LES PARCS PUBLICS DE LA VILLE DE GATINEAU

La radio en anglais dans les parcs publics de Gatineau

Monsieur le maire,

Depuis le début de l’été, à la piscine du parc des Trembles, près de chez moi, les sauveteurs font jouer constamment et sans interruption une station de radio d’Ottawa en anglais, forçant ainsi tout le monde à l’écouter, y compris les gens qui jouent au tennis près de la piscine, ce que je fais souvent avec mon fils. Des sauveteurs payés pour surveiller la piscine avec l’argent des contribuables québécois créent pendant tout l’été un climat anglicisant, non seulement parce que la musique est uniquement en anglais, mais aussi parce qu’entre les morceaux, on entend de longues interventions insignifiantes des animateurs en anglais et de la publicité tapageuse en anglais, ce qui est des plus abrutissants.

On constate depuis toujours que la quasi-totalité des stations de radio commerciales du Canada anglais ne font jamais jouer aucune musique en français, ni d’ailleurs en aucune autre langue que l’anglais. Alors que le Canada anglais est prompt à reprocher aux Québécois leur supposée attitude de repli ethnique, il est lui-même complètement fermé à tout ce qui n’est pas strictement en anglais.

À l’inverse, le Québec est soumis constamment au matraquage de la musique commerciale des États-Unis, de la Grande-Bretagne et du Canada anglais. Les Québécois ont été habitués à ce que, chez eux, la radio commerciale fasse jouer presque la moitié du temps de la musique en anglais. Pas de la musique en diverses langues ou de divers pays, ce qui serait l’illustration d’une ouverture sur le monde, mais de la musique en anglais, ce qui est plutôt l’illustration d’un état de colonisation culturelle avancée. Et dès que le Québec cherche à échapper au rouleau compresseur culturel, il se fait reprocher d’être replié sur lui-même, ce qui est pourtant l’inverse de la vérité: c’est l’Amérique du Nord anglophone qui est repliée sur elle-même.

Je me suis adressé directement aux sauveteurs pour qu’ils changent de station ou éteignent leur radio. En tant que contribuable, je paie une partie des salaires des sauveteurs. J’avais l’impression de passer mes vacances à jouer au tennis dans une ville ontarienne. Ils ont refusé sèchement, et le chef des sauveteurs a même insisté avec insolence pour que la radio reste allumée et pour que sauveteurs, baigneurs et joueurs de tennis continuent d’écouter la même station d’Ottawa une dizaine d’heures par jour.

J’ai alors téléphoné à la Ville de Gatineau, où le superviseur des sauveteurs m’a affirmé, tenez-vous bien, qu’il était nécessaire que ses employés puissent écouter la radio toute la journée pour «rester éveillés» et qu’il ne pouvait pas les empêcher d’écouter la station de leur choix, puisque nous sommes au Canada, un pays bilingue et démocratique.

Je me suis par la suite adressé au supérieur de cette personne, M. Jean-Marc Lacroix, qui s’est, lui, montré tout à fait d’accord avec moi. Il m’a affirmé qu’il allait donner une directive claire aux sauveteurs pour qu’ils syntonisent une station de radio québécoise ou qu’ils éteignent la radio. Toutefois, M. Lacroix ne semble pas avoir été capable de faire respecter sa directive. Je l’ai rappelé deux fois pour lui dire que la situation n’avait pas changé. Rien n’y fait. La piscine du parc des Trembles, à Gatineau, est toujours un lieu par excellence d’anglicisation du Québec, aux frais des contribuables québécois, et le restera vraisemblablement jusqu’à la fermeture, le 22 aout. Qu’en sera-t-il l’été prochain?

Il me semble que la Ville de Gatineau devrait avoir une politique claire à ce sujet et devrait prendre les moyens pour la faire respecter, si Gatineau est bel et bien au Québec, ce dont je ne suis cependant plus certain.

Bernard Desgagné
Gatineau, Québec

Adresses utiles :

Maire de Gatineau
bureau.marc@ville.gatineau.qc.ca