QUÉBEC, ÉTAT BILINGUE

Extrait d’un article de Michel David du site Web du Devoir à www.ledevoir.com

Christine St-PierreEn ce qui concerne le respect des dispositions de la Charte de la langue française, ce serait «tolérance zéro», avait promis la ministre responsable, Christine St-Pierre, dans sa première intervention à l’Assemblée nationale, le 10 mai 2007.

Un an plus tard, en avril 2008, Le Devoir révélait que les ministères et organismes relevant du gouvernement du Québec donnaient un bien mauvais exemple. Au ministère du Revenu, à la Régie de l’assurance maladie (RAMQ) ou encore à Investissement Québec, les nouveaux arrivants ou les entreprises pouvaient choisir la langue dans laquelle ils voulaient transiger avec l’État.

« Il y a du travail à faire de ce côté-là », avait convenu Mme St-Pierre, qui semblait tomber des nues. Dans une entrevue accordée à mon collègue Robert Dutrisac, elle avait insisté sur le devoir d’exemplarité du gouvernement. « Vous avez devant vous la personne qui sait ce que c’est le français en Amérique du Nord, qui sait ce qu’est l’attachement à la langue française », avait-elle ajouté.

Dix-huit mois plus tard, Robert Dutrisac a voulu vérifier quels résultats avait donnés la belle résolution de la ministre. Conclusion: rien n’a changé. Dans les faits, l’État québécois est bilingue et constitue toujours un facteur d’anglicisation des immigrants.

En croisant les données du ministère des Communautés culturelles et de l’Immigration et celles de la RAMQ, on arrive au constat stupéfiant que 30 % des immigrants que la RAMQ classe comme anglophones pour le reste de leurs jours ne parlent pas anglais.

« Ça n’a pas de bon sens », a lancé Mme St-Pierre. Pour une fois, nous sommes d’accord, mais la RAMQ dit n’avoir reçu aucune nouvelle directive du Secrétariat à la politique linguistique depuis un an et demi. La ministre se moquerait-elle de nous? À moins que ce ne soient ses fonctionnaires qui se moquent d’elle? (…)

Qu’il s’agisse de son refus d’étendre les dispositions de la Charte de la langue française aux petites entreprises ou de ses tergiversations sur la réponse à donner au jugement de la Cour suprême qui a légalisé les « écoles passerelles », (le gouvernement Charest) envoie toujours le message que le français est une option facultative.

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/279134/l-etat-bilingue

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