LA COLONIE ANGLO-CANADIENNE

La colonie anglo-canadienne

Les immigrants ne choisissent pas l’anglais; c’est l’anglais qui les choisit. Au lieu de faire une fixation sur les immigrants, pourquoi ne pas s’attaquer à la source du problème linguistique québécois? Des siècles de vie de minoritaires colonisés ont laissé en nous des séquelles dont nous n’arrivons pas à nous débarrasser. Nous sommes incapables de voir notre patrie comme celle d’un peuple normal. Nous envisageons la question linguistique au Québec comme un concours entre deux langues dont le prix serait l’assimilation des immigrants.

Il y a, au Québec, une concurrence féroce entre le français et l’anglais. Pourquoi les Québécois qui disent vouloir faire du français la langue nationale du Québec tiennent-ils à alimenter cette concurrence sur leur territoire? Pourquoi se sentent-ils si coupables à la pensée qu’on puisse reléguer l’anglais au rang de langue étrangère certes utile, mais étrangère tout de même? C’est que nous avons parfaitement intégré la logique fédérale ayant créé au Québec une fausse minorité qui n’est autre chose qu’une colonie anglo-canadienne. Cette colonie et la servilité des Québécois à son égard constituent la source du problème linguistique québécois et le point d’ancrage principal au Québec du pouvoir fédéral. Or, les Québécois étant tétanisés par la peur de se faire accabler de tous les maux de l’humanité, personne n’ose remettre en question sérieusement l’apartheid linguistique, facteur de tribalisme électoral.

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