MANIFESTATION DEVANT LE MAGASIN DE HULL

Article de François Pierre Dufault extrait du journal Le Droit, www.ledroit.com

« Pourquoi acheter un matelas ailleurs ? », demande le message publicitaire des magasins Sleep Country Canada.

Jean-Paul Perreault a trouvé au moins une raison. Le président du groupe de pression Impératif français déplore que la chaîne de magasins arbore un nom anglais à Gatineau, alors qu’elle fait affaires sous la bannière Dormez-vous ? ailleurs au Québec.

Samedi, une centaine de personnes ont manifesté devant le magasin Sleep Country du boulevard du Plateau, dans le secteur Hull. Brandissant des drapeaux fleurdelisés par dizaines, elles ont demandé à la chaîne de magasins de franciser le nom de ses deux succursales situées à Gatineau.

« Nous n’avons pas de problème à ce que des commerces anglophones viennent s’implanter au Québec et qu’ils fassent des affaires chez nous, mais ils se doivent de respecter l’environnement linguistique et culturel des Québécois », a précisé M. Perreault au Droit.

La manifestation était appuyée, entre autres, par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et des mouvements syndicaux.

Une question de proximité

De son côté, Sleep Country Canada explique qu’elle a décidé de garder son nom anglais à Gatineau en raison de la proximité d’Ottawa, où la chaîne possède huit succursales. L’entreprise se défend bien de porter atteinte à la langue française, en rappelant que son service à la clientèle est bilingue et qu’elle s’annonce aussi bien en anglais qu’en français.

« En ouvrant ces deux magasins (à Gatineau), nous étions parfaitement au courant du besoin de respecter la langue et les lois en matière de culture de la province de Québec, ce que nous avons fait et nous continuons à faire », a écrit une porte-parole de Sleep Country dans un courriel adressé à Impératif français.

Sourde oreille

M. Perreault, pour sa part, estime que Sleep Country fait la sourde oreille.

Il accuse également le gouvernement du Québec de faillir à sa tache de protéger la langue française, en permettant à des commerces de s’implanter dans la province sans adopter un nom français.

« La manifestation d’aujourd’hui (samedi) me rappelle les années 1960 et 1970, quand le Québec se mobilisait pour protéger sa langue et la faire respecter. Il faut continuer à se mobiliser parce que notre gouvernement se comporte en vraie guidoune », a fait valoir Jean-Paul Perreault.

Extrait de : http://www.cyberpresse.ca/le-droit/actualites/gatineau-outaouais/201002/28/01-4256173-imperatif-francais-veut-reveiller-sleep-country.php