LES LANGUES EN MOUVEMENT

Commentaires de Carlos Prieto sur la disparition des langues.

Source: “El Informador” de Guadalajara, Jalisco 12 de Septiembre del 2010, p. 9-B

Traduction de l’espagnol par André Lacombe-Gosselin, ce 21 septembre 2010


“Dans un siècle, un peu plus de la moitié (des langues) auront disparu.

Carlos Prieto qualifie de « dramatique » la perte de langues.

Bogota, Colombie.-

« Dans un siècle, il ne restera que trois mille langues, parmi les six mille 800 qui sont parlées actuellement. » Pour le musicien mexicain Carlos Prieto, cette situation est dramatique.

Selon celui qui est aussi écrivain, « Parmi les quelques 15 mille langues d’aujourd’hui, il y en a six mille 800 et d’ici un siècle, on n’en parlera peut-être trois mille. C’est un phénomène dramatique d’une certaine manière, parce que chaque fois que s’éteint une langue, s’éteint une vision culturelle de l’humain. »

Le violoncelliste se trouve en Colombie pour présenter son plus récent livre : « Cinco mil años de palabras »[i] sous les hospices de l’ambassade et du Fonds de Culture Économique dans le cadre des activités du Bicentenaire de l’indépendance du Mexique.

L’œuvre de Prieto est une analyse profonde sur l’origine des langues qui au XVème siècle atteignaient 15,000 et comment depuis cette époque, vivent un processus accéléré d’extinction.

« Du total des langues, il n’y a que 100 qui sont parlées par plus de 100 millions de personnes. Mais il y en a 700 qui sont parlées par des groupes de 750 personnes ou moins. Celles qui sont parlées par moins de 10,000 personnes ne sont que 3,000 langues », commenta-t-il.

De ces dernières, il explique qu’ « elles sont condamnées à la disparition parce qu’elles appartiennent à de petits groupes isolés »

Il ajoute que les 700 langues parlées par moins de 150 personnes, « ce qui va se passer, à la mort du dernier vieillard de ce groupe, va mourir la langue avec lui/elle. »

Comme exemple, il donne le cas du Mexique où il y a des langues indigènes qui sont en bonne santé comme le nahuatl, le maya ou le zapotèque. Cependant, il y en a beaucoup d’autres qui sont parlées par des groupes de 100 personnes, généralement vieilles / âgées recluses dans des endroits isolés. Ces langues vont mourir, soutient Carlos Prieto.

Selon lui, cette situation est un phénomène naturel, mais lamentable. Il y a plusieurs groupes et des milliers de langues parlées par 100 ou 50 personnes. Comment vont-elles se préserver? Il n’y a aucun moyen [d’y arriver].

Il considère que chaque pays doit veiller et étudier les principales langues aborigènes ou indigènes. Que l’on rédige des grammaires, qu’on écrive sa littérature parce que plusieurs n’ont pas d’écriture.

Mais il avertit : « Au même moment que des langues meurent, d’autres conquièrent des espaces toujours plus grands. Ici je compte quatre méga-langues qui les plus parlées de la Terre : ce sont le chinois mandarin, l’anglais, l’indi (qui se parle en Inde) et l’espagnol.



[i] La traduction française du Chapitre VI, Le Français, pp. 142-161 donne 17 pages de texte révisé dernièrement; elle est disponible gratuitement par courriel auprès du traducteur qui habite Mazatlán, Sinaloa, lieu de naissance de l’auteur : Carlos Prieto.


Pour en savoir plus sur l’histoire du français, cliquer ICI

Voici la référence complète du livre de Carlos Prieto

Prieto, Carlos, « CINCO MIL AÑOS DE PALABRAS » – Comentarios sobre el origen, la evolución, la muerte y la… resurrección de algunas lenguas. Prólogo de Carlos Fuentes. 2da Edición del Fondo de Cultura Económica, (2007), 310 páginas. ISBN: 978-968-16-8371-9

*********

Commentaires sur l’origine, l’évolution, la mort et la résurrection de quelques langues, Carlos Prieto avec prologue de Carlos Fuentes, 2ème Édition du Fonds de Culture Économique, (2007), 310 pages. ISBN: 978-968- 16-8371-9

**********

Commentaries about the origin, evolution, death and … resurrection of some languages.