ARROGANCE ANGLO-SAXONNE

Il y a environ 3 semaines, j’étais dans un restaurant à Cannes, pas très loin du palais des festivals. À la table voisine se trouvait un couple d’Étasuniens, probablement des retraités en vacances. Chez ces gens, je n’ai détecté strictement aucun effort pour prononcer un seul mot de français. Tout se passait comme s’ils étaient dans un autre pays anglophone ou, plutôt, comme dans une colonie étasunienne. Ce n’était même pas: « Parlez-vous anglais ? » avec le personnel. Il n’y avait aucune trace chez ces gens là, aucune tentative pour tenir compte du fait que le garçon qui les servait n’était pas un anglophone natif et qu’il fallait parler plus lentement et distinctement et utiliser un vocabulaire simple. Tant bien que mal, le personnel du restaurant essayait de satisfaire tous ses clients anglophones et, plus particulièrement les natifs anglophones.

La même scène aurait-elle pu être dupliquée en allemand ou en italien ? Certainement pas !

Les anglophones natifs ont appris à se comporter à l’étranger comme en pays conquis. Certains affichent d’ailleurs une morgue et un aplomb déconcertants, d’autant plus déconcertants que ce type d’attitude leur vaut généralement d’être servis avec plus de célérité et d’empressement.

Il est normal de servir le client, puisqu’il paye pour un service, mais il est intéressant d’observer que le privilège exorbitant exigé et obtenu par les anglophones natifs rencontre en plus l’incroyable servilité et soumission de ceux auxquels ils s’adressent. Ayant vécu longtemps dans deux pays anglophones, Canada anglais et États-Unis, je n’ai aucune peine à imaginer la réaction du serveur moyen ou du maître d’hôtel étasunien vis-à-vis d’une situation semblable à celle que j’ai pu observer à Cannes et aussi dans bon nombre d’autres occasions. Dans la plupart des cas, un étranger aux États-Unis qui se conduirait comme un Étasunien à l’étranger se ferait mettre immanquablement dehors avec perte et fracas. De toute évidence, le monde non anglophone que je connais a subi un incroyable lavage de cerveau, un puissant conditionnement pour supporter des situations aussi déséquilibrées. Peut-être les patriciens romains respectaient-ils davantage leurs esclaves et les patrons de maisons closes leurs péripatéticiennes !

Charles Durand

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Message du : 07/12/2010
Sujet : The Daily Princetonian/2010/12/06 : French without tears / La franca sen larmoj / Le français sans larmes

Pourquoi se gêner quand les autres prennent la totalité de l’effort à leur charge ?
HM


French without tears

The Daily Princetonian/2010/12/06

By Anthony Grafton
Columnist

Published: Monday, December 6th, 2010

« Sadly, many Americans don’t see the point of studying foreign languages at all, since the world seems to have learned English. »

Bedaŭrinde, multaj usonanoj ne vidas intereson en fremdlingva studado de kiam la mondo ŝajne lernis la anglan.

Malheureusement, de nombreux Américains ne voient pas l’intérêt pour tous d’étudier les langues étrangères depuis que le monde semble avoir appris l’anglais.