APPEL AUX FRANCOPHONES

Qui s’est offusqué, qui a protesté contre le fait qu’aux Victoires de la Musique 2009, la chanson en anglais ait été représentée aussi fortement ?

Qui a osé demander aux artistes « français » qui y chantaient en anglais, pourquoi ils trahissaient ainsi leur langue ? — Personne.

Et les autres, ces artistes étrangers installés en France qui ont chanté en anglais, pourquoi leur faire tant de publicité, pourquoi parler d’eux, alors qu’ils n’ont même pas la politesse de chanter dans notre langue, dans la langue du pays qui les accueille ? Les nommer aux Victoires de la Musique, c’est-à-dire avoir l’intention de donner une récompense à ces gens-là, n’est-ce pas les encourager à continuer à nous mépriser ?

Force a été de constater que si la chanteuse Camille a eu une Victoire de la Musique en chantant en anglais, ni Chamfort, le chanteur de service qui lui a remis le Prix, ni Nagui, le présentateur de ces Victoires, n’ont fait la moindre allusion sur le caractère anglophone de la chanson primée. Ils se sont tus sur le sujet, faisant comme si de rien était, se conduisant comme certaines personnes dans le métro témoins d’une agression : quelqu’un se fait bastonner quelque part dans le wagon, mais on continue tranquillement de lire son journal sans se lever pour faire fuir les agresseurs, le but étant, bien sûr, ne pas être embêté, de ne pas avoir d’histoires.

C’est un fait, aujourd’hui, en France, on a plus de problèmes à vouloir défendre la langue française face à l’hégémonie de l’anglais, qu’on en a à diffuser l’anglais partout. Défendre la langue française est devenu un parcours du combattant, c’est être un étranger dans son propre pays, une sorte de paria, c’est s’opposer à des voyous de plus en plus nombreux et puissants, et, comme dans le métro, hélas, bon nombre de personnes préfèrent faire semblant de ne pas entendre les voyous qui dégradent, massacrent et violentent notre langue quotidiennement plutôt que de risquer, en intervenant, de passer pour des empêcheurs d’angliciser en rond.

Si ces voyous linguistiques, ces lâcheurs de la langue française, nous les avons vus amplement aux Victoires de la Musique 2009, l’exemple, bien sûr, vient de plus haut, du milieu politique notamment et plus particulièrement des membres du gouvernement actuel. Là, les voyous linguistiques y sont légion.

En effet, que dire de Mme Lagarde, ministre des Finances, connue pour son abus de l’anglo-américain, qui a reçu, en cela, le Prix de la Carpette anglaise 2007, un Prix d’incivilité linguistique décerné chaque année par des associations parisiennes de défense de la langue française ;

que dire de Mme Pécresse, ministre de la Recherche, qui veut plus d’anglais dans nos universités pour qu’on y enseigne directement en anglais, qui veut que nos chercheurs publient davantage, et systématiquement, leurs travaux en anglais et qui dit, tout simplement, à qui veut bien l’entendre, que l’anglais ne doit plus être considéré en France comme une langue étrangère. Notons que pour toutes ses trahisons, l’infâme Pécresse a obtenu le Prix de la Carpette anglaise 2008 ;

que dire de M. Darcos, ex-ministre de la Francophonie (!) et ministre actuel de l’Éducation nationale, qui a introduit massivement l’anglais dans toutes les écoles primaires de France pour faire des Français, le temps d’une génération, des sujets parfaitement bilingues français-anglais pour que, somme toute, à l’image de la chanteuse Camille, ils fassent rayonner la France, dans le monde, dans la langue des Anglais. Un Darcos qui a lancé aussi l’idée de visioconférences afin que nos jeunes avec d’autres jeunes européens puissent ensemble s’autocoloniser à la langue de la Perfide Albion. (voir, en cela, l’exemple d’une école de Nîmes où de jeunes Italiens, de jeunes Hongrois et de jeunes Nîmois sont invités à parler angliche entre eux) ;

que dire de Mme Albanel, ministre de la Culture, qui a donné récemment une entrevue au magazine très anglicisé Télé 7 Jours. A-t-elle profité de son passage dans ce journal anti-langue française, où les journalistes doivent être payés à l’anglicisme, vu le nombre impressionnant de mots anglais qu’on y trouve, pour y dénoncer l’anglomanie ? A-t-elle fait remarquer, par exemple, aux responsables de la rédaction que le mot anglais "e-mail", largement employé dans ce magazine, a un équivalent français qui est « courriel » ? — Non, rien de tout cela, mais par contre, comme pour les conforter dans leur anglolâtrie, elle leur a confié regarder des séries américaines – comprendre, étatsuniennes – en version originale afin d’améliorer son anglais ! Décidément, nous voudrions nous suicider culturellement que nous ne pourrions pas mieux faire que ce minustère de l’aculture !

que dire de Mme Dati, ministre de la Justice, qui veut introduire à l’École Nationale de la Magistrature (EMN), l’obligation pour les futurs magistrats de s’exprimer avec aisance en anglais juridique (proposition n°14) ;

que dire de M. Kouchner, ministre des Affaires étrangères, qui parle anglais à la moindre occasion à l’étranger quitte à se mélanger les pinceaux et à créer un incident diplomatique, comme il l’a fait en Israël récemment, en semant la confusion entre les mots "hit" et "heat" mal prononcés ;

que dire de M. Xavier Bertrand, le chouchou du Président, qui se targue de lire quotidiennement l’ International Herald Tribune pour perfectionner son anglais ; etc.

Enfin, que dire du Président de la République, Nicolas Sarkozy, lui-même, qui a voulu de tels ministres voyous pour gouverner la France et qui a menti aux Français en ne respectant pas, entre autres promesses, ses engagements électoraux en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le tout anglais (voir, entre autres discours, son discours de Caen du 9 mars 2007).

Certains disent que notre Président serait un agent infiltré de la CIA (voir le document et les vidéos). Quoi qu’il en soit, à voir la marche forcée de notre pays vers l’anglais et sa future réintégration dans le giron de l’OTAN (où l’anglo-américain, bien sûr, est la seule langue « opérationnelle »), ne serait-on pas en droit tout de même de se demander, pour qui travaille M. Sarkozy ?

Comme il l’a dit récemment, Nicolas Sarkozy n’est pas pour le Québec libre, mais est-il seulement pour la France libre, une France libre d’exister en français dans le monde, une France libre d’enseigner correctement le français à ses enfants et d’en faire de fiers francophones ouverts aux langues du monde et non pas prisonniers du seul anglais, une France libre de rayonner à travers l’Espace francophone et non une France condamner à s’éteindre à l’ombre de l’Oncle Sam ?

Francophones de France et d’ailleurs, arrêtons le train de l’anglicisation, ne restons plus passifs face aux voyous linguistiques qui violent impunément de wagons en wagons notre identité francophone, cessons de regarder par la fenêtre pour se donner l’illusion que tout va bien, serrons les poings et levons-nous, le viol est un crime !

Vive la France libre francophone,
Vive le Québec libre francophone,
Vive la Francophonie unie et solidaire.

Régis Ravat
Président de l’A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)

Merci de signer, pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, notre pétition en ligne : Pétition pour demander au président de la République, Nicolas Sarkozy, de respecter ses engagements électoraux en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le tout anglais.

(Reproduction et diffusion, hautement recommandées)