ÉTUDE LINGUISTIQUE

Extrait du site de Radio-Canada à http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2011/01/13/001-etude-cegep-anglos.shtml

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a dévoilé jeudi les résultats d’une étude sur les raisons qui incitent les étudiants francophones et allophones à fréquenter un cégep anglophone. L’étude a été réalisée par l’Institut de recherche sur le français en Amérique.

L’un des auteurs de l’étude, Patrick Sabourin, souligne que la très grande majorité des étudiants dans les cégeps anglophones reconnaissent avoir l’intention de travailler en anglais ou de poursuivre des études universitaires en anglais après le collégial.

Les chercheurs ont constaté que la fréquentation des cégeps francophones est en baisse. Par contre, elle est stable ou augmente légèrement dans les collèges anglophones.

Depuis quelques années, les demandes d’admission progressent plus rapidement dans les cégeps anglophones. Or, puisque la population anglophone n’augmente pas, ce sont les francophones et les anglophones qui feraient une différence.

Certains allophones se tournent vers les cégeps anglophones parce qu’ils sont plus à l’aise dans cette langue, même s’ils ont terminé leurs études secondaires en français en vertu de la Charte de la langue française, la loi 101.

Le vice-président exécutif de la CSQ, Pierre Jobin, explique que ceux qui choisissent d’étudier dans un cégep francophone le font souvent parce qu’ils ont choisi un programme en particulier.

Pour ce qui est des collèges anglophones, il précise que « c’est plus en fonction de la langue ». Les étudiants « prévoient travailler en anglais dans le futur, ils prévoient travailler à l’extérieur du Québec ou poursuivre des études universitaires en anglais ». Pierre Jobin convient toutefois « qu’il y a un certain nombre d’emplois où la connaissance de l’anglais est un incontournable ».

« Dans le fond, ce qui nous inquiète, c’est une anglicisation du Québec. » — Pierre Jobin

La CSQ se donne jusqu’au printemps pour se pencher sur des solutions à ce qu’elle considère être un problème. Ainsi, cette étude permettra à la centrale syndicale d’alimenter une réflexion qui se poursuit depuis plusieurs mois dans ses rangs, alors que certains envisagent d’étendre la portée de la loi 101 au réseau collégial.