UNE FEMME EN COLÈRE

La Québécitude : une MMTS
La désormais irrépressible colère d’une citoyenne

« Il demeure que ceux qui gouvernent le Québec actuellement [de Jean Charest à
Michelle Courchesne, via Wilfrid-Guy Licari, Délégué général du Québec à Paris]
sont des acteurs volontaires de la scène politique canadienne. »
Anne Legaré, in Le Devoir du 14 fév. 2008
www.ledevoir.com/2008/02/14/176005.html

D’abord une citation : « Comme le remarquait si justement Victor-Lévy Beaulieu, il n’existe pas de véritable pays bilingue mais des pays en voie d’assimilation. » – dixit Yves Beauchemin (Devoir du 14 février 2008) faisant référence (notamment) à VLB (Devoir du 12 précédent). Là-dessus, je ne saurais trop renvoyer à l’article clairvoyant de M. Jean-Luc Gouin paru il y a quelques mois dans la revue de bonne tenue Québec Français (http://www.vigile.net/article3679.html). Il me semble que sur cet aspect précis l’essentiel a été dit dans ces lignes de l’extraordinaire site Vigile.

Cela dit, j’en ai vraiment jusque-là ! d’un Parti Québécois qui craint de défendre et de promouvoir (depuis Lucien Bouchard, à tout le moins) ce pour quoi même il existe. Sans compter que pareille non-politique (par définition la pire de toutes les politiques) laisse tout le champ libre à un gouvernement – et à son chef en particulier (notre premier sous-ministre, dirait plutôt derechef l’immense Vigneault) – pour qui la liberté nationale et la langue française demeurent des « dossiers » sans véritable intérêt. Mais que dis-je là ??? À juguler avec la dernière énergie !

Suffit, par exemple, comme autant de souches du terrible virus Ebola, d’inoculer une France Boucher (à n’en pas douter, la fille idéologique de maman), un Jocelyn Létourneau (promotion de l’« ignorance utile » par amnésie ciblée, volontaire et concertée des Événements ‘chauds’ de notre Histoire : un très officiel ministère des « Commandites » avec ça…?) et une Sylvia Martin-Laforge (directrice du Quebec Community Group Network !) au sein de l »organisme’ de l’Office de la Langue française. Et ce afin de s’assurer définitivement de son aboulie. Sinon de son agonie. Nonobstant la bonne volonté (feinte ou sincère, on ne sait vraiment plus) de la ministre Christine St-Pierre.

Même un ministre présumé d’obédience « nationaliste », je songe bien sûr à M. Philippe Couillard, ne trouve mieux à faire désormais, au sein de ce gouvernement, qu’à justifier, d’une part, l’éradication de l’épithète « nationale » aux abords et de la cité et et du vocable « Capitale », et, d’autre part, à s’empresser à faire acte d’« allégeance » au ‘pays’… chaque 1er juillet qui tombe, infailliblement, à la façon d’un cheveu gras dans notre ragoût de boulettes. Et je passe outre (car j’en reste interdite jusqu’au tréfonds de mon être pour tenter, en quelque sorte, et par-devers moi, de contenir toute la violence – en légitime défense – qu’une agression pareille peut provoquer chez la dignité, chez son intelligence aussi, de tout un peuple) à ces milliards de dollars – milliards ! – investis dans les infrastructures de services de santé offerts à… 8% de la population. Quand c’est anglais (et n’allez surtout pas réclamer – ô injure ! – de vous y faire soigner dans la langue officielle du Québec), 8% valent bien les 92% restant (comme quand ma mère autrefois, certains jours, me disait : « Ma fille, ce soir on mange des ‘restants’ »). Après tout, un distingué anglophone ça vaut bien à lui seul une bonne douzaine de pea soup ! Jusque et y compris au sein de l’unique État français d’Amérique du Nord. Ce n’est pas le très honorable Beryl Wajsman du so raffiné Suburban du West Island, n’est-ce pas, qui me contredira.

Ni d’ailleurs – on s’entends-tu là-d’ssus ?, manière France Bazzo – son grand copain de Westmount nommé John James « CH » (tatoué sur le coeur, of course).

À croire en effet, en dernière analyse et avec le concitoyen Beauchemin, que la québécitude constitue une maladie – une MMTS plus précisément. Une maladie mortelle transmissible socialement.

Non mais ! m’expliquera-t-on un jour, et au détour, ce que la délicate bien qu’énergique Marguerite Blais est allée faire dans cette galère…?

Reste que manifestement le dr Couillard aura naguère raté les cours de médecine traitant de cet autre virus, puissant, dévastateur et extrêmement difficile à extirper du cortex de certains individus, parfois même de peuples entiers. J’ai nommé : l’esprit colonisé. Aussi appelé phobie de la liberté.

Comme quoi les médecins – n’est-ce pas, regretté dr Camille ? – n’ont pas tous la même envergure ni du reste les mêmes capacités.

Une femme en colère.
Mais vraiment en colère…

Jolière Gauthier
Joliere@sympatico.ca
Capitale nationale, 14 février 2008