FRANÇAIS INTERDIT À BRUXELLES !

Extrait du groupe de discussion Linguarum Democratia

——– Message original ——–

Sujet:

RE: français interdit à BX ? / Le problème du plurilinguisme de l’Union Européenne

Date :

Mon, 28 Nov 2011 11:16:50 +0100

De :

Anna-Maria Campogrande <anna-maria.campogrande@skynet.be>

Pour :

‘Linguarum Democratia’ <linguarum-democratia@googlegroups.com>

Copie à :

Andrulla Vassiliou <Andrulla.Vassiliou@ec.europa.eu>

Je suis toujours surprise du fait que les autorités européennes ne semblent pas se soucier des problèmes que la mauvaise gestion de la question linguistique crée au sein de l’Europe. Les vives disputes entre Flamands et Vallons, qui se radicalisent au fil des années, ne semblent pas interpeller les responsables européens rivés à la propagation d’une seule langue et de sa culture, marchande et prédatrice, dictée par les élites mondiales de l’économie et de la finance nichés sur les hauteurs de Wall Street. Usque tandem ?

Quand les autorités nationales et européennes prendront, enfin, conscience du fait que les questions relatives à la langue et à l’identité culturelle  nécessitent d’une très grande attention et d’une gestion intelligente, humaniste et clairvoyante, sous peine de multiplier les conflits internes  et d’embraser, à terme, l’Europe toute entière. La question linguistique européenne ne sera jamais réglée par des rapports de force exacerbés mais, uniquement, par l’émergence d’une identité européenne et d’une culture partagée dans un esprit de cohésion, de coresponsabilité et de réciprocité.

Les Européens doivent apprendre à vivre ensemble à se respecter et à s’aimer et pour ce faire la Commission doit s’engager dans des politiques et des stratégies aptes à atteindre l’objectif de la fraternisation des peuples d’Europe. Qui, si non la DG Education et Culture, doit se charger de ces questions ?

L’Europe est en train de rater ses objectifs non seulement au vu de la crise financière mais, avant tout, parce que elle n’a pas les idées claires quant à l’importance d’impliquer les c itoyens européens dans le processus d’intégration en cours et leur conférer une nouvelle citoyenneté psychologique et morale.

Anna Maria Campogrande


De : Jean Fabre
Envoyé : dimanche 27 novembre 2011 0:11
À : ‘Anna-Maria Campogrande’; ‘Linguarum Democratia’
Cc : ‘AFRAV’; ‘Charles Durand’; ‘Albert Salon’
Objet : RE: français interdit à BX ?

Extrêmement choquant. Mais à dire vrai, ce n’est que le nième épisode d’une guéguerre qui agite la Belgique depuis des décennies. Le fait que l’hôtel souhaite accueillir une clientèle de la Commission européenne n’engage que lui. Si nos institutions (à commencer par l’Etat Belge, pas seulement les institutions communautaires) faisaient preuve d’un tant soit peu de courage et de défense du droit et de promotion de la diversité culturelle et de la tolérance (qui doit être l’esprit de l’Europe), elles pourraient simplement dresser un tableau accessible à tous des hôtels qui ont « l’esprit européen » et ceux qui ne l’ont pas – mais cela violerait-il le droit privé ? Ceci dit, c’est aux clients de réagir aussi. Si j’avais été traité de la sorte ou témoin de cette scène, j’aurais quitté les lieux avec fracas. Même si c’est précisément ce que souhaitent les flamingants, le meilleur argument reste à leurs yeux celui économique. S’ils périclitent parce que le public n’accepte pas leur attitude, c’est bien. Mais ils peuvent aussi prospérer en attirant les sectaires heureux de venir se loger dans un bastion de l’exclusion des francophones qu’ils abhorrent. La question est dans les faits bien plus complexe qu’il n’y parait en surface à un moment où le réflexe identitaire exacerbé par les multiples crises et la mondialisation gagne hélas du terrain, ajoutant de la régression humaine aux autres effondrements que nous traversons. On n’arrête ce genre de choses qu’en gagnant du terrain sur le plan des idées, de l’ouverture de l’esprit et du cœur. La loi, l’état de droit, la justice peuvent aider. Mais si les esprits ne suivent pas… Il n’y a en la matière pas de petit combat. Nous tolérons l’intolérance et l’intolérable de trop de façons au quotidien. C’est ainsi que derrière le Théâtre de la Monnaie on nous rend la monnaie de notre pièce.   

Jean

De : Anna-Maria Campogrande [mailto:anna-maria.campogrande@skynet.be]
Envoyé : samedi, 26. novembre 2011 15:04
À : Linguarum Democratia
Cc : AFRAV; Charles Durand; Albert Salon
Objet : TR: français interdit à BX ?

Pour information.


De : Philippe Rombaut
Envoyé : samedi 26 novembre 2011 14:28
À : Anna-Maria Campogrande
Objet : français interdit à BX ?

Anna-Maria,

Voici ci-dessous une étrange histoire qui s’est récemment déroulée, le 25 novembre 2011, à Bruxelles:

Derrière le Théâtre de la Monnaie, 9 rue Léopold 1000 Bruxelles, il y a le nouveau palace, appelé « The Dominican », un établissement appartenant à la châine hôtelière néerlandaise « Design Hotels », située aux Pays-Bas et ayant ouvert depuis peu ce lieu à Bruxelles.

« The Dominican » revendique, dans sa publicité, la clientèle de « la Commission européenne ».

Au palace « The Dominican », il existe actuellement du personnel surtout anglophone, qui ne parle ni le français, ni le néerlandais, et essentiellement l’anglais.

L’incident est le suivant:

-Au restaurant « The Dominican », la serveuse stagiaire, parlant que l’anglais, sert deux clientes, une anglophone et une francophone. Malentendu: la serveuse ne comprend pas la commande, puisqu’elle ne parle que l’anglais et que la seconde cliente ignore l’anglais.
-La serveuse déclare au client qu’elle ne parle pas le français et qu’elle va apprendre le néerlandais.
-Ensuite la cliente lui répond en lui suggérant aimablement d’apprendre quelques mots de français pour renseigner la clientèle.
-Puis la serveuse se plaint auprès de son chef. Celui-ci, chef hôtelier néerlandophone, vient excuser la serveuse expliquant que son personnel en partie ne parle ni le français, ni le néerlandais. La cliente anglophone lui répond, en bon anglais, que c’est leur choix de clientes de parler en français.
-le chef hôtelier leur réplique: allez partout ailleurs parler le français et ne remettez plus les pieds ici !

Est-il légal et normal que cet établissement, situé au coeur de Bruxelles (UE) et revendiquant officiellement la clientèle de la CE, chasse, pour cause de l’usage de la langue française, les clients ?

A qui recourir, pour pouvoir pratiquer librement, dans ce lieu, le français, l’une des langues officielles de l’UE et de l’agglomération bilingue (français, néerlandais) de Bruxelles, capitale de l’Europe ?

Bien à toi,  Philippe