COMMISSION BASTARACHE

Aptitude québécoise du juge Bastarache

Sans nier l’intérêt des commissions d’enquête pour la connaissance des faits et l’émission de principes, leur utilité première est de retirer de la scène des questions gênantes pour le pouvoir. S’est-on aperçu d’une parenté entre les commissions Gomery et Bastarache? Dans les deux cas, on a choisi des juges extérieurs au Québec pour se pencher sur des questions purement québécoises. Le Gouvernement Chrétien choisit le juge Gomery qui, dans sa connivence anglaise, contournerait l’essentiel. Les commandites qui avaient pour but d’empêcher l’indépendance du Québec seront réduites à une comédie de malversations commises par des subalternes. Le rapport final ne dit pas un mot du dessein politique dont les commandites furent la mise en œuvre.

Le juge Bastarache vient de l’Acadie dont le provincialisme colonial tient le Québec à distance. Son passage à la Cour suprême ne l’incline certes pas à une compréhension étendue des intérêts québécois. Quelle distance entre le français vivant, respecté, et la cosmétique loi des langues officielles, sans cesse violée et aux larges trous! Les influences occultes, que ce soit pour nommer des juges ou pour remplir les coffres du PLQ, découlent d’une même source : la domination du Québec par un pouvoir extérieur.

Hubert Larocque, Gatineau