux
Martin Coiteux
Ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire
ministre@mamot.gouv.qc.ca

Administration régionale Kativik
Info@krg.ca

4 commentaires

  1. C’est une bonne chose. Nous avons envahis leur territoire. Ils doivent conserver leur culture et leurs liens avec notre pays (qui est le Canada) est avec le Federal.

  2. Loufoque!

  3. Précision pour ceux qui se demanderaient ce que je faisais au Nunavik. J’ai accompagné ma femme, cadre intermédiaire au centre hospitalier de Tulatavik, et j’ai été chargé d’une enquête sur les familles d’accueil pour le compte de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik. Mon rapport, ai-je besoin de le préciser, est resté sur les tablettes; ses recommandations, lettre morte. D’autres comme moi ont fait ce même parcours et personne non plus ne les écoute. — Richard Gervais, 29 janvier 2016

  4. Il y a onze ans, j’étais dans le Grand Nord québécois, le Nunavik. J’y ai vécu un an. Ce que j’ai constaté là-haut était (et est toujours) parfaitement écœurant. Les Québécois et la langue française y étaient méprisés. Les Inuits, surtout les bien-blanchis et anglicisés, la caste des sang-mêlé, qui se détournent du Québec sauf pour encaisser son argent, les Inuits rient de la minorité ethnique que nous sommes. J’ai vu un haut-fonctionnaire québécois venir octroyer je ne me souviens plus combien de centaines de milliers de dollars, notamment pour le transport adapté, ne parler qu’en anglais aux autorités de Kuujjuaq. Pas un mot de français. Tous les jours j’ai entendu des enfants inuits jouer dehors en parlant inuktituk, leur langue. Pourtant, des Québécois en poste là-bas, tellement crétinisés par le système, vont répétant que la langue maternelle des Inuits est l’anglais. Pour cueillir mon courrier au bureau de poste de Kuujjuaq, il fallait parler anglais, me disait-on. Moi, je l’ai demandé en français. Alors, le préposé a fait venir une préposée qui parlait français. Vous voyez le topo. Ce qui se passe là-haut est proprement écoeurant, je le répète. Les Québécois, surtout nos chefs, sont des incapables : incapables de s’imposer, incapables d’imposer leur langue. Comme ailleurs, les Québécois se tassent, ils ravalent. Le Nunavik connecté au Sud n’est à peu près rien d’autre que le Nunavik connecté sur les établissements anglais comme McGill et les hôpitaux anglo-montréalais. Tout cela dans le silence radio complet des médias. Tout cela avec l’argent de nos impôts de Québécois bien dociles ou en colère mais impuissants. Etc., etc., etc. Je voulais écrire sur le Nunavik, mais les données sont quasi secrètes et ne montent pas là-haut qui veut. Quant à enquêter, bonne chance. Il faut être institutionnellement agréé pour aller travailler là-bas, envoyé par quelque agence. Et même dans ce cas-là, vous n’avez pas accès à l’information normale, comme au sud. Pour enquêter d’ailleurs, il faudrait pénétrer les réseaux des Inuits qui contrôlent les 14 villages et surtout le chef-lieu Kuujjuaq. Au Nunavik, vous ne pouvez pas vous rendre comme ça, louer ou acheter une propriété et vous installer. Oubliez ça, la propriété est radicalement contrôlée. Il y a des années, Lise Bissonnette, alors directrice du journal Le Devoir (une allumée rare), avait dénoncé ce racisme institutionnalisé au Nunavik, mais sans suite, évidemment. De toute façon, personne n’est intéressé à savoir… Tiens, un dernier point. La huitaine de personnes, de langue française, inscrites comme moi au cours d’inuktituk devaient suivre le cours en anglais, parce que le professeur, sorti de McGill, en train de perdre son inuktitut, ne disait pas deux mots de français. Après trois rencontres d’ailleurs, il ne s’est plus présenté pour donner ses cours. Nous devions l’attendre dehors, au fret’, pour finir par nous rendre compte, après protestation, qu’il avait déclaré forfait, sans autre forme de procès. Ils sont morts de rire, je vous le dis. Une fois sans doute l’argent des subventions du Québec touché pour dispenser ces cours-là, adieu… Non. Le Nunavik est une terre formidable, un chantier au mille possibles, qu’on est en train de gâcher par notre imbécilité nationale chronique.

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