ENRAGEONS D’AVOIR RAISON

Impératif français fait siens les vœux suivants de « plein bonheur » pour 2009 de l’écrivain-médecin, mais aussi ami, Alain Dubos (http://recherche.fnac.com/ia29900/Alain-Dubos), et se joint à lui pour vous offrir une bonne et heureuse année de francisation.

Jean-Paul Perreault
Impératif français
www.imperatif-francais.org

Voeux de plein bonheur pour 2009

À tous ceux qu’unit, à travers le monde, la passion charnelle pour la langue française, j’adresse mes voeux de plein bonheur pour 2009. Année de combat justifiant qu’à aucun moment, la garde ne soit baissée.

Nous allons avoir face à nous, renforcé par des courants aux origines plus ou moins obscures, le flot disparate mais hélas un peu plus puissant chaque année, de l’anglophonie mondialisée. Ainsi nous faudra-t-il, jour après jour, lutter jusqu’en nous-mêmes pour ne pas succomber à la tentation de se fondre dans la glu qui peu à peu nous cerne, nous assaille et nous asphyxie.

Nous serons, un peu plus qu’en 2008, confrontés au ridicule et au grotesque, au tragique et (heureusement tout de même) au risible. Surpris, choqués, attristés, exaspérés, il nous faudra des nerfs solides pour supporter le spectacle des abaissements, des veuleries, des complaisances et des trahisons qui va nous être immanquablement proposé, douze mois durant.

La bêtise aura son mot à dire dans l’affaire. En France, elle a culminé en 2008 au Grand Prix de l’Eurovision, sanctionnée comme il se devait par une fessée publique magnifiquement mondialisée. Où se nichera son prochain avatar? A vrai dire, il lui sera difficile de faire mieux qu’une chanson nulle vociférée en anglais par un braillard de fête foraine.

La malhonnêteté intellectuelle consistant à faire passer pour oeuvres françaises des chimères et autres hybrides parrainés par les banques, répandra comme de coutume sa cervelle faisandée sur les écrans petits
et grands, l’argent investi et la dictature de l’audimat justifiant les contorsions de nos génies de la finance dite créative pour faire avaler la potion au spectateur. Il faudra débusquer les impostures et cette américanisation rampante des esprits qui en est la sournoise conséquence.

Le penchant malheureusement bien de chez nous pour la collaboration sous toutes ses formes, la tentation de la culpabilité bi-millénaire comme feuille de route, la vague nostalgie, peut-être, d’avoir raté le coup avec l’allemand il y a soixante ans, vont encore pousser à coup sûr quelques uns de nos hauts-responsables à franchir le pas vers l’anglicisation de nouveaux domaines. Université, medias, politique, les champs ne manquent pas où la bataille à mener déplacera le front mouvant du conflit. Il conviendra donc là aussi de ne baisser la garde à aucun instant.

Du bon boulot en perspective! Les masques tombent et c’est une bonne chose car il est important, dans ce genre d’affaires, de pouvoir identifier l’adversaire. Le propos n’est évidemment pas de prétendre placer le français comme langue véhiculaire planétaire, je pense que là-dessus, il y a consensus assez large. En revanche, il est permis à tout un chacun de se battre pour le respect des lois quand elles existent, comme pour celui de sa propre conscience d’être humain libre, capable de choisir et par-dessus tout désireux de ne pas subir
la loi du plus fort.

Bonne année! Hauts les coeurs francophones! Et comme vos Patriotes de 1837, « enrageons d’avoir raison »!

Ça maintient en forme et prévient les somnolences.

Alain Dubos
Ecrivain-Médecin
dubosalain@gmail.com
France