LA FRANCE SE FOUT DE VOTRE PAYS

De:jacques robert <JROBER@videotron.ca>
Envoyé:Sat, 05 Apr 2008 15:27:15 -0400
A:MathildeFrancois@moncanoe.com
Sujet:faut voir les choses en face

Réponse à votre courriel dans Impératif français.

Mais ma pauvre madame, la France se fout de votre pays – qui n’en est pas un en passant… et qui ne le sera jamais.

La France, mon pays qui m’est si cher, doit faire l’Europe et se battre pour faire bloc face à l’Asie et à L’Amérique… alors le Kébec…. Mon pays joue dans la cour des grands même s’il a perdu de sa splendeur au fil du temps. Vous devriez vous battre avec les USA. Vous appartenez à la zone Amérique : vous n’avez aucun rapport avec moi et les francophones du reste du monde. Vos ancêtres sont partis de France par dégoût. Assumez… Il faut vous séparer de l’emprise culturelle français et vivre votre vie; assumez votre mort prochaine; et arrêtez de rechercher à nous envoyer des pousseux de chansons dont la France commence à avoir marre. Personnellement, je me sens plus  proche des Américains. Nous avons des liens indéfectibles avec l’Amérique grâce à l’histoire. Le Canada aussi c’est vrai: mais ça n’a rien à voir avec la langue.

Côté francophonie, les Français sont plus proches de l’Afrique, du Maghreb, car de véritables liens nous unissent. Des liens de sang. Parfois tragiques et peu reluisants pour la France c’est vrai. Je me sens plus proche d’un Tunisien que d’un Québécois de Ste-Foy. Désolé. Je comprends que vous vouliez survivre! Mais ne nous demandez pas de vous porter attention sinon pour vos paysages sans fin. Franchement, pourquoi se préoccuper d’un peuple que la France regarde comme des fossiles incapables de dépasser les guéguerres linguistiques. Je crois que les Kébécois vivent dans un autre monde. Votre monde est américain : MacDo etc. Assumez. La vie est dull icitte aussi. Assumez itou.
Vous êtes certainement fondé à critiquer les erreurs historiques que la France a commises à votre égard… Et alors, les Québécois seront les Louisianais dans 100 ans et le 500e de Québec sera l’occasion d’inaugurer un Walt Disney Land québécois.

Sans rancune.

Jacques Robert
enseignant/webdesigner/webmestre

 


Courte repartie de Mathilde François
6 avril 2008

J’imagine que ce Jacques Robert, Français vivant au Québec, selon toute vraisemblance, fait référence au texte suivant : www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/azincourt-court-toujours.html (une version ultérieure et peaufinée se voit accessible ici : http://mathilde.lejdd.fr/2008/03/07/1-azincoart-coart-toajoars-
langae-franaise-de-l-anoblissement-l-abolissement-de-soi
).

« Faut voir les choses en face », nous dit le bon monsieur, qui au surplus fait dans la « pauvre » madame. Édifiant.

La plupart des Français déclarait la même chose en 1941, en 1942, en 1943. Jusqu’au 6 juin 1944, à tout le moins. Jusque-là, on encensait le maréchal Pétain. Sans gêne aucune. Ou si rarement.

Et Goebbels était bien fier de ses bons « sujets » qui savaient voir les choses en face.

Décidément, la « Collaboration » semble une seconde nature au sein de certaines nations.

Aussi je ne saurais trop renvoyer – sur ce thème France/Québec – au texte de M. Gouin dont il a été fait mention dans les dernières heures chez Impératif Français (un habitué de Impératif dont un texte antérieur m’avait moi-même disposée à prendre la plume) : http://lequebecetlafrancite.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/03/09/
lettre-ouverte-au-president-de-la-republique-francaise.html

Il y a des femmes et des hommes qui luttent pour la dignité. À une autre époque ils se nommaient Charles de Gaulle, Jean Moulin, Simone Veil. Et combien d’autres, anonymes.

Et puis il y a les autres, beaucoup plus nombreux. Ils portent tous le même nom : Jacques Robert.

Qui ensencent leurs bourreaux plutôt que de s’employer à s’en libérer. C’est plus facile, beaucoup plus facile. On appelle ça des « hommes »…

Et à la manière des tracts de l’Allemagne nazie de l’époque, notre Jacques Robert de service s’arroge même des pouvoirs de devin : « votre pays – qui n’en est pas un en passant… et qui ne le sera jamais ».

« Je ne veux pas du pays du Québec. Donc, il n’existera pas ! »

Pour un peu il ajouterait : « Et je suis venu m’installer ici pour y voir ! »

Il fait preuve d’une logique implacable, notre ami Français. Voltaire s’en verrait bouleversé. À n’en pas douter.

On croirait lire Stéphane Dion. Ou Jean Charest – l’homme même qui tient le destin du peuple québécois entre ses mains actuellement (« le cocu content », comme l’appelle avec vérité, ce jour même, le chroniqueur Michel David : http://www.vigile.net/Le-cocu-content).
Pas suicidaire pour un sou, hein, les bons Québécois…

Reste qu’avec des Français comme ça dans la maison québécoise, les André Pratte et les Beryl Wajsman sont bien épaulés.

Et les ennemis du Québec deviennent parfaitement inutiles.

Merci la France !
Merci mille fois.

Mathilde François
mathildefrancois@moncanoe.com