SANS COHÉSION SOCIALE

LA QUESTION LINGUISTIQUE ET CONSCIENCE NATIONALE

Sans cohésion, quel avenir pour le grand Montréal, ville francophone ?

Michel Pagé
Chercheur indépendant
Montréal

Nous sommes à un point de bascule terminal; encore un an, deux ou trois de ce que fait le MICC depuis 2003 et quelques  pour l’anglicisation de Montréal, et ce que planifie Charest pour angliciser Montréal par un programme d’immersion en anglais pour tous dans les écoles francophones, et cela en sera fait de l’avenir de la société francophone… qu’une longue agonie définitive… L’union des consciences politiques s’impose, non la fragmentation contraire à toute idée concrète de solidarité…

Trois paramètres importants influencent l’avenir de la vitalité du français dans la région du grand Montréal:

1. La continuité du système d’enseignement en français de la première année à la fin de la première année des études collégiales

2. L’immigration, à savoir la sélection de candidats susceptibles d’ajouter à la vitalité économique et qui s’intégreront à la langue et à la culture françaises

3. Le travail en français, langue normale du français au Québec…

Les trois axes doivent faire l’objet d’une politique et d’un discours cohésif et cohérent.

Dans la région de Montréal ( où la concentration de l’immigration anglotrope est trop élevée, ce qui rend difficile l’immersion en français, ) le MICC confirme le refus d’intégration de certains groupes de l’immigration récente. Parmi les allophones  les hispanophones s’intègrent bien à la langue française. Certains groupes (Pakistanais Indiens, Philippins, toujours selon le portrait tracé par le MICC) refusent même d’apprendre le français et refuseraient de suivre des cours de français ..

La continuité du système d’éducation est menacée par le projet improvisé de M. J. Charest d’introduire l’anglais intensif en sixième année, après avoir accru les heures d’enseignement de l’anglais en 2006.

Dans un tel contexte on observera un accroissement de la population étudiante allophone ( et même francophone) préférer les études collégiales en anglais.. et on observera un transfert accru à l’anglais..

L’usage du français par les allophones sur Montréal n’a pas progressé depuis à peu près trente ans. La francisation du milieu du travail stagne, et les derniers évènements nous disent que Montréal effectue depuis quelques années un retour à l’anglais dans les milieux institutionnels…

Les trois axes sont maintenant également importants.

C’est pourquoi il est important que l’enseignement de la première année du cégep ( jusqu’à 18 ans) soit professé en français pour tous. Je réitère la pertinence de la section 2.3 du petit livre donné en référence, on y présente un argumentaire en faveur des cégeps (la première année) en français.

Nous sommes à un point tournant décisif pour la vitalité de la langue et de la culture françaises dans la grande région de Montréal : l’avenir de la langue de la majorité actuelle dépendra des choix éclairés des politiciens et de la prise de conscience des comportements linguistiques néfastes des citoyens.

Les paris politiques du Québec, nonobstant l’option politique nationale, seraient utiles s’ils contribuaient à appuyer la continuité de l’enseignement en français de la première année à la douzième année au complet et s’ils oeuvraient à faire prendre conscience que le devoir de chaque citoyen francophone de souche est d’accueillir en français le nouvel arrivant (http://www.imperatif-francais.org/wp-content/images/stories/articles/6630.pdf)

Un peu de fierté et de cohésion!

_____________________________APARTÉ ____________________________

Je dirai ceci autour du terme  « francophone » :

Ah! ce mot: « francophone » neutre et sans identification propre que nous ne saurions voir ( francophone: qui parle francophone, Les Canadiens francophones. Larousse) .  Ainsi, cette référence neutre, fabriquée, sans identité -le Québec francophone, le Canada francophone…- déplairait, et nous n’en serions pas:

 » Nous ne sommes pas francophones. Nous sommes Québécois, un peuple de langue française,… »

Ne dit-on pas: American College of Education » alors pourquoi pas Collège québécois de.., école québécoise de …( dans le sens de langue identitaire québécoise, distanciée de la langue française, comme l’américain l’est de l’anglais d’Angleterre… ).

Certes, la référence au mot francophone me fait aussi « tiquer ». Je sais la dure réalité de la personnalité « bilingue francophone  » des Canadiens-français hors-Québec, et même de l’Outaouais et de Montréal, maintenant… 

Certes la référence à « Québécois » a émergé au cours des années de la Révolution tranquille; elle nous aura distancié des Canadiens-français d’ailleurs, d’un peu plus loin. Le « Canayen » est méprisé, le Québécois glorifié. Mais, cette distanciation des frères de langue, de religion, de culture, de mêmes combats, de même association à la Nature, de semblables métissages… aura été fatale, pour les uns autant que pour les autres. C’est là que je diverge totalement de la thèse réductrice de certains nationalistes québécois

Je suis de nationalité canadienne-française… et ces billots mes ancêtres les coupèrent les deux pieds fichés dans la glaise et la neige, et ils parcoururent nimbés de semblables souffles d’ouragans que leurs frères partis à l’Ouest de l’Outaouais, ces espaces glaciaux…

Certes, tout comme vous, le terme neutre -mais aussi correct – de francophone me fait tiquer, car il contient déjà l’intention d’assimilation progressive des Canadiens-français et des Québécois. Mais, il indispose un peu plus, il est vrai, par le réductionnisme navrant auquel convie l’interprétation élitiste circonscrite de certains nationalistes étroits …

L’avenir de la langue et de la culture françaises mériteraient que nous Pensions Grand :  par l’inclusion de tous les Canadiens-Français et de tous les néo  francophiles et francotropes…  

Ah! ce mot: « francophone » neutre et sans caractère propre que nous ne saurions voir … tue à moins de recherche une salutaire cohésion de tous les francophones et francophiles, dans un sens large…… Ce mot de peines présuppose l’inclusion et la transmission des valeurs, de la culture patrimoniale, de la langue…

MP