« CITOYENS DU MONDE » (suite)

Dans mon courrriel du 18 novembre dernier dit « Citoyens du monde« , s’agissant de l’enseignement de l’anglais en France, je faisais observer que les pouvoirs publics entendaient faire en sorte que celui-ci soit de plus en plus précoce :  « On a appris récemment que des écoles maternelles commençaient, elles aussi, à se joindre au mouvement. Grâce à Mme Rachida Dati, en effet, maire du VIIème arrondissement de Paris (depuis mars 2008), les bambins de sept écoles maternelles de ces beaux quartiers vont recevoir des cours d’initiation à l’anglais (par des étudiants de l’Université américaine de Paris)« .

M. Luc Chatel (ancien cadre commercial et DRH dans le groupe international l’Oréal), ministre de l’Education nationale depuis juin 2009, vient de faire savoir (dimanche dernier, sur les antennes d’Europe 1) qu’il avait l’intention de généraliser cet apprentissage aux enfants de .. 3 ans, c’est-à-dire des écoles maternelles. Et ledit ministre, qui en est plutôt à supprimer à la pelle des postes d’enseignant qu’à en créer, d’avancer au journaliste qui l’interrogeait, sans rire, que cela peut très bien se faire sans recrutement de personnel, en « usant des nouvelles technologies et d’Internet dans les écoles pour faire appel à des professeurs à distance » …

« Je veux réinventer l’apprentissage de l’anglais dans notre pays » a dit le ministre. L’enseignement du français est plus ou moins en ruines, chacun peut aisément le constater et d’ailleurs nombreux sont les enseignants à ne pas s’en cacher, et, disent les linguistes, « on ne construit pas une seconde langue sur les ruines de sa langue maternelle« . Pourtant, le ministre ne paraît pas soucieux de « réinventer l’apprentissage » de la langue française qui en aurait pourtant bien besoin.

Ce n’est pas du tout sa priorité. Il est « moderne« , de l’école néolibérale. Pour lui, seul l’anglais (la langue du commerce international et bientôt du commerce tout court) a un avenir brillant, la « langue de la République » (selon la Constitution) n’en a manifestement pas.

Jean-Pierre Busnel
jpabusnel@wanadoo.fr