LIGUE WALLONNE DE BRUXELLES

La fin de la Francophonie belge se dessine-t-elle ?  Croyez-vous que la Flandre veut la scission de BVH ? Ne fait-elle pas monter les « enchères » pour étendre sa tutelle sur l’ensemble du territoire belge ?

Ci-dessous, trois réflexions sur le devenir de la langue française en Belgique.

Faites-nous parvenir votre avis. Nous le communiquerons aux présidents et présidentes des partis francophones.

Nous vous prions de croire à l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

Raymond WATRICE
Trésorier de la Ligue wallonne de Bruxelles
Site :www.liguewallonnebruxelles.be
@mail : info@liguewallonnebruxelles.be
Blog : liguewallonnebruxelles.skynetblogs.be

L’AVANCEE FLAMANDE SE POURSUIT…

Ne soyons pas dupes. Le front francophone a craqué sous la pression de la N-VA. Travail bien fait, elle passe le relais au CD&V pour parachever l’offensive.

C’est chose faite. Les partis francophones ont marqué, sans conditions, leur accord sur la méthode de négociation imposée par le CD&V en partant du rapport du négociateur royal Walter Beke, président du CD&V : en premier lieu, scission de BHV et réforme de l’Etat ; en second lieu, le reste plus tard, bien plus tard, après engrangement par la Flandre de la périphérie et campement au cœur de Bruxelles. Le socio-économique, c’est de l’affaire courante depuis Ciceron, depuis quelque 2100 ans ; c’est chou vert et vert chou, selon la couleur dominante des partis assemblés. Il peut attendre.

Les meneurs flamands, fins tacticiens, sont aux portes de Namur. Les Francophones restent obnubilés par la pérennisation de leurs privilèges dans un territoire qui se rétrécit …se rétrécit. La Flamenpolitik, élaborée durant la Grande Guerre mondiale de 1914-1918, continue à façonner leur nationalisme qui les pousse à se bâtir une nation :

– 1914 : Le pasteur hollandais, un certain Dommeler, établi à Gand, patronne un cercle flamingant,  » Flamenpolitik », avec l’appui du Chancelier allemand Theobald von Bethmann-Hommeweg lequel songe à une annexion pure et simple de la Belgique plutôt qu’une scission entre le Nord et le Sud ; l’Empire allemand aurait ainsi un accès direct à la Mer du Nord et disposerait d’un port maritime, Anvers. Il deviendrait une puissance maritime.

– 1915 : Le Chancelier allemand répond aux sollicitations de la Flamenpolitik en séparant les soldats néerlandophones des soldats francophones dans les camps de prisonniers de guerre.

– 1916 : La flamandisation de l’enseignement et des services administratifs de l’université de Gand, la séparation administrative du pays entre le Nord et le Sud, l’usage exclusif du néerlandais dans les services publics bruxellois.

– 1917 : Un premier Conseil flamand, soutenu par les Allemands, se tient avec 125 délégués et fait instituer la séparation entre la Flandre, avec Bruxelles comme capitale, et la Wallonie, avec Namur comme centre administratif et Liège comme centre culturel.

– 1918 : Le clergé flamand pèse fortement sur la vie publique citoyenne pour une annexion de la Belgique à l’Empire allemand.

La Flamenpolitik reste bien vivante ; elle reste le credo des nationalistes flamands qui continuent à poursuivre le rêve de reconstruction de la Grande Néerlande composée de la Flandre française, de la Belgique et des Pays-Bas avec d’autant plus de conviction que le puissant Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie est accroché au Benelux. Cet adoubement du Land allemand au Benelux assure le sauvetage du port d’Anvers, poumon économique de la Flandre.

La partition du pays Nord/Sud est bien inscrite dans l’agenda de la Flandre ; elle était consacrée dans l’accord avorté de 2005 ! Cet accord, accepté par tous les partis francophones,  reconnaissait l’appartenance définitive des six communes à facilités en Flandre, la mutation de la frontière linguistique en une frontière d’Etat… Aucune trace d’un élargissement territorial de Bruxelles  en guise de compensation ; confirmation de l’enclavement définitif de la « Région » de Bruxelles. Il offrait, en fait, Bruxelles à la Flandre…

Un accord de dupes repris par le formateur Elio Di Rupo qui le représentera à la mi-août 2011 aux huit partis pressentis pour la formation d’un gouvernement. Rien s’oppose à ce que cet accord de 2005 soit rejeté par les huit participants actuels qui avaient déjà marqué leur accord en 2005.

Au demeurant, la déclaration de Steven Vanackere, CD&V, ministre des Affaires étrangères, à la suite de l’examen du traditionnel rapport du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, est significative de la distance entre les dires et les actes de politiciens francophones à propos de la périphérie bruxelloise. Le Ministre a déclaré : « Mes services  n’ont jamais reçu de contribution écrite des entités francophones insistant sur l’intégration, dans le rapport national, d’un point relatif à la ratification de la Convention-cadre ».

Une nouvelle avancée significative de la Flandre se dessine. Un accord caché entre la NV-A et le CD&V ?

Les tambours cadencent la marche de la mort de la Francophonie belge !

Raymond WATRICE

EXISTER OU DISPARAITRE…

Le dilemme posé à la Communauté française de Belgique.

Pendant que la Communauté flamande renforce sa puissance économique, occupe les postes ministériels importants, élargit son espace territorial, trace son infrastructure routière, fluviale et ferroviaire tournée vers l’axe économique Gent, Bruxelles, Antwerpen, Amsterdam, Cologne pour capter le trafic à petit tonnage de la Ruhr, la Communauté française devrait être attentive aux potentialités de développement que véhiculent les décrets français ouvrant les ports français aux géants des mers.

Le trafic maritime de demain ouvre, en particulier, à la Wallonie des possibilités de retrouver la grandeur d’antan sur l’axe économique Ruhr, Liège, Charleroi, Lille, Dunkerque. Seuls les ports français seront accessibles aux navires de haut tonnage. Les ports d’estuaire au tirant d’eau trop faible que sont Antwerpen et Rotterdam ne pourront accueillir ces gros navires marchands. Une opportunité à saisir.

Dans cette perspective, La Wallonie et Bruxelles devraient se rencontrer pour mettre au point un projet de développement de zones conurbation, plus ou moins égales en population, susceptibles de gérer ces ensembles, faisant sens à un rapprochement avec la France en alternative à la poussée flamande de reconstitution de la Grande Néerlande englobant la Wallonie. Exister ou disparaître.

Raymond WATRICE

LA FETE NATIONALE FLAMANDE – UN BREF RAPPEL…

Nord-Sud : Deux lectures différentes de l’Histoire de la Belgique

La Flandre retient les faits historiques qui valorisent, glorifient son image entre autres : la bataille des Eperons d’Or, les soldats flamands de la Première Guerre mondiale, le mouvement émancipateur flamand, la grandeur de la Flandre…

La Wallonie reste scotchée à la vision de Henri Pirenne, un Verviétois, qui a professé à l’Université de Gand, d’une Belgique une et unie, puisant ses racines dans la plaine marécageuse de Courtrai où les milices flamandes, épaulées par des contingents namurois et frisons, ont écrasé les troupes françaises en 1302.

L’enseignement flamand est axé sur l’identité flamande. L’Histoire de la Belgique y est effleurée et édulcorée. Un esprit patriotique ne le visite pas. Le petit flamandophone est initié, dès son entrée au primaire et au secondaire, à l’histoire et à la culture de la Flandre. Il est familiarisé à l’activisme flamingant. L’accent est mis sur le désamour et sur la maltraitance des Flamands au sein d’une Belgique francophone, une Flandre exploitée par les francophones.

L’enseignement francophone est axé sur l’identité belge. L’Histoire de Belgique, une et entière, tient une place très importante dans l’éducation scolaire, du primaire au secondaire. L’histoire du mouvement wallon est camouflée ; le petit francophone baigne dans une culture belgicaine. La fibre patriotique est exaltée.

La communautarisation de l’enseignement en 1989 a accentué le distanciement des programmes d’enseignement entre les deux Communautés. Du côté francophone, la sensibilité wallonne reste ignorée.

Raymond WATRICE