PRISE 103

La comédie reprend avec les mêmes données et les mêmes conclusions. On jure la main sur le cœur que le français définit le Québec mais la loi du «Press nine » l’emporte toujours sur la loi 101. Cette fois, la comédie tombe dans le vaudeville avec son système de points dont la comptabilité relève du ridicule et de l’impossible.

Les facteurs étaient pourtant bien connus. L’Assemblée nationale avait voté unanimement contre les écoles qui offraient les moyens de contourner la loi 101. La Cour dite suprême, dans un jugement tortueux, fait mine de reconnaître au Gouvernement du Québec le droit d’imposer le français mais elle lui enlève du même coup les moyens de le faire. À une règle objective et forte, elle substitue un critère individuel et fluctuant, le « parcours authentique » de l’aspirant à l’anglais. Cette opération vise à autoriser le libre choix et à placer ce principe au-dessus de la loi 101 et de l’intention du législateur québécois.

Le projet 103, déposé par le Gouvernement Charest, donne raison à la Cour suprême contre le Québec français. Peu importe le nombre, du reste imprévisible, des passages à l’école anglaise, on voit clairement que le Québec n’est pas maître chez soi. Ses lois peuvent être modifiées ou abrogées du dehors pour configurer le Québec au Canada anglais ou multiculturel. Au lieu de céder, ne fallait-il pas affronter le tribunal fédéral?

Hubert Larocque, Gatineau.