UN AVIS CLOWNESQUE

CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA LANGUE FRANÇAISE : UN AVIS CLOWNESQUE

Un avis clownesque méritant la démission du président du CSLF et une réforme complète du travail réalisé par l’organisme public

Conrad OuellonDans son récent avis sur les conditions de fréquentation des institutions collégiales, le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) s’est brillamment discrédité dans l’analyse de la situation linguistique québécoise.

Sur foi de quelques statistiques élevées au rang de séries chronologiques et de statistiques tronquées indignes d’étudiants de première année universitaire, le CSLF a multiplié les déclarations jovialistes et politiques pour justifier la perpétuation d’une situation d’iniquité flagrante à l’égard des francophones et des immigrés. En effet, ceux-ci forment plus de 95 % de la population québécoise, mais disposent d’une part bien inférieure des ressources octroyées aux réseaux postsecondaires anglais et français.

Line BeauchampÀ des lieux de son mandat d’informer le ministre et le grand public, le président du CSLF, Conrad Ouellon, s’est surpassé dans l’utilisation de formules normatives : « à un moment donné, il y a une limite », toute action peut « potentiellement » générer un « effet de ressac prévisible » et du « ressentiment envers les francophones »; « on peut estimer », « on ne peut que présumer ».

Après d’aussi savantes analyses, de l’inaction, le CSLF se permet d’en promettre à profusion : « je ne vois pas pourquoi on modifierait […] un système qui semble bien fonctionner ». M. Ouellon s’est également fait visionnaire et prétendait refaire la vision du monde de tout un chacun : « je vois mal comment le simple fait de… », « la place du français sur le marché du travail est beaucoup plus importante » (en quoi?) « Il faut voir Montréal de façon plus positive. […] C’est le « fun » (sic) à Montréal. C’est une société créative qui a toutes sortes de qualités et un bon jour, il va falloir s’apercevoir que c’est à cause du français que c’est de même. »

Parlant le « martien » à la perfection, croulant sous les contradictions, le président et le CSLF prouvent hors de tout doute qu’ils considèrent naïfs ou stupides les citoyens et les citoyennes qui les paient grassement : « même les jeunes qui s’inscrivent dans un cégep anglais peuvent contribuer à la francisation et au visage français ». Inversant les causalités, l’avis conclut que les jeunes choisissent les cégeps français sur la base de leur langue, alors que c’est plutôt la quasi-totalité des jeunes anglophones qui choisissent les cégeps anglais sur une base purement linguistique (rares sont ceux, dit-il, qui fréquentent les cégeps français). Sortant d’on ne sait où une série chronologique sur la fréquentation des cégeps français par les allophones, M. Ouellon ne présente pourtant que deux observations d’années soigneusement choisies, 64 % en 2009 contre 43 % neuf ans auparavant, pour en déduire un approximatif « ça me semble un mouvement intéressant ».

Christine St-PierreLe CSLF se permet enfin de se mêler de politique en prônant le renforcement de la cohésion sociale, une cohésion qu’il définit essentiellement politiquement par le libre choix individuel. Et tant qu’à s’enliser sur le terrain politique, le CSLF prône également le maintien d’un « certain équilibre linguistique », que l’on prend bien soin, comme pour le reste, de ne pas définir.

À en lire la drolatique prose apolitique du CSLF, la lutte pour la pérennité du français est chose définitivement gagnée : les projections du démographe Marc Termote (qui prévoient une diminution importante du poids des francophones au Québec dans les prochaines décennies) n’ont jamais existé, pas plus que les analyses révélant les liens entre les perceptions de la place de l’anglais et le choix des institutions postsecondaires anglaises, puis le choix d’un travail à forte possibilité d’utilisation de l’anglais, l’utilisation de l’anglais au travail, l’utilisation de l’anglais avec les proches, l’utilisation de l’anglais au sein de la famille, avec les enfants, et enfin les substitutions linguistiques.

Voilà autant de sujets névralgiques qui devraient retenir l’attention des chercheurs du CSLF et reléguer aux oubliettes les pseudo-experts du CSLF et leurs analyses clownesques. En attendant, ce type d’avis lancés par une telle direction montre combien le politique pollue les plus hautes sphères de l’État et paralyse les institutions censées guider les actions gouvernementales. Grâce à cet avis du CSLF, le gouvernement québécois ressemble plus que jamais à une poule étêtée caquetant le petit catéchisme partisan anglomane et anglolâtre du gouvernement au pouvoir !

Adresses utiles :

Conseil supérieur de la langue française
cslf@cslf.gouv.qc.ca

Madame Christine St-Pierre
Ministre responsable de la Charte de la langue française
ministre@mcccf.gouv.qc.ca

Madame Line Beauchamp
Ministre de l’Éducation
line.beauchamp@mels.gouv.qc.ca

Source :
Jean-Paul Perreault
Président
Mouvement Impératif français
www.imperatif-francais.org