Impératif français s’adresse au conseil municipal de Gatineau

Ville de Gatineau

Monsieur le Maire,
Mesdames les Conseillères,
Messieurs les Conseillers,

À l’occasion de son 40e anniversaire, Impératif français désire faire part de ses réflexions aux représentantes et représentants de la Ville de Gatineau. D’emblée, Impératif français tient à rappeler l’enjeu vital pour la Ville de faire des choix en matière de politique linguistique qui n’auront jamais comme conséquences fâcheuses de restreindre le statut du français sur son territoire. Par conséquent, la Ville devrait pratiquer une politique linguistique qui prévoit l’utilisation du français comme langue commune d’usage public, car est-il besoin de se remémorer qu’au Québec, tout ce qui est en français s’adresse à tout le monde, même à celles et ceux qui ne le parlent pas.

En effet, le français, en plus d’être la langue officielle du Québec, est la langue d’inclusion partout au Québec et Impératif français croit qu’il appartient aux citoyennes et citoyens du Québec d’apprendre le français et non aux organismes publics d’angliciser leurs pratiques pour se montrer accommodants envers celles et ceux qui refusent de le parler ou de l’apprendre. Ainsi, au lieu d’encourager le non-apprentissage du français par des pratiques contribuant à renforcer l’unilinguisme anglais, la Ville doit déployer tous les efforts possibles pour que ses résidentes et résidents, toutes origines confondues, comprennent que la connaissance du français est l’outil indispensable pour participer à l’amélioration de la qualité de vie citoyenne et démocratique à Gatineau.

Maxime Pedneaud-JobinDepuis nombre d’années, Impératif français n’a de cesse de s’adresser au conseil municipal et à toutes les personnes porteuses de dossiers à la Ville, soit pour signaler des dérogations à la Charte de la langue française, soit pour recommander à la Ville d’adopter des résolutions respectueuses de l’environnement culturel et linguistique de la quatrième ville du Québec. Parce que ces résolutions sont toujours d’actualité en 2015 et qu’Impératif français ne trouve pas trace de celles-ci notamment dans le site Web de la Ville, Impératif français pose de nouveau des questions d’une importance capitale :

  • Pourquoi la Ville n’a-t-elle toujours pas élaboré et adopté une politique linguistique en faveur du français sur le modèle de la Politique linguistique gouvernementale et pourquoi ne détient-elle toujours pas un certificat de conformité à la Charte de la langue française, et ce, même si elle est inscrite, depuis sa création en 2002, à l’Office québécois de la langue française?
  • Pourquoi la Ville n’a-t-elle pas formellement fait disparaître l’exigence de la connaissance de l’anglais pour tous ses emplois à la suite de l’opposition citoyenne, il y a quelques années, alors que la Ville voulait instaurer des primes au « bilinguisme ou primes à l’anglais » ? Cette exigence est hautement discriminatoire et brime ainsi le droit des personnes à gagner leur vie en français, de surcroît, dans un organisme public?
  • Pourquoi la Ville n’a-t-elle pas encore lancé une vaste campagne promotionnelle d’intérêt public déclarant de façon non équivoque « Gatineau, la ville où il fait bon vivre et travailler en français »? Selon Impératif français, cette campagne est essentielle pour contrer toutes les campagnes promotionnelles de séduction mises sur pied en Ontario par des promoteurs immobiliers qui occultent de façon délibérée le caractère français de Gatineau. Évidemment, la Ville ne doit pas être prenante de cette désinformation culturelle et linguistique.
  • Pourquoi la Ville ne fait-elle pas respecter sur son territoire le Code de sécurité routière en prenant les mesures qui s’imposent pour contrer le trafic identitaire et la fraude fiscale? Impératif français croit qu’il est possible, pendant les patrouilles de nuit du Service de police de la Ville, d’effectuer des vérifications et des suivis selon les normes en vigueur, pour s’assurer que les véhicules des personnes nouvellement installées sur le territoire de Gatineau sont immatriculés au Québec. Sinon…

 

Dans la poursuite de ses réflexions, Impératif français reconnaît l’apport indéniable des nouvelles arrivantes et des nouveaux arrivants à Gatineau et il souhaite donc faire part à la Ville des recommandations suivantes :

  • La Ville doit renforcer ses pratiques d’accueil et d’intégration auprès des personnes immigrantes, et ce, tout en accordant une attention particulière à celles et ceux qui ne connaissent pas le français. Autrement dit, au-delà des séances d’accueil déjà existantes pour faire découvrir la ville, des moyens doivent être mis en place pour accompagner ces personnes de façon très structurée afin de leur permettre de s’intégrer le plus rapidement possible à leur environnement québécois.

 

Parmi ces pratiques d’accueil et d’intégration des nouveaux citoyens, en voici quelques-unes dont la Ville de Gatineau ne peut faire l’économie :

  • De la part des conseillères et conseillers municipaux, envoi d’une lettre d’accueil en français (le médium étant le message !) dans laquelle, en plus de leur souhaiter la bienvenue, ils indiqueraient aux personnes provenant de l’extérieur du Québec les démarches à suivre pour se procurer les documents essentiels à leur fonctionnement, tels que la carte d’assurance maladie, le permis de conduire et, bien sûr, le certificat d’immatriculation d’un véhicule au Québec, à l’instar de ce qu’ont déjà fait certains conseillers dans le passé.
  • Cette lettre devrait également inclure, pour celles et ceux qui ne parlent pas français, une liste d’établissements qui offrent des cours de français et insister sur l’importance de parler français au Québec et à Gatineau.
  • De plus, cette pratique devrait également s’appliquer à la lettre accompagnant la facture des droits de mutation et aux bulletins de quartier des conseillères et conseillers lesquels, bien sûr, seront rédigés uniquement en français (le médium étant le message!)
  • Outre ces activités de rapprochement culturel, la Ville devrait ajouter dans le programme Culture et loisirs des cours de français qui pourraient s’intituler « Vivre en harmonie au Québec » et « Au Québec, le français, la clé du succès » et s’adresseraient aux nouvelles arrivantes et nouveaux arrivants, allophones ou anglophones, qui ne parlent pas français.

 

Enfin, Impératif français espère que la Ville de Gatineau procédera rapidement à la mise en place de politiques, pratiques et programmes qui auront pour conséquences d’affirmer de manière explicite son appartenance au Québec et son statut de ville française en Amérique du Nord.

Impératif français se met à la disposition de la Ville pour l’aider à la mise en œuvre de telles politiques, pratiques et programmes.

Espérant pouvoir compter sur votre entière collaboration pour faire de « Gatineau une ville où il fait bon vivre et travailler en français », nous vous prions d’agréer, Mesdames et Messieurs, nos salutations distinguées.

Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français

3 commentaires

  1. Il est intéressant que l’Imperatif-français exige que Gatineau soit 100 % français que dans le même temps, il exige également que Ottawa soit officiellement bilingue. Gatineau et Ottawa sont deux parties intégrales de la Région de la capitale nationale.

    Deux poids deux mesures, peut-être ?

    • Ottawa est la capitale fédérale. Gatineau ne l’est pas!

  2. Je vous remercie pour tous les efforts que vous faites pour une juste reconnaissance du français.

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