Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt. (Confucius)

Pierrot PéladeauEn réponse à M. Pierrot Péladeau, à la suite de la parution de son billet du 13 septembre dernier « Montréal n’est pas la deuxième ville française du monde»

Impératif français n’entrera pas dans le débat… à savoir si c’est Montréal, Kinshasa ou Abidjan, qui détient le titre de « deuxième ville française au monde! »

Ce n’était absolument pas le but visé lors du point de presse du 11 septembre dernier. En effet, les plus éclairés constateront que le communiqué de presse ci-dessous envoyé à ce sujet porte sur un problème de fond, soit la défrancisation et l’anglicisation de Montréal… Il semblerait que M. Péladeau soit passé à côté du problème réel du recul du français, recul pourtant abondamment illustré dans le communiqué d’Impératif français :

Des statistiques et des faits tenaces !

Montréal, deuxième ville française… de langue anglaise!

Aujourd’hui, dans un contexte de valorisation excessive de l’anglais, face à la résurgence d’une attitude passéiste quant à la place à accorder à l’anglais pour réussir sa vie au Québec, Impératif français, une fois de plus, prend le micro avec des collaborateurs pour dénoncer l’anglicisation fulgurante de Montréal.

En juin 2012, des études de l’Office québécois de la langue française dévoilaient des faits extrêmement troublants quant à la place du français dans les commerces et entreprises de Montréal :

> La langue des affaires :

  • Plus de 18 % des commerces du centre-ville de Montréal affichaient un nom d’entreprise non conforme.
  • Plus de 26 % des commerces n’accueillaient pas exclusivement en français leur clientèle, alors que l’accueil bilingue est passé de 1 % à 13 % entre 2010 et 2012.
  • Déjà en 2010, 28 % des commerces pour l’ensemble de l’île de Montréal contrevenaient à la loi en matière d’affichage commercial.

 

> La langue de travail :

  • Alors que le français est la langue officielle du Québec depuis 1974, seulement 18 % des Montréalais utilisaient uniquement le français au travail en 2012.
  • De 1997 à 2010, le % de la main-d’œuvre des entreprises privées qui travaille uniquement en français a reculé de 6,5 %; RMR de Montréal, recul de 9,5 %; Île de Montréal, recul de 9,9 %.
  • Chez les travailleurs des entreprises privées du Québec, de 1997 à 2010, dans les conversations à caractère professionnel :

– avec leurs subordonnés, recul de 7,4 % (7 8,3 % à 70,9 %);
– RMR de Montréal, avec leurs collègues, recul de 7,1 % (63,9 % à 56,8 %);
– RMR de Montréal, avec leurs subordonnés, recul de 10,2 % (64,2 % à 54,0 %).

  • Chez les travailleurs des entreprises privées, de 1997 à 2010, dans la rédaction de documents internes :

– Québec : recul de 8,3 % (67,2 % à 58,9 %);
– RMR de Montréal : recul de 8,1 % (73,9 % à 65,8 %).

  • On évalue également à environ 13,9 % la proportion des emplois publics au Québec dont la langue de travail est l’anglais, alors que les anglophones ne comptent que pour 8,3 % de la population totale.
  • En 2014, à Montréal, l’avalanche de postes pour lesquels la connaissance de l’anglais est exigée d’emblée, alors que tout le monde au Québec est censé parler français, sinon l’apprendre, est un exemple flagrant du recul du français!

 

> La démographie :

Depuis 1996 jusqu’en 2011, on observe une diminution du poids des francophones :

  • selon la langue maternelle :

– au Québec (-2,6 %), dans la région métropolitaine de Montréal (-3,6 %) et sur l’Île de Montréal (-4,7 %) (stagnation de l’anglais depuis 2001);

  • selon la langue d’usage à la maison :

– au Québec (-1,6 %), dans la région métropolitaine de Montréal (-1,6 %) et sur l’Île de Montréal (-2,6 %) (augmentation de l’anglais depuis 2001).

 

> L’indice de vitalité linguistique (ou assimilation) :

  • La communauté anglophone voit son importance augmentée considérablement grâce aux transferts linguistiques (assimilation) :
Ensemble du Québec Région de Montréal Île de Montréal
Anglais : + 24 % + 30 % + 40 %
Français : + 3 % + 4 % + 7 %

 

> Fonction publique fédérale :

  • Près de 60 % des emplois publics fédéraux au Québec exigent la connaissance de l’anglais pour desservir une population d’à peine 8,3 % de langue maternelle anglaise!

 

> Les études en anglais :

Bien que la population de langue maternelle anglaise représente 8,3 % de la population totale québécoise, elle rassemble

  • 11 % des élèves au primaire et au secondaire, 17% des étudiantes et étudiants au collégial et 25 % à l’université;
  • Les universités anglophones ont plus de 50 % des chaires de recherche du Canada;
  • Et elles reçoivent 29 % de l’ensemble des revenus des universités.

 

> La connaissance des langues :

Bien que tout le monde au Québec est censé connaître et parler le français :

  • Près d’un anglophone sur trois, soit 32 %, admet ne pas pouvoir soutenir une conversation dans la langue d’usage public commune, le français ;
  • Et un allophone sur quatre, soit 25 %, s’en disent aussi incapables.

 

Bibliographie :

– Statistique Canada, Recensements

– Conseil supérieur de la langue française, Redynamiser la politique linguistique du Québec

– Institut de recherche sur le français en Amérique, Francisation des milieux de travail : les gouvernements prêchent-ils par l’exemple? Octobre 2011

– Partenaires pour un Québec français, Démographie et lien entre la langue française, la démocratie et l’avenir syndical. Juin 2014

– Une étude de Pierre Curzi, L’effet anglicisant du déséquilibre du financement des universités.

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Source :
Impératif français
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