GUY A. LEPAGE

Guy A. Lepage et le nouveau colonialisme

L’animation du spectacle de la Saint-Jean comptait de pénibles moments. Un malaise planait sur ses intentions pédagogiques, ce prêchi-prêcha d’ouverture à un peuple déjà incertain de lui-même.

Les immigrants honnêtes, qui ont quitté des pays possédant tous les attributs d’un statut politique achevé, sont sans doute surpris devant cet étalage de masochisme colonial. On profite de la fête nationale pour nous accuser de ne pas nous effacer devant les nouveaux arrivants, de ne pas disparaître tout simplement et avec plaisir. Tout en conservant pour eux et dans leur intimité l’image de leur pays, les immigrants trouvent tout à fait normal d’arriver dans un pays déjà existant aux caractéristiques culturelles et sociales qu’ils doivent adopter comme premières et dominantes.

L’accueil et l’ouverture authentiques consistent à leur ouvrir la porte sans arrière-pensée en les considérant comme de nouveaux Québécois et en les traitant comme tels. Leur acceptation, leur intégration et leur nouveau bonheur sont à ce prix.

Les sous-entendus de M. Lepage avaient quelque chose d’humiliant et de déplacé. Pour bien remplir son rôle d’animateur de la Fête nationale, il devait présenter l’image d’une nation forte et fière d’elle-même et non de culpabilité et de mendicité trouble.

Hubert Larocque
Gatineau