MATIN, JOURNAL SUISSE

Bonjour, gens du Matin,

Lettre ouverte au Matin, journal suisse

Je lis entre autres ce qui suit sur votre page des contacts : www.lematin.ch/aide/contact

– Ecrivez au webmaster
Product manager : Luc Petitfrère
– Publicité online
– Romandie Online
Marketing et business dev
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Or je n’avais pas été informé qu’une langue officielle supplémentaire avait été récemment promulguée en Suisse.

Comme quoi il n’est pas nécessaire, permettez-moi de vous dire les choses franchement et sans détour (et ce en dépit de l’amitié sincère que j’éprouve pour le pays des Jean-Jacques Rousseau, des Jean-Luc Godard et de l’auteur d’Une Suisse au-dessus de tout soupçon), d’avoir déjà été un pays colonial pour se comporter comme un pays colonisé…

Il est en outre particulièrement consternant de retrouver un mépris de soi pareil au sein même d’un média.

Suisse.

Pardon ! Swiss, voulais-je plutôt écrire.

Bref, cette page de votre site (sans compter tout le reste, qui est à l’avenant) aura sapé toute envie chez moi de mieux vous connaître et de vous consulter plus avant. Car il y a des limites, enfin, à promouvoir le déni de soi.

C’est au surplus d’une puérilité sans nom. Comme si se présenter comme « Product Manager », par exemple, apportait un millionième de milligramme de plus à… la crédibilité de la fonction. Comme si, en un mot, être a Stupid Man ‘faisait’ plus honorable que d’être tout bonnement un imbécile…

Cela dit, sans viser personne. Bien sûr.

« Mais c’est partout pareil en Suisse », pourriez-vous sans doute me rétorquer illico.

Certes. Et hélas, vous auriez parfaitement raison.

Mais si c’est là votre ‘raison’, je crois que vous vous êtes tous (au Matin) trompés de profession. Car l’univers de l’information, ce me semble, requiert un minimum de jugement, de conscience professionnelle et de respect de soi.

Imagine-t-on un citoyen français, disons en 1943, déclarer, certain de son « bon droit », qu’il est naturel de collaborer avec l’Occupant puisque…. la plupart des gens le font…

Quelle puissance d’argumentation !, n’est-ce pas…?

Cela dit, pour votre défense il faut admettre qu’il y a quelque chose qui ne manque pas au Swiss Morning.

Un haut, un très haut sens du ridicule.

Est-ce donc cela que l’on appelle communément l’humour helvétique ?

Bien à vous.

Frédéric Sébastien

27 janvier 2009