LE MUSÉE DES HORREURS

Vous avez pu croire que, malgré la régression du français à Montréal, vous pourriez au moins y mourir en français. Détompez-vous! Rien n’est moins sûr, du train où vont les choses.La situation que signale Gilles Rhéaume dans dans le texte ci-dessus dure depuis de nombreuses années, comme j’ai pu moi-même le constater, du vivant de ma mère, et ne fait qu’empirer. Seulement, pour le constater, il ne suffit pas de se coller les yeux sur les nombreuses statistiques qu’on nous présente avec tous les sourires d’usage. Comme pour ce qui est de la dégradation rapide du français dans notre ville, il faut aller sur le terrain, ouvrir ses yeux et ses oreilles, ce que nos dirigeants refusent de faire, semble-t-il. Cela dit, appuyons maintenant Gilles Rhéaume dans sa courageuse et intelligente démarche, car, lorsque nous serons à l’article de…, il sera sans doute trop tard pour agir.

Pr Gaston Laurion
Secr. gén.
Forum Francophone International
Section Québec

Ligue québécoise contre la francophobie canadienne
Bureau du porte-parole
bienvenue62@hotmail.com


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Pour publication immédiate

Fort Rémy, LaSalle, le 27 août 2008

Déficiences des services en français dans les hôpitaux  »anglophones » du Québec :

Demande d’enquête

Voici l’intégralité de la missivie transmise ce matin au Premier ministre du Québec par la LQCFC :

 »Monsieur le Premier ministre,

Déjà l’an dernier, nous vous faisions connaître notre vive inquiétude quand aux droits des usagers dans certains hôpitaux dits anglophones à recevoir des services et des soins en français. Hélas, cent une fois hélas, depuis lors , la situation semble s’être davantage détériorée.

À l’Hôpital général de Montréal, la semaine dernière encore, il fut impossible pour un bénéficiaire d’être traité et soigné en français par un médecin de l’urgence. Au même hôpital, des infirmières, toujours à l’urgence, et ce la semaine dernière, s’adressèrent en anglais à des patients unilingues français. De même à l’Hôpital Sainte-Marys, des médecins spécialistes ne connaissent pas le français au point de pouvoir dire seulement "Bonjour » dans la langue de Félix Leclerc. Au Centre hospitalier Douglas, des patients en psychiatrie se sont plaints à nous de l’incapacité de pouvoir regarder la télévision en français. Depuis le début de l’été, plus d’une dizaine de ces  »incidents » ont été portés à l’attention de la Ligue. De plus la place du français dans l’affichage public de ces institutions laisse souvent à désirer ! Moi-même fut examiné et interrogé par un neurologue qui, tout en étant fort compétent et le plus aimable des hommes, ne connaissait pas un seul mot de français. C’est un scandale en 2008 que des francophones se voient ainsi refuser des soins dans leur langue à Montréal.

Des patients hospitalisés dans des unités psychiatriques nous ont également transmis leur vif désarroi devant l’ignorance du français de certains membres du personnel soignant et de la partie congrue réservée à la langue officielle du Québec dans ces services. Des employés francophones oeuvrant dans ces hôpitaux dits anglophones nous ont également souligné de nombreuses lacunes sur la place du français dans leur milieu de travail. Il faut agir et prestement !

Nous demandons donc la mise sur pied d’une enquête indépendante sur les services et les soins de santé disponibles dans les hôpitaux et autres institutions dits anglophones liés à la santé et aux services sociaux.

L’État doit mieux s’assurer de la connaissance du français des profesionnels de la santé qui pratiquent au Québec. Comment est-il possible qu’une infirmière ou un préposé aux bénéficaires ne parle pas français et puisse quand même exercer sont art chez nous ? Comment un médecin ignorant le français peut-il pratiquer au Québec plus de 30 ans après que le courageux Dr Camille Laurin ait fait adopter la Loi 101 ?

Cette situation est aussi choquante que dramatique. Il faut une enquête, pas un simulacre d’enquête dont les dés sont pipés à l’avance, et ce le plus rapidement possible. Le public doit être entendu et vous verrez quel musée d’horreur constitue la place du français dans ces institutions reconnues anglophones ! Pas de faux-fuyants dans ce domaine. C’est votre première responsabilité de veiller sérieusement aux droits du français au Québec surtout dans le réseau de la santé et pour le moment la situation se détériore chaque jour davantage dans le monde de la santé et ce sont les francophones en situation de détresse qui en souffrent.

Il faut qu’un téléphone bleu et qu’une ligne 1-800 SOS 101 soit accessibles 24 heures dans toutes les institutions du réseau pour signaler toute incapacité à recevoir des soins et/ou des services en français. Ce serait un minimum réalisable dès maintenant!

Les malades sont souvent démunis et leurs souffrances sont insoutenables. Quand un médecin vous interroge, par exemple, lors d’un malaise cardiaque, pour savoir si c’est un pincement ou un serrement qui vous accable, comment dire cela en anglais ? C’est carrément horrifiant. J’ai vécu personnellement cette expérience auprès d’un urgentologue à l’Hôpital Général. Les services des plaintes des hôpitaux est le plus souvent une mascarade servant à défendre l’institution plutôt que les droits des patients. La loi doit être revue pour que ces  »Ombudsman » de pacotille deviennent de véritables défenseurs des patients et non plus des faire-valoir de la soi-disant bonne volonté des hôpitaux. Il s’agit de droits fondamentaux garantis par la charte de la langue française et non pas de caprices.

En espérant que cette fois votre gouvernement ne restera pas sourd à cet appel pressant, nous attendons de votre part un geste significatif pour redresser cette situation qui fait des francophones des patients de seconde classe dans des hôpitaux qui fonctionnent grâce aux impôts et aux lourdes taxes qu’ils paient majoritairement !

La LQCFC entend suivre ce dossier de très près et envisage de poser des gestes d’éclat qui démontreront combien et comment les droits du français sont négligés dans certains hôpitaux montréalais. Nous sommes disposés à assister les enquêteurs dans leurs cueillettes de données sur cette francophobie institutionnalisée qui caractèrise trop souvent les hôpitaux et autres institutions du réseau dit anglophone de la santé et des services sociaux québécois.

Jusqu’à ce qu’une enquête indépendante et crédible soit mise sur pied, la LQCFC publiera chaque semaine, des manquements aux droits du français dans les institutions dit anglophones du Québec.

Québécoisement vôtre,

Gilles Rhéaume
 »Usager » chaque semaine depuis plus d’un an dans un hôpital dit anglophone
Ancien président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier de Verdun et ancien secrétaire du Dr Denis Lazure, ministre de la santé du Québec
LQCFC

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