LA PIASSE ANGLAISE

Le Fricot

L’anglicisation du seul État francophone en Amérique du Nord ne serait pas à bout de souffle. Les assauts semblent être de plus en plus difficiles à bloquer, surtout lorsqu’ils sont Drapeau Québécoisle fait d’agents économiques. C’est pourquoi des organismes comme Impératif français ont l’embarras du choix quand vient le moment de distribuer des baffes. Chose toujours étonnante, les élus et les organismes gouvernementaux sont souvent, avec les gens d’affaires, les lauréats de ces cérémonies de dénonciation, et 2009 ne fait pas exception. Parmi les prix Citron décernés par Impératif français, notons :

l’Office québécois de la langue française et la ministre responsable de la Charte de la langue française, « qui ont évoqué une étude… pour affirmer, malgré tout bon sens, que le français se portait bien dans le centre-ville de Montréal ». (Quiconque, en effet, visite ce centre-ville après seulement quelques mois d’absence se rend compte assez rapidement de la détérioration constante et clairement visible du fait français.)

le gouvernement du Canada, Patrimoine canadien et la Commission des champs de bataille fédéraux, pour le projet de reconstitution et de célébration du 250e anniversaire de la défaite des Français aux mains des Anglais. (Avouons qu’il fallait du culot et un manque évident de tact diplomatique et culturel pour arriver à une telle idée.)

les gestionnaires et le conseil d’administration qui ont remplacé l’appellation française Aéroports de Lyon par la dénomination anglaise LyonAirports, afin, disent-ils, de présenter une nouvelle identité plus forte, plus internationale.(On peut toujours compter sur nos cousins pour angliciser tout ce qui bouge – ça fait chic !)

Les prix Coco et les bavures linguistiques : aux ambassades d’Australie, de Pologne et de Turquie au Canada, « pour leurs pratiques d’exclusion du français », et au ministre canadien des Affaires étrangères « qui tolère et encourage ces pratiques »; à la compagnie Red Bull et sa compétition québécoise Crashed Ice; au club de hockey Canadien de Montréal « qui, pour célébrer son 100e anniversaire, n’avait aucun logo uniquement en français »; à l’entreprise www.1800gotjunk.com, qui vient « solliciter le marché québécois avec un nom en anglais juste bon à mettre aux ordures… »; à Rage Beverages, pour sa publicité et son site Web unilingues anglais; et aux commerces Loonie Toonie, qui à l’instar de plusieurs autres enseignes seraient en train de ramener le Québec des années en arrière, à l’époque des vitrines et raisons sociales unilingues anglaises.

Yep, we’re doing just fine…