IMPÉRATIF FRANÇAIS

11. Série: Qui sont-ils? 

Impératif français : un organisme né d’un cri du cœur devenu «un cri de ralliement»

Le Courrier parlementaire©, le mercredi 11 mai 2011

Depuis plus de 35 ans, Impératif français se voue à la défense et à la promotion de la langue et de la culture d’expression française. Il s’agit d’un organisme culturel de recherche et de communication, «mais aussi de pression lorsque c’est nécessaire», explique Jean-Paul Perreault qui préside Impératif français depuis une vingtaine d’années. «Il a été créé de la colère d’une mère de famille qui en avait assez que les siens éprouvaient des difficultés à vivre, à travailler et à se divertir en français», raconte M. Perreault au Courrier parlementaire©.

La dame en question s’appelait Lyse Daniels. Elle avait lancé «un cri du cœur à l’époque», qui est devenu «un cri de ralliement» puisque plus de cinquante personnes, les «pionniers d’Impératif français» avaient répondu à son appel. Ces évènements ont donné naissance à l’organisme sans but lucratif, mais aussi à un mouvement social dit le mouvement Impératif français.

Recul du français au Québec

«Le recul de la diversité cultuelle à l’échelle mondiale, qui inclut bien sûr le recul de la francophonie, mais encore plus, le recul du français au Canada et de façon encore plus inquiétante, je dirais, le recul du français au Québec, surtout dans les régions de Montréal et de l’Outaouais», préoccupe l’actuel président d’Impératif français.

«Le galvaudage du nouveau cliché : anglais langue internationale», irrite Jean-Paul Perreault, puisque cela «a comme effet de banaliser toutes les langues nationales, toutes les autres langues internationales, toutes les autres cultures». «C’est du néocolonialisme!», s’exclame-t-il. M. Perreault considère que «la mondialisation doit se faire dans le respect des langues nationales et non en imposant un monolinguisme et un nivellement culturel». Selon lui, l’Humanité n’a rien à gagner d’un affaiblissement de la diversité linguistique et culturelle.

Invité à commenter le résultat des dernières élections fédérales, M. Perreault indique qu’«Impératif français est inquiet du sort que le Parti conservateur, qui est le parti au pouvoir, accordera à la langue française, à la francophonie canadienne et au Québec», de même qu’«à l’image internationale du Canada comme pays francophone». Il ne pense pas que le Parti conservateur «ait un historique très favorable à la francophonie canadienne».

Interventions provinciales, nationales et internationales

L’organisme dont le siège social est situé à Gatineau, réalise des activités de recherche, de communication. Il publie des mémoires, organise des activités culturelles et fait des interventions publiques. Notons que ses interventions pour la promotion et la défense de la francophonie dépassent les frontières du Québec. Par exemple, une manifestation en faveur de la langue française aura lieu à Paris le 18 juin.

Impératif français fait aussi parvenir des plaintes au Commissariat aux langues officielles. L’organisme dénonce «le fait que l’image internationale du Canada est une image anglophone». M. Perreault signale qu’un grand nombre de pays étrangers ayant des ambassades ou des consulats au Canada «ne s’affichent sur le Web qu’en anglais.» L’an dernier, l’organisme dénonçait le manque de bilinguisme à l’Aéroport international d’Ottawa.

En ce qui concerne ses interventions québécoises, on se rappellera que cet organisme faisait partie de la coalition contre le projet de loi 103. M Perreault s’était d’ailleurs présenté en commission parlementaire pour exprimer son désaccord avec le projet de loi modifiant la Charte de la langue française.

Après la campagne promotionnelle «Moi, je travaille en français», Impératif français lance une nouvelle campagne visant à promouvoir l’usage du français comme langue commune, notamment auprès des nouveaux arrivants. Cette dernière, intitulée: «Moi,  je parle français» est diffusée sur les ondes de RDI depuis le 3 mai dernier.

Impératif français envisage aussi d’aller de l’avant avec une autre campagne de sensibilisation: «Oui, je parle français », pour inviter les anglophones et les allophones à apprendre le français. Et l’organisme participe présentement à l’organisation de l’évènement L’Outaouais en fête qui aura lieu à Gatineau vers la fin juin.

Budget annuel : environ 1 million $  

Impératif français n’est pas inscrit au registre des lobbyistes. Son président est élu par une assemblée générale pour un mandat de deux ans. Il est membre d’un conseil d’administration composé de 13 personnes. L’organisme a un effectif variant de deux à dix personnes, selon ses activités. Ce personnel peut également compter sur plus d’un millier de bénévoles «très actifs» au Québec.

Pour remplir sa mission, Impératif français dispose d’un budget annuel d’environ 1 million $, auquel s’ajoutent les contributions monétaires des bénévoles. Le financement provient des dons, des cotisations, des subventions, des commandites et du travail des bénévoles. «Les gouvernements ont une place importante dans le financement soit de notre organisme ou encore des activités culturelles que nous organisons», reconnaît le président.

Les membres réguliers d’Impératif français paient des frais qui sont de 15 $ pour les particuliers et de 50 $ pour les organisations. M. Perreault indique qu’il y a environ 350 membres individuels, mais aussi une cinquantaine de membres collectifs comme le Syndicat de la fonction publique du Québec.

Le terme «membre collectif» désigne des organismes culturels, des syndicats, des groupes communautaires, parmi d’autres. Au total, le président estime que «plusieurs milliers» de personnes sont membres d’Impératif français. Environ 10 000 personnes sont abonnées à sa liste d’envoi. Plus de 200 000 autres ont participé aux activités culturelles et son site Internet compte plus de 300 000 visiteurs.

Un français «sans cédille»

Pour en savoir plus sur Impératif français, il est possible de consulter son site internet. Jean-Paul Perreault constate, avec déception, que le mot «français», dans l’adresse électronique de son groupe doit être «sans cédille malheureusement».

Une autre preuve de l’omniprésence de l’anglais, se désole-t-il. «Nos signes d’accentuations disparaissent même dans l’adressage internet et électronique. C’est quand même incroyable de voir qu’à l’ère de l’informatique, nous en sommes encore privés.»

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Le Courrier parlementaire©, le mercredi 11 mai 201