SEPA? Sais pas!

SEPA? Sais pas!

La France indigne nage depuis vingt ans en eaux troubles en s’effaçant de la scène linguistique dans les secteurs clefs de l’économie, et même en économie tout court,

 

Elle s’infériorise elle-même, en cela aidée par des politiciens, corrompus par des pots-de-vin qui doivent être légion et dont la stupidité naturelle nous impose l’inadmissible : la perte de notre langue, donc la perte de notre identité, car comme chacun sait, la France s’est forgée, plus que toute autre nation, dans le creuset de sa langue. Si les arts et lettres, les sciences ont été protégés par Richelieu et d’autres après lui, ce n’est pas un hasard.

 

Geneviève Fioraso

Geneviève Fioraso

La langue française, bafouée par sa propre élite autoproclamée, constamment ridiculisée par la propension du monde scientifique à ne travailler qu’en anglais, malgré les résultats obtenus par des francophones, via des crédits publics, qui font par exemple du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) le premier organisme de recherche au monde, la langue française n’en finit pas de gober des mouches noires. Et ce n’est pas Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur, qui inversera la tendance; elle continue l’œuvre anglomaniaque amorcée par son confrère socialiste Claude Allègre, qui cumula les ministères, non seulement de la recherche scientifique et de l’éducation nationale, mais aussi de la technologie, bref, trois secteurs vitaux qu’il aura vraisemblablement désossés et pervertis, si on en juge par ses positions contre la langue française. À droite, nous ne fûmes pas mieux servis par Valérie Pécresse et The Guard (surnom donné à Christine Lagarde, en poste alors à l’économie, qui imposait l’usage de l’anglais à son entourage…).

 

Dernier exemple de facétie française : le RIB, connu de tous en France comme le Relevé d’identité bancaire, est remplacé, non sans mal, par le SEPA. « Qu’est-ce que le SEPA? » demanderai-je à mes concitoyens: « -Sais pas! » répondront-ils. Évidemment, puisque c’est l’acronyme de Single Euro Payments Area.

 

Bref, nous sommes en plein délire de perte définitive de deux souverainetés, économique et linguistique, indispensables à notre colonisation. Paris n’est déjà plus qu’une ville du royaume jadis Plantagenêt.

François Hollande

François Hollande

Dès lors, il n’est pas étonnant que les présidents français ne réagissent pas, car ils ne peuvent rien faire, sauf rejeter ce qui nous lie à l’Union européenne tant que celle-ci, complètement corrompue par ailleurs (http://ec.europa.eu/dgs/home-affairs/e-library/documents/policies/organized-crime-and-human-trafficking/corruption/docs/acr_2014_fr.pdf – rapport de la commission européenne, toujours inapte à franciser ses liens, mais qui propose, en français, ce rapport (pour cela, on a dû corrompre toute la clique anglolâtre de l’Union européenne, probablement!)) persistera à se croire aux États-Unis et à obéir aux injonctions britannico-étatsuniennes.

 

Bref, ce n’est pas étonnant, car la France n’a rien dit quand on a éjecté le français, langue initiale de la CEE, de la BCE (Banque centrale européenne), qui n’utilise officiellement que l’anglais, alors que son siège est en Allemagne et que… l’Angleterre – pardon, le Royaume-Uni – n’est pas membre de la zone euro!

De plus, un diktat est commis : « Attention attention, si vous faites encore des RIB en août, on va appeler le gendarme! »

 

Bref, il n’y a bel et bien que les pays francophones autres que la France qui utilisent la langue française pour des choses pratiques, la faisant ainsi évoluer, car aujourd’hui, puisque même les Français font tout en anglais, les néologismes sont directement copiés du dictionnaire anglais.

 

En France, la langue française sert surtout à dire des âneries et à donner la touche exotique pour contenter les nombreux touristes qui visitent la nation au plus grand rayonnement culturel au monde (rires), se risquant à s’exprimer en français et recevant une réponse en… anglais. Même la Culture finance aujourd’hui, tout comme le font les Sciences, des festivals qui invitent, à grands frais, des « aaaaaartistes » anglophones, enfonçant le clou de l’acculturation pour mieux, demain, nous assimiler.

 

Cédric LAUDET,

France

pour Impératif français