« SPEAK WHITE »

Ce soir au Palais Garnier à Paris, l’opéra « Iphigénie en Tauride » fut précédé par une prélude anglicisante. En effet, quand j’ai demandé à un placier de me montrer mon siège, il m’a répondu en anglais.

Quand j’ai exprimé mon désir de m’en plaindre auprès de la gestion, il a refusé de me dire son nom et d’appeler le chef de la salle. En me montrant mon siège, une de ses collègues a donné l’une des justifications qui sont monnaie courante au Québec : les placiers parlent anglais si souvent qu’il est devenu pour eux un « réflexe ». Personne ne s’est excusé de cet incident.

Pour ce qui est de la production, je dois dire que si les voix étaient belles et l’orchestre bon, la mise en scène était certainement discutable. À l’avis de cet humble spectateur, certains moments qui auraient dû être passionnants étaient plutôt plates, cet aspect primordial ayant été mis de côté dans un souci très vulgaire de sexualiser l’opéra coûte que coûte et de faire inutilement recours à plusieurs éléments anachroniques. Ce genre de vulgarité est maintenant fort fréquente aux pays anglophones, mais je croyais que l’Opéra national de Paris serait plus sensible à la qualité artistique de ses productions et moins apte à se plier pour répondre aux goûts d’une clientèle populaire (dont même ceux en T-shirt ne sont pas exclus). Hélas ! j’avais tort.

Scott Horne, shorne@hornetranslations.com
Paris