L’ITALIE S’ÉCRASE !

Protestons contre cet exterminisme culturel piloté par le grand capital.

Les langues ne sont pas moins précieuses à l’humanité que la biodiversité ; il faut deux mille ans pour faire une langue et quelques décennies d’efforts d’une poignée d’oligarques fascinés par le fric pour les détruire ! Il est si peu « nationaliste » de défendre la diversité linguistique, cette richesse de l’humanité, que je vous appelle à défendre l’italien qui, au rythme où vont les choses, sera relégué au rang de « langue domestique », puis de patois, puis de rien du tout, avant le français qui est aussi en « bonne » voie !

Au mouvement ouvrier de rompre avec sa coupable indifférence majoritaire actuelle à l’égard des questions linguistiques, notamment à la question de l’hégémonie mondiale d’UNE langue porteuse d’UNE certaine culture, car c’est le monde du travail et sa partie la plus exploitée qui paie et qui paiera le prix le plus lourd pour la mise en place de ce nouveau totalitarisme linguistique.

Chacun de nous doit choisir entre l’attitude de Frédéric II de Prusse, qui « ne parlait allemand qu’à ses chevaux » et qui imposait le « tout-français » de cour à ses élites savantes, et de cet autre Prussien qu’était Friedrich Engels : le compagnon de Marx parlait douze langues ; à la veille de sa mort, il bûchait encore le roumain et le bulgare pour suivre « du dedans » et sans leur donner de leçons les mouvements révolutionnaires qui se formaient dans le sud de l’Europe. Non l’internationalisme n’a rien à voir avec le supranationalisme du grand capital…

Comme le dit Umberto Eco, « la langue de l’Europe, c’est la traduction ». De l’Europe, pas de l’Union européenne, ce fourrier de la langue unique, de la politique unique et de l’économie unique « made in USA »…

Georges Gastaud, enseignant de français-philo en classes préparatoires, auteur de « Patriotisme et internationalisme ».    

http://www.slate.fr/lien/57689/universite-italienne-cours-uniquement-anglais

Une université italienne passe au 100% anglais

Italie

Fluent English? Selon la Repubblica, l’école polytechnique de Milan, l’une des plus anciennes universités d’Italie, est destinée à devenir le premier institut italien à donner tous ses cours en anglais à partir de 2014/2015. L’université devra investir 3,2 millions d’euros pour le passage à l’anglais.

L’objectif étant que les élèves puissent accéder plus facilement au marché du travail international, indique le site Universy. «Nous avons besoin de préparer nos étudiants à un monde professionnel qui demande une rigoureuse vision internationale. […] Augmenter le nombre de cours en anglais pour rendre l’enseignement plus compétitif fait partie des points fondamentaux de la politique italienne», déclare le recteur de l’Ecole polytechnique, Giovanni Azzone.

Pour l’université qui se situe place Léonard de Vinci à Milan, adopter la langue de Shakespeare lui permettrait aussi d’avoir un rayonnement international en attirant des étudiants étrangers, ainsi que des professeurs de renommée mondiale, précise le site Universy. «Ce n’est pas du commerce pour nous, mais une façon d’attirer les talents. Il est important que nous soyons capables d’attirer des étudiants étrangers», explique le recteur au New York Times.

Les cours en anglais seront donnés à l’ensemble des élèves de masters et aux doctorants, mais les cours de premier cycle continueront à être enseignés en italien. Avec le passage à l’anglais, les étudiants étrangers devront obligatoirement assister à des cours de langue et de culture italienne. Ils représenteront 10 des 120 crédits requis pour le programme de maîtrise.

Mais à la suite de cette annonce, la fronde de plusieurs professeurs italiens ne s’est pas fait attendre. Selon Emilio Matricciani, professeur en électronique à l’Ecole polytechnique, «c’est un mauvais choix! Il va y avoir une extinction des enseignants qui veulent seulement enseigner en italien».

Toutefois, pour Giovanni Azzone, «personne, pas même nos détracteurs, ne conteste que ce changement sera bénéfique pour nos étudiants».

En avril 2012, Luc Chatel, l’ancien ministre de l’Education nationale, constatait que les Français n’étaient pas bons en anglais .«Une vraie faiblesse de notre pays», avait-il précisé sur i-Télé. S’il existe aujourd’hui quelques cours en anglais dans certaines universités (La Sorbonne par exemple), il n’y a encore aucune école française qui a complètement abandonné la langue de Molière. 

Photo: I wish/Simon Shek  via Flickr CC License by

Même sans Berlusconi, qui avait prôné la politique des 3 « i » : Inglese (anglais), Informatica (informatique), Impresa

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Henri Masson