ROULEAU COMPRESSEUR FÉDÉRAL

Depuis quarante ans, de rapport annuel en rapport annuel, le commissaire aux langues officielles « déplore » le recul du français au Canada sans que rien ne change. Pire, la situation ne cesse de dramatiquement s’aggraver sans que le gouvernement fédéral n’intervienne pour corriger la situation!

C’est le français qui est en péril au Canada. Pas l’anglais et pas le bilinguisme!

Il y a deux langues de travail dans la fonction publique fédérale : la langue anglaise pour 51,3 % de ses postes et le bilinguisme pour 40,1 %. Pour sa part, la langue française est bonne dernière avec à peine 4,1 % des postes.

En additionnant les postes unilingues anglais et les postes bilingues, ce sont presque tous les postes, soit 91,3 %, qui exigent la connaissance obligatoire de l’anglais. La fonction publique fédérale impose le « tout-anglais » ou l’anglais « mur à mur »!

Véritable rouleau compresseur anglicisant, les pratiques fédérales en faveur de l’anglais ne s’arrêtent pas là puisque, même au Québec, plus de 65,0 % des emplois de l’administration publique fédérale exigent la connaissance de l’anglais pour desservir une population anglophone qui ne compte que 8,2 % de la population totale. Pour comparaison, à peine 10 % des postes fédéraux en Ontario exigent la connaissance du français pour à peu près le même nombre de Franco-Ontariens que d’Anglo-Québécois!

Quelques statistiques à faire frémir :

  • dans l’ensemble canadien, la proportion de Canadiens de langue maternelle française ne cesse de décroître, passant, entre 1951 et 2006, de 29 % à 22 %;
  • à l’extérieur du Québec, entre 1951 et 2006, la proportion de Canadiens de langue maternelle française passe de 7,3 % à 4,1%;
  • au Québec, entre 1951 et 2006, la proportion de francophones de langue maternelle française est passée de 82,5 % à 79,6%.

Langue d’usage :

  • au Canada, entre 1971 et 2006, la proportion de Canadiens (incluant le Québec) parlant le français le plus souvent à la maison est passée de 25,7 % à 21,4 %;
  • hors Québec, entre 1971 et 2006, cette proportion est passée de 4,3 % à 2,5 %;
  • selon le recensement de 2006, le taux d’assimilation des francophones hors Québec serait de 38 %;
  • selon le recensement de 2006, au Canada, incluant le Québec, la langue anglaise, comme langue d’usage, fait des gains faramineux de 2 784 880 locuteurs, soit l’équivalent de près de 40 % de la population francophone, grâce à l’assimilation des francophones et des allophones;
  • au Québec, selon le recensement de 2006, la langue anglaise voit son importance augmenter de 29,8 % grâce aux transferts linguistiques en provenance des allophones, la communauté de langue anglaise attirant près de 52 % des transferts linguistiques bien qu’elle ne représente que 8,2 % de la population totale québécoise;
  • le nombre de Canadiens ne connaissant qu’une seule langue officielle, l’anglais, augmente d’un million aux cinq ans, alors que ceux ne connaissant que le français diminuent de 100 000 aux cinq ans!

Et la seule solution du gouvernement fédéral, c’est, année après année, de publier un rapport faisant état de la formidable efficacité de ses politiques et pratiques linguistiques assimilatrices inspirées du Rapport Durham!!!

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Source :

Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français
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