VU DE FRANCE : LE FRANÇAIS AU QUÉBEC

Je me permets de vous écrire, car je suis Français et ai lu avec grand intérêt votre chronique intitulée « La langue indigène ». J’ai cependant été choqué par la première phrase, car l’anglais me semble beaucoup moins présent dans les entreprises françaises qu’au Québec. De plus, nous autres Français défendons vigoureusement le français dans le milieu du travail. Les entreprises qui ont essayé de faire travailler des Français en anglais ont été sévèrement sanctionnées par les tribunaux. Par exemple, la société GEMS, filiale du groupe étatsunien General Electric, a été condamnée à 570.000 euros (890.000 dollars canadiens) d’amende pour avoir refusé de traduire en français ses documents de travail : http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=99187

De même pour les sociétés Europ Assistance et Nextiraone, qui voulaient imposer à leurs salariés français des logiciels en anglais sans traduction :
http://www.mef.qc.ca/nouveau_succes_entreprises_francais.htm
http://www.rfi.fr/actufr/articles/111/article_79206.asp

Pour en revenir au Québec, je trouve vraiment incompréhensible que de nombreux Québécois soient contraints de travailler en anglais, en particulier à Montréal. Ceci est contraire à la loi 101, qui stipule que « les travailleurs ont le droit d’exercer leurs activités en français » :

CHAPITRE II
> LES DROITS LINGUISTIQUES FONDAMENTAUX

4. Les travailleurs ont le droit d’exercer leurs activités en français.

http://www.oqlf.gouv.qc.ca/charte/charte/clfdroits.html

Si on veut que le français soit vraiment la langue de travail normale au Québec, entre autres à Montréal, un moyen très efficace serait d’attaquer en justice, ce qui contraindrait les sociétés anglicisantes à tout traduire en français. Pour moi qui suis Français, il est incompréhensible que 50 % des immigrants s’assimilent à l’anglais et non au français, langue de la majorité. On ne voit cela dans aucun autre pays du monde. Je pense donc que des actions en justice s’imposent afin que soit respecté le droit des Québécois à travailler en français. Plus généralement, je pense, comme beaucoup de Québécois, que seule l’indépendance politique du Québec permettra au français d’être réellement hors de danger, comme le montre fort justement l’article suivant : http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=624&Itemid=1

Daniel DE POLI
ILLKIRCH
FRANCE