SE TENIR DEBOUT

La place du français à Montréal

Nos politiciens doivent donner l’exemple

Pourquoi nos politiciens québécois sont-ils à ce point mal à l’aise de dévoiler qu’ils ne parlent pas l’anglais couramment? Est-ce une honte d’être unilingue français ou de ne pas être parfaitement bilingue? Être unilingue me semble la normalité dans la plupart des pays, entre autres au Canada et aux États-Unis, pourquoi ici, est-ce une tare?

Le maire d’Ottawa, ville dans laquelle habitent de nombreux francophones, est unilingue anglais. En a-t-il honte? Le lui reproche-t-on? En fait-on les grands titres des journaux? Participe-t-il à des débats en français? Je suis sûr que ça ne viendrait même pas à l’esprit des francophones d’Ottawa de l’inviter à participer à un débat en français : ils savent qu’en Ontario, tout se passe en anglais même si Ottawa est la capitale d’un pays qui se dit bilingue…

Il faut de la même façon imposer le français à Montréal. Si c’est normal à Ottawa, pourquoi ne serait-ce pas normal à Montréal! ? Il faut que nous cessions d’avoir peur d’imposer notre langue à Montréal? Pourquoi ne pas utiliser le français et seulement le français quand on est maire de Montréal ou quand on se présente à la mairie? Montréal n’est-elle pas la métropole du Québec dont la seule langue officielle est le français?

Nos élites politiques devraient se tenir debout et donner l’exemple. Comment nos politiciens peuvent-ils demander aux citoyens d’insister pour se faire servir en français dans les commerces de Montréal, si eux-mêmes n’imposent pas leur langue dans les débats auxquels ils participent? Madame Louise Harel et madame Pauline Marois, le jour où vous prendrez la décision de n’utiliser que le français dans toutes vos activités officielles, vous n’aurez fait que prendre votre place, vous poserez un geste normal d’affirmation, vous serez beaucoup plus à l’aise et vous aurez fait avancer la cause du français à Montréal.

Et c’est à Montréal que se joue l’avenir du français au Québec.

Claude Bachand, Laval