ÉTAT D’URGENCE POUR LE FRANÇAIS ET LA FRANCOPHONIE

FranceMme Sylviane Bulteau appelle l’attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays. Au sein de l’Union européenne, d’abord, la langue allemande est celle qui compte le plus de locuteurs, suivie en cela par le français puis l’anglais. Il est donc inconcevable que le français ne soit aujourd’hui la langue « source » que pour seulement 8 % des documents qui émanent de la Commission européenne alors que sur le site internet de l’exécutif européen, seules 12 % des pages sont traduites en français. Systématiquement, les documents de travail sont transmis en anglais au Gouvernement français. Depuis de nombreuses années, les parlementaires de l’Assemblée nationale comme du Sénat alertent les gouvernements successifs sur le dramatique affaiblissement de notre langue et concomitamment de notre influence. À l’échelle de la planète, ensuite, la régression dans l’ensemble des organisations internationales s’accélère, que ce soit à l’ONU ou dans les instances associées principalement où 90 % des textes sont d’abord rédigés en anglais. Il apparaît que de nombreux pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne respectent pas les engagements qu’implique leur participation à ce groupement : leurs diplomates parlent exclusivement l’anglais et leurs moyens de communication ne présentent souvent aucune version française (sites internet). Dans le domaine de la coopération de sécurité et de défense, la situation n’est pas meilleure. Depuis que la France a rejoint l’OTAN, l’armée française s’est complètement convertie à l’anglais dans ses relations avec nos partenaires. Un exemple parmi d’autres : la force de gendarmerie européenne, pourtant créée à l’initiative de la OIFFrance, et qui ne compte aucun pays anglophone en son sein, n’a qu’une langue de travail officielle : l’anglais. Son site internet est là aussi unilingue, en anglais. Demain, grâce à l’Afrique, le français, actuellement 9e langue mondiale avec 200 millions de locuteurs, sera une des principales langues mondiales. À l’horizon 2050, avec 715 millions de locuteurs, elle sera toujours parlée sur chaque continent, privilège qu’elle partage avec l’anglais seulement. En France même, enfin, on ne peut que constater une évolution néfaste. Les titres de films ne sont plus traduits, les émissions télévisées s’affublent de titres anglais, les radios rechignent à appliquer les quotas obligatoires de diffusion de chansons françaises pourtant nécessaires à l’émergence de nouveaux talents et réclament même pour certaines la prise en compte, dans ces quotas, des artistes francophones qui s’expriment en langue anglaise ! Nos grands groupes industriels nationaux eux-mêmes choisissent des slogans en anglais et travaillent dans cette langue. De nombreuses grandes écoles, de Sciences Po à HEC, dispensent leurs cours en anglais, souvent, d’ailleurs, au mépris de la législation en vigueur. La recherche scientifique et les brevets sont eux aussi concernés par cette évolution qui pénalise nos chercheurs et la visibilité de nos travaux académiques. Le chantier est énorme. Les rapports parlementaires s’empilent, les associations de défense de la langue multiplient les alertes, mais la situation s’aggrave. Cet état de fait doit cesser. Aujourd’hui, il faut agir vite, efficacement, de façon résolument offensive, et cela en lien étroit avec les ministères concernés : Affaires étrangères, Éducation nationale, Défense, Culture, Redressement productif… Elle lui demande ainsi les actions qu’entend mener concrètement le Gouvernement tant auprès de la Commission européenne qu’auprès des membres de l’Organisation internationale de la Francophonie ou encore de nos relais politiques, économiques et culturels à l’étranger pour que le français retrouve toute sa place au service de notre rayonnement.

Adresse utile :

Sylviane Buteau
Mme Sylviane Bulteau
Députés Vendée (2e circonscription), France
sbulteau@assemblee-nationale.fr

Source : Question écrite n° 12575 publiée le 04 décembre 2012
langue française – défense et usage – institutions européennes. actions de l’État

Les questions récentes de Sylviane Bulteau, députée (2e circonscription La Roche-sur-Yon Sud), sont sans réponse jusqu’à maintenant de la part des ministères concernés.

À suivre et à s’inspirer de cet exemple pour contacter nos élus (pas seulement les députés).

Henri Masson, France