CONFÉRENCE DE GABRIEL NADEAU-DUBOIS

Article de Antony Da Silva-Casimiro publié le 24 Mars 2013 dans Info 07 – La Revue : http://www.journallarevue.com/Societe/Education/2013-03-24/article-3206552/Gabriel-Nadeau-Dubois-en-visite-a-Gatineau/1

«Il faudrait arrêter de copier le système américain»

L’ancien leader du mouvement étudiant Gabriel Nadeau-Dubois était de passage dans la région dans la cadre de la Francofête.

Le jeune militant a reçu dimanche le prix Impératif français à cause de son «engagement à défendre une accessibilité élargie à l’éducation postsecondaire dans une société la plus équitable possible». Il en a d’ailleurs profité pour prononcer un discours, qui s’est soldé par une ovation debout de la part du public.

Il en a profité pour revenir sur la brutalité policière observée lors du «printemps érable».

«Ce n’est pas normal qu’on ait peur des policiers dans la société dans laquelle on vit. Le SPVM a même été blâmé par l’ONU pour les mesures qu’il a prises. On devrait avoir un organisme qui, de manière indépendante, surveille et enquête sur le travail des policiers.»

Gabriel Nadeau-Dubois a aussi rappelé les récents propos du porte-parole du service de police montréalais, à l’effet que manifester ne faisait pas partie de la liberté d’expression comme le stipule la Charte canadienne des droits et libertés. «Une loi municipale ne devrait pas avoir la primauté sur la Charte», a-t-il précisé.

Lors de son discours, le jeune homme a égratigné au passage les recteurs d’universités et les partis politiques.

«Plusieurs se demandent pourquoi je suis présent (ici aujourd’hui) et quel est le lien entre l’éducation et la langue française. Si on se pose cette question, c’est qu’on est justement en train d’oublier ce qu’est l’éducation réellement», a-t-il indiqué dès les premiers instants de son allocution.

Il note que selon les dires des politiciens, éducation rime avec économie. «C’est la marchandisation de l’éducation. Les universités devraient être un lieu de passage de la culture d’un peuple. […] Il faudrait arrêter de copier le système américain, car l’original est toujours meilleur que la copie.»

Selon Gabriel Nadeau-Dubois, s’il faut se comparer aux universités américaines, il faudrait arrêter de le faire avec les 10 meilleures. «Il y en a des milliers aux États-Unis. Ici, il y en a moins qu’une vingtaine. Ce qu’on offre est meilleur que ce qui se fait en majorité chez nos voisins», a-t-il conclu.