LOI FIORASO

Articles d’Indépendance des Chercheurs :
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/02/16/loi-fioraso-et-usage-de-la-langue-francaise.html

Loi Fioraso et usage de la langue française dans les universités

Que deviendra à terme en France, au sein de nos propres universités, l’usage de la langue française dans l’enseignement supérieur ? Le 16 février 2013, la situation de dégringolande économique et de vente des meubles apparaît encore plus clairement au grand jour avec la visite en Inde de François Hollande à la tête d’une importante délégation comprenant la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) Geneviève Fioraso. Alors qu’à la une Le Monde évoque une « série d’immolations après le suicide de Nantes », à propos notamment de suicides récents de chômeurs français, ce même 16 février un deuxième article du même journal porte le titre hallucinant « Paris assume les transferts de technologie en Inde ». Jusqu’où ira, en France, la politique de délocalisation de la recherche et de la technologie ? La veille, François Hollande avait visité le centre de recherche et développement de l’entreprise Lafarge à Bombay. Or dans une note intitulée « Quand la France et l’Inde veulent développer les échanges étudiants », Keek souligne un manque supposé de programmes anglophones dans les établissements français comme le principal obstacle à ces échanges. Alors que, précisément, le projet de loi de Généviève Fioraso élargit encore les prévisions d’usage de l’anglais dans les universités françaises plus loin que ne l’avait prévu la très controversée Loi n°2007-1199 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), adoptée sous Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse. Quel avenir prépare-t-on à la langue française en France même, alors que les « capitaux français » ont massivement émigré au cours des dernières décennies dans le contexte de la mise en place de l’Union Européenne et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ? Cette évolution à l’échelle planétaire du capitalisme de notre époque a été analysée notamment dans nos articles « Hollande, Ayrault et la mondialisation » (I) , (II) et (III). Dans cette situation, une question essentielle pour l’avenir du pays est celle de la préservation du rôle de la langue française chez nous.

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et pour rappel :
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/02/14/cnrs-loi-fioraso-un-communique-intersyndical.html

CNRS, loi Fioraso : un communiqué intersyndical

Le 14 février 2013, Info Economique rapporte notamment « MARSEILLE. CNRS et Satt Sud-Est : une stratégie concertée pour valoriser la recherche publique », faisant état d’une convention cadre de partenariat signée par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) avec la Société d’Accélération du Transfert de Technologies. Mais un tel style de « management », est-ce vraiment la solution aux problèmes du pays dans ce domaine ? Au même moment, Le Point écrit « Hollande en Inde : Paris et New Delhi évoquent des « progrès » sur le Rafale », et commente également la possible construction par Areva de deux réacteurs nucléaires du type EPR (Evolutionary Power Reactor) en Inde. Des opérations qui, de toute évidence, comporteront des transferts de technologie importants comme déjà souligné dans notre article du 19 janvier « Mali, ventes de Rafale : Hollande, après Mélenchon ». Est-ce autre chose, tout compte fait, qu’une vente des meubles dans le contexte de la mondialisation déjà analysé dans nos articles récents « Hollande, Ayrault et la mondialisation » (I) , (II) et (III) ? La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Geneviève Fioraso fait partie des membres du gouvernement qui accompagnent François Hollande dans ce déplacement. Mais précisément, jusqu’où ira, en France même, le processus de privatisation de l’enseignement supérieur et de la recherche que le projet de loi de Geneviève Fioraso renforce encore ? Et jusqu’où ira la délocalisation de la recherche française ? Nos articles « Enseignement supérieur et numérique : les dangers » (I), (II) et (III) ont déjà analysé les dangers de la politique actuelle dans le domaine du numérique, mais le problème posé par le projet de loi en cours sur les universités et la recherche est plus global. A ce sujet, un communiqué intersyndical récent intitulé « ESR : un projet de loi inacceptable qui ne permet pas de répondre aux attentes des personnels et des étudiants » semble se heurter en ce moment même à des omissions et à des lenteurs dans sa diffusion effective à l’ensemble des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche. Pourtant, des moyens de communication institutionnels très efficaces se trouvent à la disposition des organisation syndicales. C’est le cas, notamment, des listes de diffusion électroniques comprenant les trente-quatre mille agents titulaires et contractuels que compte le CNRS. Ou encore, des listes de diffusion équivalentes concernant le personnel des universités. Ce communiqué du 11 février émanant d’une intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) appelle en particulier à une mobilisation générale à l’occasion de la réunion du Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNESER, qui doit avoir lieu le lundi 18 février. Le 14 février également, Les Echos souligne « Croissance nulle pour la France en 2012 », sur la base des informations diffusées le même jour par l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE). Est-ce autre chose que le résultat de la fuite récurrente des capitaux, y compris dans la recherche ? Pourtant, rien de tel n’apparaît dans l’exposé de e-Orientations « La loi « Fioraso » destinée à remplacer la loi LRU ». Mais la réalité est que le projet de loi de Geneviève Fioraso n’est que la continuation aggravée de la Loi n°2007-1199 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) de Valérie Pécresse.

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