PARLEMENT BOUFFON

Publié dans LE DEVOIR du 14/12/2011

Souvenir d’un cirque honteux à l’Assemblée nationale

Yves MichaudLe 14 décembre 2000, 109 députés de l’Assemblée nationale du Québec s’avilissent en votant à l’unanimité une motion de blâme à l’égard d’un citoyen, en violation flagrante des droits fondamentaux de la personne : sans faire comparaître le citoyen, sans lui lire son acte d’accusation, sans lui assurer une défense pleine et entière.

Les conspirateurs de cette félonie – du jamais vu dans l’histoire de plusieurs siècles de parlementarisme-  sont Lucien Bouchard, ancien premier ministre et actuel lobbyiste du gaz de schiste, Jean Charest, actuel premier ministre, et le cauteleux Sylvain Simard, député de Sorel.

L’auteur des présentes lignes est le citoyen sali par le parlement de la nation. Il attend toujours de l’Assemblé nationale une modification de ses règlements prohibant à jamais un viol aussi public et éhonté de la réputation.  Des soixante-six (66) députés du Parti québécois qui ont participé à ce vote infamant, cinquante-neuf (59) se sont excusés.  Outre l’olibrius cité plus haut,  trois membres de la députation péquiste actuelle, Nicole Léger, Danielle Drolet, Claude Pinard, n’éprouvent aucun remords.  Madame Marois n’a pas réussi à amener le quatuor  délinquant à la moindre résipiscence. Discipline de parti à échelle variable ?

Parmi les autres égarés de la formation indépendantiste,  on retrouve l’ineffable François Legault, bégayeur de la langue française, géniteur du  parti « cacaquiste », hochet divertissant de deux millionnaires qui s’ennuient.  Suivent dans l’ordre, Diane Lemieux, Jacques Léonard, Serge Ménard, Guy Chevrette, Jacques Brassard, Maxime Arsenau, dont le sommeil ne semble pas troublé par leur vote irresponsable de l’époque.

Quarante-quatre (44) libéraux dévalués ont participé à  la goujaterie imbécile du 14 décembre 2000. Personne, dans ce qui fut jadis cette formation politique respectable, n’a exprimé le moindre regret d’avoir été partie prenante au cirque honteux d’il y a onze ans. Surtout pas  l’actuel ministre de l’Injustice, Jean-Marc Fournier, hostile à toute forme de repentance et de correction des mœurs parlementaires, notamment les siennes qui ne sont pas un modèle d’élégance et de raffinement.

Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous, dit le proverbe. Le 14 décembre 2000, une folie collective a frappé les prêtres de notre temple des lois. Onze ans après, les choses demeurent en l’état. Il y a encore de beaux jours à venir pour notre parlement bouffon.

Yves Michaud
Ancien député de l’Assemblée nationale