UNE FÊTE NATIONALE BILINGUE? NO WAY!

Extrait du site www.lequebecois.com

Je suis un chien qui ronge l’os
En le rongeant, je prends mon repos.
Un temps viendra qui n’est pas venu
Que je mordray qui m’aura mordu.

Les événements des derniers jours concernant L’Autre Saint-Jean bilingue ont de quoi en jeter plus d’un en bas de leur chaise! Il est en effet inconcevable que ce soit l’Association culturelle Louis-Hébert, dont le conseil d’administration est exclusivement composé de militants indépendantistes, qui ait créé un précédent en invitant des groupes à se produire en anglais le 23 juin, précédent qui affectera pour longtemps le symbole de la lutte pour le français qu’est la Fête nationale au Québec. Il est encore plus inconcevable d’entendre ces mêmes organisateurs prononcer des discours en tous points comparables à ceux tenus par nos ennemis lorsqu’ils traitent de la question linguistique au Québec. Comme quoi, ceux qui se disent nos amis ne le sont pas toujours.

À cause de l’Association culturelle Louis-Hébert, un débat néfaste sur la présence de l’anglais à la Fête nationale s’est enclenché au Québec, un débat qui n’avait historiquement jamais eu lieu et qui n’a dans les faits aucune allure. Tout le monde devrait s’entendre sur le fait qu’il est correct, normal et tout à fait acceptable de célébrer en français une nation d’expression française. Nous saurons bientôt de quelle façon cette saga se terminera, mais d’emblée, il est possible de dire que tout cela n’est pas de bon augure. À cause de l’influence de ceux qui désirent de l’anglais sur la scène de la Fête nationale et de la pusillanimité de ceux qui devraient s’y opposer, on a toutes les chances du monde d’entendre de l’anglais le 23 juin cette année. Cela serait peut-être une défaite symbolique, mais ce serait quand même une défaite. Une défaite très grave en fait, car elle constituerait un précédent qui légitimerait les actes de ceux qui veulent qu’au Québec tout se fasse « en bilingue », au mépris de notre langue nationale, le français.

Malheureusement, dans les présentes circonstances, en exigeant le maintien du caractère francophone de la Fête nationale, il est difficile de bien paraître aux yeux de ceux qui ne réalisent pas la fragilité du fait français en Amérique et le précédent que cela créerait si cette fête devait se bilinguiser cette année. Réserver la Fête nationale aux artistes qui se produisent en français en désinvitant des artistes anglophones qui avaient été invités dans les règles, ça peut donner une impression d’exclusivisme qui ne peut aucunement constituer une bonne carte de visite en ce Québec soumis aux règles du politiquement correct. Cela est d’autant plus vrai que les médias fédéralistes -c’est-à-dire La Presse d’abord et avant tout – multiplient toujours les manoeuvres à l’approche de la Fête nationale pour que l’organisation de celle-ci soit retirée des mains des organismes souverainistes. À cause de l’Association culturelle Louis-Hébert et des réactions que leur projet de spectacle a suscitées, André Pratte, Yves Boisvert, Patrick Lagacé et compagnie ont eu cette année beaucoup de matière à se mettre sous la dent-bouffe-Québec-français. Ils ont exploité avec un sans-gêne grossier le fait que des groupes anglophones devant jouer à la Fête nationale aient provoqué des tensions. Accuser les indépendantistes souhaitant que la Fête nationale demeure francophone d’être des fascistes en herbe leur a été très facile. Et ils ne s’en sont pas privés. Merci aux organisateurs de l’Autre Saint-Jean!

À cause de l’amateurisme des organisateurs de l’Autre Saint-Jean qui ont invité presque en catimini des groupes anglophones pour ensuite les désinviter à cause des pressions indépendantistes pour ensuite les réinviter, à cause de pressions fédéralistes cette fois, c’est toute l’organisation de la Fête nationale qui a ô combien mal paru. Cette histoire a donné une impression de travail bâclé qui ne manquera pas d’avoir des répercussions sur la suite des choses. Ceux d’en face tenteront par tous les moyens d’exploiter cet épisode pour mieux miner les bases mêmes de la Fête nationale du Québec telle qu’organisée par le Mouvement national des Québécois, et ce, au grand avantage bien sûr du 1er juillet, fête du Canada, qui survient une semaine plus tard seulement. À ce chapitre, il est très facile de voir clair dans le jeu de ceux d’en face.

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