COLLABOS DE LA PUB ET DU FRIC

Article 2 du projet de loi porté par Mme Geneviève Fioraso

François HollandeMesdames les Ministres, Monsieur le Secrétaire Général, Madame la Directrice du Cabinet du Président de la République, Messieurs

A quelques jours du débat parlementaire sur le projet de loi de Mme Geneviève Fioraso, à la suite de l’émotion considérable soulevée en France et à l’étranger, y compris chez des chefs d’Etat et de gouvernement de pays francophones, nos associations espèrent que le Président de la République a mesuré la force, le retentissement et les conséquences du reproche principal qui est fait à l’article 2 de ce projet.

Ce reproche est adressé en fait au Président, responsable suprême.

Le Président n’est en fait accusé de rien moins que de couronner par une loi les efforts opiniâtres de son prédécesseur depuis la ratification en août 2007 de l’accord de Londres de juin 2001 sur les brevets européens, afin de casser la loi Toubon et les protections constitutionnelle et légales de la langue française pour faire passer la France à l’anglais contre la volonté du peuple, afin de la livrer à l’empire anglo-saxon et aux intérêts très puissants de l’oligarchie financière internationale, ou « Super-classe » mondialisée.

Cela alors même que son Premier Ministre vient de diffuser une circulaire sur le respect de la langue française par tous les organismes publics, dont les institutions d’enseignement supérieur et de recherche font partie…

Le Président est accusé aussi, corrélativement, de s’aligner sur la position du Président fédéral de l’Allemagne, M. Joachim Gauck. Celui-ci, dans un discours du 22 février 2013 à la Nation allemande ainsi qu’aux autres peuples de l’UE, bien éloigné des « Reden an die deutsche Nation » de Fichte en 1807-1808, a recommandé à tous le passage à l’anglo-américain langue commune à tous les âges et dans dans toutes les circonstances de la vie de ces peuples. Il est vrai que M. Gauck a benoîtement ajouté que, naturellement, chacun pourrait dans l’intimité conserver sa langue maternelle, « avec toute sa poésie »….

Il peut donc légitimement être accusé de forfaiture, voire de haute trahison.

De prendre la tête de ceux que Michel Serres appelle les « collabos de la pub et du fric », des mauvais bergers qui méprisent le peuple et privilégient leurs intérêts et idéologies.

Exprimant le profond attachement du peuple fiançais à sa langue et à la France, nos associations  vous prient de persuader le Président de la République de cesser de vouloir satisfaire  un groupe d’universitaires pseudo-modernistes, en fait avides, et de renoncer à présenter le funeste article 2 du projet le 22 mai aux parlementaires, ou, après cette date, s’il est voté, de renoncer à promulguer une loi qui contiendrait cet article, eût-elle été alors acceptée par le Conseil Constitutionnel. 

Veuillez recevoir l’expression de nos espoirs de citoyens français soucieux du rang, du rayonnement et des divers intérêts de la France, et de toute notre considération.

Albert Salon, docteur d’Etat ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l’Ordre national du Mérite, président d’Avenir de la langue française