URGENT – CONSULAT CANADIEN D’HÔ CHI MINH VILLE

Emploi systématique de l’anglais au consulat canadien d’Hô Chi Minh Ville (affaire Mme LY THI THU THUY)

URGENT

À L’ATTENTION DU CONSULAT CANADIEN À HÔ CHI MINH VILLE
235, rue Dong Khoi,
District 1.

COPIES :
COMMISSARIAT AUX LANGUES OFFICIELLES, OTTAWA
MINISTÈRE DES AFFAIRES EXTÉRIEURES, OTTAWA
M. JOSÉE VERNER, MINISTRE FÉDÉRALE DE LA FRANCOPHONIE, OTTAWA
MME THAÏ THI LAC, DÉPUTÉE DE SAINT-HYACINTHE BAGOT (ma circonscription)

Nº du dossier : V080500453
Date: 27 juin 2008

AFFAIRE : Mme LY THI THU THUY

J’ai appris que votre consulat a refusé un visa à Mme Ly Thi Thu Thuy l’empêchant ainsi de voyager à Québec pour présenter sa communication au Congrès international des professeurs de français. (Voir les détails ci-dessous).

Madame Ly, professeur de français au Viêt Nam, a demandé récemment un visa de séjour temporaire en tant que conférencière. Maîtrisant bien la langue française, elle croyait pouvoir formuler sa demande dans cette langue auprès d’un pays où le français est une langue officielle, le Canada. Le consulat ne l’a jamais servie en français; utilisant sans cesse l’anglais.

Il est clair que Mme Ly souhaite venir au Canada d’ici quelques semaines à des fins professionnelles, à savoir un congrès où elle présentera une communication à ses collègues du monde entier. Le consulat lui a refusé le visa en se disant incertain qu’elle quitterait le Canada avant l’échéance dudit visa.

Comme le consulat semble avoir continument refusé de la servir en français malgré sa demande, on est en droit de se demander si cette aversion envers le français n’est pas à l’origine du refus de visa. Le prétendu risque que Mme Ly poserait : rester illégalement au Canada en abandonnant sa famille, ses amis, son foyer, son emploi et ses étudiants semble minime; surtout si l’on considère ses nombreux voyages en France à des fins universitaires, professionnelles, personnelles et familiales, où elle n’a jamais contrevenu – à notre connaissance – aux conditions de son visa.

Je constate aussi qu’en forçant Mme Ly à parler anglais, langue qu’elle maîtrise moins bien que le français, le consulat a limité sa capacité à justifier sa demande de visa et de convaincre l’agent de ses intentions honnêtes et sérieuses. Une réévaluation de la demande de Mme Ly en français semble s’imposer dans les plus brefs délais afin permettre à Mme Ly d’exposer ses motifs, de présenter son dossier de manière équitable et d’effectuer un voyage vers le Canada, pays qu’elle pensait accueillant, du moins autant que la France où elle a déjà fait de nombreux voyages.

Le manque de service bilingue dans un pays de la francophonie comme le Viêt Nam de la part du Canada, autre pays membre de la Francophonie, devrait également être corrigé. C’est tout simplement scandaleux. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que je constate des manquements graves en matière de bilinguisme dans les services fédéraux consulaires ou ceux chargés de l’immigration.

C’est pour célébrer le 400e anniversaire de la fondation de Québec que cette ville a été choisie comme lieu de réunion de ce congrès. Des professeurs de français viennent de nombreux pays pour y participer. Faut-il comprendre que les francophones feraient mieux de ne plus organiser de congrès au Canada ? Cela semble déjà avoir été le signal perçu dans le monde après le refus de délivrer des visas à de nombreux prêtres et laïcs francophones qui désiraient se rendre au congrès eucharistique de Québec.

Si Mme Ly devait ne pas pouvoir expliquer sa situation en français à vos services consulaires et ainsi pouvoir voyager et prononcer sa communication devant le congrès où elle est invitée, les faits honteux entourant l’emploi systématique de l’anglais par le Consulat d’Hô Chi Minh-Ville à l’encontre d’un professeur de français seraient largement diffusés aux journaux, aux organismes de défense de la langue française et à l’Organisation internationale de la francophonie.

En espérant que le refus du visa de Mme Ly n’est qu’un malentendu administratif qui sera bientôt corrigé dans une langue officielle que Mme Ly maîtrise,

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments inquiets,

Patrick Andries
Roxton Falls
(Québec)

Adresses utiles :

Consulat canadien d’Hô Chi Minh Ville

hochi@international.gc.ca
http://geo.international.gc.ca/asia/vietnam/site/about_embassy-fr.asp
David Emerson
Ministre des Affaires étrangères
Emerson.D@parl.gc.ca

Josée Verner
Ministre de la Francophonie
Ministre du Patrimoine canadien, de la Condition féminine et des Langues officielles
Verner.J@parl.gc.ca

Centre des opérations d’urgence du ministère des Affaires étrangères
sos@international.gc.ca

Ève-Mary Thaï Thi Lac, députée du Bloc québécois
thilaE1@parl.gc.ca

Commissariat aux langues officielles
message@ocol-clo.gc.ca