« FOR ENGLISH, PRESS NINE »

Extraits de l’article « For service in English, press nine » de Michel Vastel publié dans le site Canoë

À la Régie de l’assurance maladie, tout comme à la Société d’Assurance automobile et un peu partout dans les commutateurs téléphoniques du gouvernement du Québec, on ne se donne même pas la peine de saluer les Québécois francophones. «For service in English, press nine», nous offre-t-on à la RAMQ. «For information in English, press two», dit-on à la SAAQ. À croire que les messages des boîtes vocales des services publics québécois ont été préparés à Toronto. Ou Ottawa!

Merci donc au collègue Robert Dutrisac, du Devoir, d’avoir débusqué ce qui a l’air d’un canular. Pourtant c’est bien vrai,j’ai vérifié! Et on se demande comment il se fait que ministres, sous-ministres, présidents de conseils d’administration n’aient pas allumé! Il y aura 34 ans en juillet prochain que Robert Bourassa a fait du français la langue officielle du Québec. La fameuse Loi 22, remplacée en 1977 par la Charte de la langue française, affirme dans son préambule que «la langue française doit être la langue de communication courante de l’administration publique.»

Laissons le bilinguisme au gouvernement fédéral, s’il a les moyens d’offrir ses services dans les deux langues officielles pour faire croire aux francophones qu’ils sont des citoyens à part entière d’un océan à l’autre. Ici, «le Québec est reconnu comme État français en Amérique du Nord, avec le français comme seule langue officielle», disait Robert Bourassa. Et même la Cour suprême du Canada n’a jamais osé le contredire.

La plus invraisemblable des pratiques administratives révélées cette semaine est que le gouvernement du Québec, ses ministères et ses agences projettent l’image d’une province bilingue. «Vous êtes au Canada-Québec – Press nine…» Non merci!

Pour en savoir plus http://www.canoe.com/infos/chroniques/michelvastel/archives/2008/04/20080412-083002.html