POUR EN FINIR…

Mario Beaulieu, SSJB de Montréal

Après l’introduction de l’enseignement de l’anglais en première année du primaire, après l’imposition par bâillon de la loi permettant aux riches d’acheter le droit d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise, le premier ministre libéral veut maintenant imposer que la moitié de la sixième année au primaire soit uniquement consacrée à l’enseignement de l’anglais. (…)

La mesure proposée par les libéraux sent l’improvisation et l’électoralisme. De plus, cette annonce survient alors que le français est en déclin rapide à Montréal (42% en 2051) et à moyen terme dans l’ensemble du Québec (72% en 2051), selon les prévisions du président du Comité de suivi de la situation linguistique à l’Office québécois de la langue française (OQLF). Selon lui, à part une diminution de l’immigration, seul un aménagement linguistique fondé sur les droits linguistiques collectifs et territoriaux permettrait d’assurer que le français soit la langue d’intégration et la langue commune au Québec. Le français n’est toujours pas la langue commune des milieux de travail au Québec. Moins de la moitié des allophones travaillent en français. Les entreprises exigent de plus en plus la connaissance de l’anglais de façon injustifiée, même pour des emplois en régions entièrement francophones. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que des parents francophones soient catastrophés à l’idée que leurs enfants ne soient pas suffisamment bilingues à la sortie du secondaire.

Alors que le taux de diplomation des francophones à tous les niveaux d’études est inquiétant, les libéraux n’ont rien de plus intelligent à proposer que plus d’anglais et du tape-à-l’oeil avec l’achat de tableaux interactifs dans toutes les classes. Nous pensons qu’il vaudrait mieux renforcer l’enseignement des matières de base et prendre les mesures qui s’imposent afin de contrer le décrochage scolaire.

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