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A : jfbourrec@brainstorming.fr et bienvenue@brainstorming.fr,

Pour information, vous trouverez ci-après le courriel que j’ai envoyé à M. Bourrec, directeur de l’agence de communication Brainstorming, à l’origine de l’horrible LyonAirports. Ce courriel a été envoyé le 28 mars et n’a fait l’objet d’aucune réponse, signe que ce Monsieur est bien incapable de défendre ses choix anglicisants.

Objet : L’anglais doit être banni

Monsieur,
Je me permets de vous écrire, car j’ai lu votre réponse en tant que président de l’agence de communication Brainstorming concernant le changement de nom de l’aéroport de Lyon : http://lyonenfrance.blogspot.com/2009/03/polemique-de-lyon-airports.html

J’ai cependant été consterné par certains propos inexacts et me permets donc d’ajouter quelques observations complémentaires :

>Les organisations de défense de la Francophonie sont nécessaires. (….). Y compris celles qui intègrent la langue « de Babel » actuelle : l’anglais international.

Cette dernière affirmation est ridicule, car l’anglais n’est aucunement la langue « de Babel » actuelle. Comment affirmer une telle absurdité alors que seulement 7% de la population mondiale est de langue maternelle anglaise et que l’immense majorité des habitants de la planète (presque 90%) ne parle pas anglais ? Cette absurdité qui voudrait faire de l’anglais l’unique idiome international est bien évidemment une stratégie des Anglo-Saxons pour promouvoir leurs intérêts économiques au détriment des autres. De nombreux Français n’ont malheureusement pas compris cette évidence. Plus généralement, l’anglais a des effets néfastes pour nos intérêts nationaux. Par exemple, la recherche française est largement pillée par les Américains du fait de l’emploi de l’anglais par les chercheurs, comme l’a brillamment démontré l’universitaire Charles Durand dans son argumentaire intitulé « Le français, une langue pour la science » :
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2001/le-francais-une-langue-pour-la-science.html

>Le postulat est le suivant : pour porter notre excellence française et nos valeurs, pour être entendu et compris, adaptons-nous à nos interlocuteurs.

Là aussi, affirmation totalement aberrante ! Car on ne peut défendre ses intérêts en bafouant son identité. On préfère toujours l’original à la copie. C’est ce qu’ont bien compris de nombreux Français, dont le député de l’Est-Lyonnais Philippe Meunier (UMP), que je cite : « Only Lyon, OL Land et maintenant Lyon Airports… C’est grotesque ! Avec Gérard Collomb, on a une promotion de la langue anglaise sur toutes les grandes politiques de l’agglomération. Le préfet a totalement raison. C’est contre-productif. Ce n’est pas en singeant les anglo-saxons que l’on développera nos territoires. C’est en défendant nos valeurs, notre identité et nos atouts. »

>En revanche, puisque le monde des affaires s’est organisé autour d’une langue unique, compréhensible par tous et partout, (…).

Là aussi, totalement faux. La langue des affaires, c’est la langue du client. Toutes les entreprises ont des stratégies multilingues et celles qui se sont cantonnées à l’anglais ont fait faillite. Extrait de l’argumentaire de Charles Durand :

« Il est bien connu que tous les commerçants qui veulent accroître leurs parts des marchés internationaux doivent utiliser la langue de leurs clients. Il y a une quarantaine d’années, cette approche assura le succès de firmes telles qu’IBM. IBM traduisait tous les manuels techniques, offrait des séminaires et de la formation dans plus de vingt langues différentes et en vint même jusqu’à traduire les textes des boutons des panneaux de commande de ses ordinateurs. Là où les mots et les désignations étrangères manquaient, IMB inventa des nouveaux mots tels que « ordinateur ». Il est important de noter qu’IBM n’offrit jamais le meilleur de la technique. Les machines commercialisées par IBM offraient des performances médiocres par rapport à celles de ses concurrents et leur usage était souvent beaucoup plus compliqué. Par exemple, l’ordinateur 5000 de Burroughs, qui fut annoncé au tout début des années 60, utilisait des techniques beaucoup plus avancées que ses homologues d’IBM. Pourtant, Burroughs, avec ses unités de traitement plus rapides et ses logiciels beaucoup plus conviviaux, n’avait que 8% du marché lorsque ce fabricant occupait pourtant la deuxième place de constructeur d’équipements informatiques à l’échelle mondiale…

Dans la foulée d’IBM, l’adaptation aux diverses langues des clients internationaux explique aussi, en grande partie, le succès de Microsoft. Probablement inspiré par les pratiques de la compagnie Apple, Microsoft s’efforça très vite de fournir ses systèmes d’exploitation et ses logiciels d’application dans la langue de ses divers clients. Déjà en 1995, Microsoft avait déjà plus de 60% de son marché à l’extérieur des États-Unis. Peu d’analystes se rendent compte que, en dépit de très sérieux problèmes de qualité, le fait que Microsoft se soit toujours plié à la langue de ses clients a assuré son succès commercial. Même lorsque la société Microsoft a été accusée d’être en situation de monopole et de pratiques commerciales douteuses, elle est demeurée la seule qui soit vraiment à l’écoute de ses clients internationaux en leur fournissant des outils logiciels leur permettant de continuer à fonctionner dans leurs langues respectives.

Beaucoup de sociétés de la « nouvelle économie » se sont rendu vite compte de l’importance des langues autres que l’anglais. Très tôt, la société Yahoo, par exemple, adapta ses moteurs de recherche et ses services en ligne aux besoins de ses clients internationaux en traduisant de manière systématique toute l’information textuelle, en changeant le format de ses écrans d’accueil et en indexant les compagnies étrangères dans leurs langues nationales respectives, rejetant toujours toutes les demandes faites quelquefois par certaines industries de mettre sur ses serveurs français des informations en anglais. Cette approche a payé. Cinq ans après ses débuts, Yahoo était déjà installée dans 24 pays… »

>L’anglicisme OnlyLyon n’a choqué personne et pour cause : à mission internationale, pourquoi ne pas oser le nom international ?

Mais en quoi un nom français serait-il moins international ? Le français est la seconde langue enseignée au monde, officielle dans trente pays et présente sur tous les continents. Il est complètement ridicule, dans ces conditions, de ne pas l’utiliser quand on est un organisme français.

>Et que le débat soit alimenté par la réflexion, l’échange et l’intelligence.

La réflexion et l’intelligence, parlons-en ! Manifestement, vous en connaissez rien à la géopolitique des langues et je vous invite donc à vous informer sérieusement. Par exemple en imprimant et en lisant les deux textes suivants :

« Une langue universelle ou une langue coloniale ? » :
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/semaine-de-la-francophonie/1999/une-langue-universelle-ou-une-langue-coloniale.html

« Le français, une langue pour la science » :
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2001/le-francais-une-langue-pour-la-science.html

Daniel DE POLI
ILLKIRCH, France

Post-scriptum : encore une chose ridicule, c’est l’emploi de l’anglicisme news à plusieurs reprises au bas de la page d’accueil du site de votre agence : http://www.brainstorming.fr

Le terme français courant est bien évidemment LES NOUVELLES, employé depuis toujours par les francophones.

Adresses utiles :
jfbourrec@brainstorming.fr; bienvenue@brainstorming.fr
isabelle.rousset@lyonairports.com; webmaster@lyon.aeroport.fr; ecouteclient@lyon.aeroport.fr; mediateur@lyon.aeroport.fr