ÉLECTIONS QUÉBÉCOISES 2008

Bonne lecture et bon vote!

Impératif français déplore le peu de place que les diverses formations politiques et leurs chefs ont accordé à ce jour à la défense, au prestige et au rayonnement de la langue française dans le cadre de la campagne électorale en cours.

La précarité de la langue française n’a même pas fait l’objet de discussions et d’engagements sérieux des chefs lors du débat.

Vous trouverez ci-dessous les réponses des formations politiques qui ont répondu à notre questionnaire portant sur les enjeux suivants : le non-respect de vos droits linguistiques, l’érosion culturelle et identitaire, la défrancisation de l’environnement linguistique et l’insuffisance de services de santé en français.

Nous remercions les formations politiques qui y ont répondu, mais nous déplorons le peu de mesures concrètes et engageantes que l’on retrouve dans les réponses.

À une semaine du vote, les électeurs et électrices indécis pourront y trouver toutefois certaines réponses qui les aideront à faire un choix. La question pertinente est de savoir lequel des partis politiques participant au questionnaire présente les mesures les plus concrètes, susceptibles d’améliorer la situation du français au Québec.

D’ici le 8 décembre, nous espérons voir et entendre les diverses formations politiques s’engager par des mesures concrètes à défendre et à promouvoir notre identité, notre langue et notre culture.

Nous invitons les électeurs et les électrices à participer en grand nombre, le lundi 8 décembre, aux élections nationales du Québec. Leur participation peut faire la différence.

Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français
Recherche et communications


Le questionnaire que nous avons fait parvenir aux diverses formations politiques participantes est accessible à l’adresse http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/elections-quebecoises–volets-national-et-montrealais.html

Réponses du Parti libéral du Québec

Vous trouverez ci-après les réponses de notre formation politique à l’égard des questions posées par votre organisme au sujet de la situation de la langue française au Québec.

1. Éducation

Le nombre d’élèves fréquentant les écoles anglaises privées et non subventionnées sans détenir de certificat d’admissibilité à l’enseignement en anglais ne cesse d’augmenter.

Le Québec n’interdit pas les écoles privées non subventionnées. Celles-ci doivent cependant recevoir une certification quant à la qualité de l’enseignement qu’elles fournissent. Par ailleurs, à l’heure actuelle, on ne peut prétendre que de telles écoles prolifèrent à un rythme alarmant. Moins de 1 000 élèves les fréquentent.

L’élève qui fréquente l’école de langue anglaise à Montréal a 2 fois plus de chances d’obtenir son certificat d’études secondaires que celui qui va à l’école française.

En moyenne 85 % des jeunes obtiennent au moins un diplôme d’études secondaires (2006-2007). Pour que votre énoncé soit exact, il faudrait que le taux d’abandon définitif soit de 50 % dans les écoles francophones et le taux de réussite de 100 % dans les écoles anglophones, ce qui n’est pas le cas.

Pour lutter contre le décrochage scolaire, nous nous sommes engagés à diminuer les ratios professeur-élèves de 10 % et de 20 % en milieux défavorisés (200 millions $). L’offre d’activités parascolaires culturelles et sportives sera également bonifiée (20 millions $).

Plus de la moitié des étudiants allophones s’inscrivent dans des cégeps anglophones. De nombreux étudiants francophones en font autant, si bien que dans l’ensemble, le libre-choix de la langue des études collégiales ne profite qu’aux cégeps anglophones.

Il y a un lien démontré entre la langue des études collégiales et universitaires et la langue de travail : ceux qui étudient en anglais sont susceptibles de travailler en anglais.

Pour ces questions, nous vous référons à nos réponses dans les sections relatives à l’identité québécoise et à la langue de travail.

Des études démontrent que les universités québécoises de langue française sont sous-financées par rapport aux universités de langue anglaise.

Le financement du gouvernement est accordé en fonction de critères uniformes et équitables. Il se peut que certaines institutions aient, au fil des ans, reçu davantage de contributions de leur clientèle. Il existe aussi des sources de financement internationales qui apportent une contribution à des universités en fonction de leur notoriété ou des recherches effectuées dans certains domaines.

2. Langue de travail

Dans la région de Montréal, le pourcentage d’allophones qui travaillent surtout en français n’est que de 45 %.

Cette donnée est tirée du Rapport sur l’évolution de la situation linguistique au Québec 2002-2007, où il est question de la principale langue de travail des travailleurs immigrés. Il importe surtout de considérer les données suivantes de ce même document :

  • d’une part, on observe une tendance plus favorable à l’utilisation du français (46 %) qu’à celle de l’anglais (33 %);
  • d’autre part, l’utilisation de la langue varie selon la période d’immigration. L’anglais étant généralement plus utilisé par les travailleurs immigrants arrivés avant 1976 (38 %) que par ceux arrivés entre 1976 et 2001 (32,5 %).

En somme, ces données démontrent que la tendance pointe vers une utilisation accrue du français par les immigrants les plus récents. On doit se rappeler que 60 % d’entre eux connaissent déjà le français à leur arrivée au Québec. De plus, les actions prises par notre gouvernement pour assurer la francisation des immigrants ont nécessairement un impact positif. L’an dernier, plus de 30 000 personnes ont suivi des cours de francisation dans le réseau gouvernemental.

L’anglais demeure trop longtemps la langue de travail au Québec. Cette pratique d’exclusion ou de discrimination prive de nombreux Québécois de leur droit de travailler, et de leur droit de travailler en français. Un très grand nombre d’offres d’emploi exigent la connaissance de l’anglais, alors que la Charte affirme pourtant clairement que « les travailleurs ont le droit d’exercer leurs activités en français ».

Moins de 20 % des comités de francisation sont actifs dans les grandes entreprises de plus de 100 employés.

Les entreprises de moins de 50 employés ne sont toujours pas tenues d’avoir un programme de francisation.

Quel que soit le nombre d’employés, toutes les entreprises sont soumises à la Charte de la langue française en ce qui concerne la langue du travail, du commerce et des affaires. Pour des motifs forts compréhensibles, les moyens d’assurer la francisation diffèrent selon la taille de l’entreprise.

Pour les entreprises de moins de 50 employés, nous privilégions la sensibilisation, l’information et l’engagement du milieu. Cette approche a d’ailleurs permis de tenir, le 10 octobre dernier, le Rendez-vous des gens d’affaires et des partenaires sociaux.

À cette occasion, les partenaires du monde des affaires et syndical ont signé une entente historique : Le français, notre affaire à tous – Stratégie commune d’intervention pour Montréal 2008-2013. Cette entente vise à consolider le français dans les entreprises de moins de 50 employés. Les parties ont convenu d’assurer le suivi des actions.

Les allophones unilingues anglais ont toujours des revenus supérieurs aux allophones parlant français, soit 27 216 $ contre 21 233 $ pour les hommes et 18 996 $ contre 15 551 $ pour les femmes (CD Howe).

Le Parti libéral du Québec favorise l’égalité des chances et l’enrichissement de toutes les personnes sans égard à leur langue, leur sexe ou leur origine.

3. Consommation

Un grand nombre de commerces ont toujours des pratiques d’embauche irrespectueuses de leur clientèle, embauchant du personnel incapable de recevoir et de servir le public en français.

Presque toutes les grandes entreprises ont toujours des pratiques anglicisantes pour le Québec : leurs publicités (circulaires, affiches) sont bilingues au Québec alors qu’elles sont unilingues anglaises au Canada anglais.

Un grand nombre d’entreprises n’ont toujours pas de version française de leur site Web ou ont une version abrégée ou encore infériorisent et bafouent leurs clients du Québec en les accueillant dans une page d’accueil unilingue anglaise avec une « minuscule » icône française souvent difficile ou impossible à trouver.

Relativement à ces questions, nous vous référons à nos réponses dans la section relative à l’éducation.

Un nombre croissant d’entreprises refusent de respecter le contexte culturel du Québec en imposant des noms d’entreprises en anglais : Toys R Us, Payless Shoe Source, Future Shop, Wall Mart, Best Buy, Canadian Tire, Burger King, Colour your World, Second Cup, East Side Mario’s, etc.

Toutes les entreprises du Québec, qu’elles aient leur siège social au Québec comme à l’extérieur du Québec, ont le droit d’afficher leur marque de commerce enregistrée en anglais. L’Office poursuit ses efforts pour amener les commerçants à respecter notre contexte culturel.

4. Culture

La Loi du cinéma est de moins en moins en mesure de promouvoir et de protéger l’identité québécoise, puisque les écrans des salles de cinéma projettent de plus en plus de films étrangers non accessibles en français ou qui ne le sont que tardivement.

Durant la présente campagne, le Parti libéral s’est engagé à ajouter 10 millions $ par année pour le financement de la production cinématographique. L’aide au financement de la production cinématographique aura ainsi triplé en 4 ans.

Pour ce qui est de la diffusion en langue française, une entente a été conclue en février dernier avec les représentants des grands producteurs et distributeurs de films afin d’assurer la diffusion de films en version française partout au Québec. Cette entente vise en outre à favoriser le doublage de films en français au Québec en faisant valoir les mesures incitatives telles que les crédits d’impôt et les tarifs préférentiels, et en faisant la promotion de l’industrie québécoise du doublage auprès des « majors » américaines.

Enfin, nous nous sommes engagés à abolir la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les produits culturels québécois (cinéma, musées, CD, DVD, etc.). On renforce ainsi le caractère unique de notre culture tout en allégeant la taxation des Québécois.

Télé-Québec ne peut remplir adéquatement sa mission de télé publique, culturelle et éducative de langue française avec ses faibles cotes d’écoute et son budget insuffisant.

La part de marché de Télé-Québec s’établissait à 3,1 % pour l’année 2006-2007. En 2007-2008, elle a atteint 3,5 % soit un résultat supérieur à la moyenne obtenue depuis le début de la mesure de BBM en 2001. Du côté budgétaire, le gouvernement a augmenté sa contribution de 10,1 % par rapport à la dernière année.

On voit de plus en plus d’artistes québécois de la chanson créer et développer leur répertoire uniquement en anglais, ou presque, sans égard aux marchés francophones et non anglophones du Québec, du Canada, de la francophonie ou d’ailleurs dans le monde.

Il existe un véritable foisonnement de jeunes auteurs compositeurs interprètes et musiciens qui créent une vaste production de haute qualité en langue française. De même que de nombreux écrivains talentueux. Le ministère de la Culture, le CALQ et la SODEC les soutiennent avec enthousiasme.

Le CRTC autorise de plus en plus l’anglicisation et l’américanisation des ondes québécoises. Les câblodistributeurs et les compagnies de diffusion par satellite diffusent 3 ou 4 fois plus de stations de radio et de télévision de langue anglaise que de langue française. Cette discrimination avantage les stations étrangères de langue anglaise (surtout des États-Unis) au détriment des stations de langue française, ce qui favorise l’érosion culturelle.

Avant d’accorder une autorisation à un câblodistributeur, le CRTC considère d’abord le bassin linguistique du territoire concerné et s’assure que les règles d’assemblage de postes offerts répondent aux clientèles visées en respectant notamment leur caractéristique linguistique. Au Québec, bien sûr, le français est privilégié.

Cela dit, l’éventail des postes disponibles sur le marché est immense, pour ne pas dire quasi illimité et, en Amérique du Nord, le marché est très majoritairement anglophone. La question posée ici est donc : au Québec, devrait-on ou pas limiter l’accès à des postes sur la seule base linguistique? Nous sommes d’avis que la liberté de choix du citoyen dans la consommation des produits culturels demeure un droit inaliénable. L’action des pouvoirs publics, le CRTC dans ce cas-ci, se limite à s’assurer que les produits canadiens et francophones, lorsque la population visée est d’expression française, soient offerts en priorité.

Enfin, le Québec cherche depuis longtemps à convenir avec le gouvernement fédéral de modalités qui permettraient une meilleure prise en compte de sa spécificité culturelle. Le 9 avril dernier, le gouvernement du Québec a transmis au gouvernement fédéral une lettre contenant une proposition en ce sens. En matière de communications, le Québec veut notamment exercer une plus grande influence quant au mandat, à la composition et à l’organisation du CRTC au Québec. Il souhaite aussi que les rôles et responsabilités de chaque ordre de gouvernement soient clarifiés.

5. Identité québécoise

De trop nombreux résidants du Québec, surtout en Outaouais, trafiquent leur identité pour se déclarer Ontariens afin de ne pas payer d’impôt au Québec, obligeant ainsi l’ensemble des autres contribuables de toutes les régions du Québec à payer leur part.

Certains résidants des régions frontalières se livrent effectivement à l’évasion fiscale. Des Québécois qui habitent près de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick, des États-Unis utilisent divers stratagèmes pour éviter de payer leur impôt au Québec. Par exemple, ils déclarent une fausse adresse en Ontario ou choisissent d’y immatriculer leur véhicule. Ces stratagèmes sont souvent soulevés par les médias, particulièrement ceux de l’Outaouais.

Nous sommes conscients de la situation et, depuis 2003, notre gouvernement est intervenu auprès de 1 300 contribuables. Nous allons poursuivre et intensifier les actions afin d’augmenter le nombre de vérifications et d’optimiser le résultat des interventions.

Même si le Québec favorise l’immigration francophone, on n’exige pas de tous les immigrants venus s’installer au Québec qu’ils sachent parler français, ni avant d’obtenir un emploi ni avant de devenir citoyens canadiens.

La connaissance du français demeure optionnelle au Québec, y compris parmi les gens qui s’y sont établis de longue date. (…) L’ignorance ou la méconnaissance du français obligent un grand nombre de personnes autour d’eux à parler anglais, notamment au travail.

Au cours de la dernière année, notre gouvernement a ajouté près 90 millions $ à des programmes visant à améliorer l’enseignement du français et à accentuer la francisation et l’insertion en milieu de travail des immigrants.

Il est également important de préciser que 60 % des immigrants connaissent déjà notre langue à leur arrivée au Québec. Pour ceux qui ne parlent pas le français, nous avons agi afin de renforcer les mesures existantes. Au cours de la dernière année, le gouvernement libéral a annoncé :

  • plus de cours et plus souvent, et ce, à l’étranger comme au Québec;
  • la gratuité des cours de français à l’étranger;
  • des cours en ligne (produit unique au Canada);
  • la volonté de rejoindre les groupes qui ne s’inscrivent pas spontanément aux cours de français, ainsi que les Québécois qui ont immigré il y a plusieurs années et qui n’ont pu avoir accès à de tels cours;
  • la francisation en entreprise (crédit d’impôt versé à l’employeur);
  • l’augmentation du soutien financier pour la participation aux cours, etc.

L’ensemble des mesures sont détaillées dans les communiqués qui peuvent être consultés aux adresses Internet suivantes :

http://www.communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Octobre2008/22/c8455.html et http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Mars2008/17/c4647.html

Depuis 3 ans, grâce à notre gouvernement, le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles a vu son budget en francisation augmenter de plus de 15 millions $, soit une hausse moyenne de 11 % par année. C’est près de 36 millions $ de plus pour les 3 prochaines années. Pour la seule année 2008-2009, c’est un total de 56 millions $ pour la francisation.

Outre la francisation, pour assurer l’intégration des immigrants, nous avons agi sur 3 autres fronts : l’adhésion des valeurs communes du Québec, l’accès à un emploi et la valorisation de la diversité (lutte contre la discrimination et les inégalités). Nous vous référons à la Stratégie globale d’intégration des immigrants annoncée en octobre dernier :
http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Octobre2008/29/c2621.html

6. Santé et services sociaux

Le gouvernement du Québec a choisi de construire deux grands centres hospitaliers universitaires d’importance égale à Montréal : l’un qui fonctionnera en anglais et l’autre en français. Compte tenu du poids démographique de la population de langue maternelle anglaise au Québec, soit 8 %, l’État québécois consacrera ainsi une somme disproportionnée à former en anglais des médecins qui travailleront la plupart du temps en anglais, lorsqu’ils n’iront pas tout bonnement pratiquer la médecine hors du Québec.

La décision de financer la construction de deux centres hospitaliers à Montréal aura pour effet de siphonner à Montréal une partie disproportionnée des dépenses en matière de santé, alors que certaines régions, notamment l’Outaouais, souffrent cruellement d’installations insuffisantes et d’une pénurie de médecins et d’infirmières.

Montréal est le centre d’expertise médicale de troisième et quatrième ligne et le centre de la recherche médicale, clinique et pharmaceutique au Québec. Il est normal que, pour la qualité et l’évolution des soins de santé au Québec, comme pour l’essor de l’industrie biopharmaceutique, des centres hospitaliers de pointe continuent de s’y développer.

Il existe depuis de nombreuses années deux grands hôpitaux à Montréal, héritiers des traditions des plus anciennes et des plus réputées sur les plans national et international. Nous reconnaissons l’excellence de ces centres universitaires et nous devons en préserver la qualité et l’apport exceptionnel en contribuant financièrement à la modernisation de ces deux centres hospitaliers universitaires.

Selon des témoignages de patients, la santé des Québécois serait menacée dans les hôpitaux anglophones du Québec, les services n’y étant pas disponibles en tout temps en français.

De manière générale, il n’existe pas de services ou de soins qui ne soient pas disponibles en français, en tout temps, dans les hôpitaux du Québec. Les francophones comme les anglophones reçoivent d’excellents soins au Québec, peu importe si les centres hospitaliers ont un statut francophone ou bilingue.

7. Services publics et gouvernementaux

Le gouvernement du Québec adopte lui-même des pratiques humiliantes, infériorisantes et banalisantes à l’endroit des Québécois. Par exemple, un grand nombre de messages d’accueil des boîtes vocales gouvernementales offrent en premier accès au message en anglais avant que le message en français n’ait été entièrement entendu.

Depuis 2007, l’OQLF porte une attention particulière et soutenue aux messages d’accueil des systèmes interactifs de réponse vocale et des boîtes vocales au sein du gouvernement et de ses organismes. Il a d’abord publié et distribué un document intitulé : « La place du français dans les messages d’accueil de l’administration publique au Québec », dans tous les ministères et organismes, ainsi que dans le réseau des municipalités du Québec.

En mars et en septembre 2008, l’Office a procédé à l’écoute des messages téléphoniques, tant ceux de jour que ceux de soir et des fins de semaine, utilisés dans plus de 160 ministères et organismes. Il a pu ainsi noter que plusieurs d’entre eux avaient ajusté, dans l’intervalle, leur message d’accueil selon les recommandations de l’Office. D’autres rencontres et communications sont prévues dans l’avenir.

Dans ses communications écrites avec les autres gouvernements et avec les personnes morales établies au Québec, il n’est pas rare de voir l’Administration gouvernementale utiliser l’anglais bien que la Charte stipule le contraire : L’Administration utilise la langue officielle.

Les communications du gouvernement du Québec avec le gouvernement fédéral et le gouvernement d’une province qui a le français comme langue officielle se font exclusivement en français.

Les communications adressées à d’autres gouvernements provinciaux se font en français et peuvent être accompagnées d’une version anglaise, sur papier sans en-tête et sans signature avec la mention TRANSLATION.

Le gouvernement communique en français avec les entreprises établies au Québec. Il peut, sur demande, ajouter la traduction d’une correspondance sur papier sans en-tête et sans signature avec la mention TRADUCTION.

(Source : Contrats et relations des ministères et des organismes avec les gouvernements fédéral, provinciaux et étrangers – Politique linguistique gouvernementale, point 10).

La primauté du français, sa défense et sa promotion, est une valeur fondamentale pour le Parti libéral du Québec, pour le Québec et les Québécois. Au lendemain du 8 décembre, nous allons ensemble continuer à faire des efforts en ce sens.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de mes meilleurs sentiments.

Christian Ouellet
Président de la Commission politique
Parti libéral du Québec


Réponses de l’Action démocratique du Québec
Questionnaire d’Impératif français sur les droits linguistiques fondamentaux de tous les Québécois

Le monde de l’éducation

1) Le nombre d’élèves fréquentant les écoles anglaises privées et non subventionnées sans détenir de certificat d’admissibilité à l’enseignement en anglais ne cesse d’augmenter.

L’ADQ croit aux principes qui sont actuellement véhiculés par la Loi 101 en ce qui a trait aux prérequis pour fréquenter l’école publique anglaise au Québec. Cela dit, nous sommes disposés à évaluer plus en profondeur la problématique soulevée, en tout respect de l’autonomie des individus et des institutions d’enseignement privées.

2) L’élève qui fréquente l’école de langue anglaise à Montréal a deux fois plus de chances d’obtenir son certificat d’études secondaires que celui qui va à l’école de langue française.

Le décrochage scolaire est un véritable fléau pour notre société. Les jeunes d’aujourd’hui constituent la richesse du Québec de demain. Nous ne pouvons nous permettre de « perdre » un seul enfant. Nous devons donc tout faire pour leur venir en aide et leur fournir les ressources pédagogiques, de manière à redresser la situation du décrochage scolaire au Québec. C’est dans cette optique que l’ADQ s’est engagée à diminuer le taux de décrochage scolaire à 10% globalement au Québec et à faire diminuer l’échec chez les garçons à 15%, le tout dans un mandat de 4 ans.

3) Plus de la moitié des étudiants allophones s’inscrivent aux cégeps anglophones. De nombreux étudiants francophones en font autant, si bien que dans l’ensemble, le libre-choix de la langue des études collégiales ne profite qu’aux cégeps anglophones.

En tant que formation autonomiste, l’ADQ croit au potentiel des individus et encourage les élèves de toute langue et de toute origine à entamer des études supérieures. Cela dit, nous comptons travailler en étroite collaboration avec les universités francophones. Nous sommes d’ailleurs favorables au projet de règlement de la ministre de l’Éducation pour la hausse des frais de scolarité pour les étudiants étrangers. En récupérant un montant supplémentaire de la part des étudiants étrangers, les universités francophones pourront être plus compétitives dans l’attraction de ces mêmes étudiants et dans leur prestation de services en francisation.

4) Il y a un lien démontré entre la langue des études collégiales et universitaires et la langue de travail: ceux qui étudient en anglais sont susceptibles de travailler en anglais.

L’ADQ réitère son attachement à l’égard de la langue française et est disposée à étudier la situation de manière plus approfondie.

5) Des études démontrent que les universités québécoises de langue française sont sous-financées par rapport aux universités de langue anglaise.

Pour redresser le financement des études postsecondaires, l’ADQ a donné son aval à un dégel des frais de scolarité qui suit l’indexation de l’indice des prix à la consommation, de manière à permettre aux universités d’avoir la marge de manœuvre nécessaire à un réinvestissement dans leurs infrastructures et dans le redéploiement de services aux étudiants. Soucieuse d’assurer aux étudiantes et aux étudiants du Québec des services de qualité, l’ADQ entend bonifier le programme de bourses. L’ADQ souhaite faire de l’école de demain, un milieu dynamique où le sentiment d’appartenance envers l’institution s’accentue de jour en jour.

La langue de travail

1) L’usage du français au travail n’est pas encore généralisé : dans la région métropolitaine de Montréal, le pourcentage d’allophones qui travaillent surtout en français n’est que de 45%.

Suite à la publication du rapport du démographe Marc Termote au printemps dernier, l’ADQ a multiplié les interventions auprès du gouvernement pour protéger l’avenir de la langue française dans la Métropole. Nous avons notamment demandé au gouvernement de revenir sur la hausse des seuils d’immigration pour la période allant de 2008 à 2010, le temps que les outils se déploient en nombre suffisant pour franciser et intégrer les immigrants déjà au Québec, afin de ne pas assister les bras croisés au déclin du fait français à Montréal.

2) L’anglais demeure trop souvent la langue de travail au Québec. Cette pratique d’exclusion ou de discrimination prive de nombreux Québécois et Québécoises de leur droit de travailler et de leur droit de travailler en français. Un très grand nombre d’offres d’emploi exigent la connaissance de l’anglais, alors que la Charte affirme pourtant clairement que « les travailleurs ont le droit d’exercer leurs activités en français. »

Bien qu’il soit un atout non négligeable de maîtriser plusieurs langues, l’ADQ croit que le français comme langue de travail doit primer. La culture québécoise s’exprime par la beauté et les rudiments de la langue française. Une meilleure application de l’actuelle Loi 101 permettrait certainement d’assurer la pérennité du français comme langue de travail.

3) Moins de 20 % des comités de francisation sont actifs dans les grandes entreprises de plus de 100 employés.

L’ADQ croit fermement qu’une intégration dans le milieu professionnel permet à l’immigrant de se familiariser avec les valeurs du Québec, tout en se dotant d’un réseau de contacts susceptibles de l’aider dans son processus de francisation. Les grandes entreprises ont une responsabilité dans le processus d’intégration et de francisation de nos immigrants. Nous devons tous ensemble mettre l’épaule à la roue pour accueillir correctement les nouveaux arrivants et faciliter leur intégration. Par conséquent, l’incitatif financier suggéré à la question suivante peut également faire en sorte de supporter les entreprises dans leurs initiatives de prestations de services à l’égard de leurs employés.

4) Les entreprises de moins de 50 employés ne sont toujours pas tenues d’avoir un programme de francisation .

L’ADQ entend promouvoir la francisation des immigrants en entreprises. Par le biais d’un incitatif financier, l’ADQ encouragera les entreprises de petite et de moyenne taille qui ne peuvent offrir des cours de francisation à leurs employés à se regrouper ensemble et à être chef de file du processus de francisation et d’intégration des immigrants.

5) Les allophones unilingues anglais ont toujours des revenus supérieurs aux allophones parlant français, soit 27 216 $ contre 21 233 $ pour les hommes et 18 996 $ contre 15 551 $ pour les femmes. (C.D. Howe)

Plusieurs facteurs sont à prendre en considération, dont le niveau de qualification, l’expérience et le type d’emploi. Notre mesure de francisation en entreprise permettra de mieux outiller les nouveaux arrivants dans l’exercice de leurs fonctions.

Consommation

1) Un grand nombre de commerces ont toujours des pratiques d’embauche irrespectueuses de leur clientèle, embauchant du personnel incapable de recevoir et de servir le public en français.

L’ADQ tient à réitérer que le français est la langue officielle du Québec. Nous souhaitons travailler de concert avec les employeurs dans ce dossier, pour outiller les travailleurs et offrir des services de qualité à la population du Québec.

2) Presque toutes les grandes entreprises ont toujours des pratiques anglicisantes pour le Québec: leurs publicités (circulaires, affiches) sont bilingues au Québec alors qu’elles sont unilingues anglaises au Canada anglais.

Une application plus stricte de la Loi 101, incluant un meilleur suivi, permettra à l’affichage, de même qu’à la publicité, d’offrir une visibilité plus grande au français. C’est le choix que nous avons fait en tant que société, il y a de cela plusieurs décennies. Nous respectons les grands jalons de cette politique et nous entendons donner des directives précises aux inspecteurs.

3) Un grand nombre d’entreprises n’ont toujours pas de version française de leur site Web ou ont une version abrégée ou encore infériorisent et bafouent leurs clients du Québec en les accueillant dans une page d’accueil unilingue anglaise avec une « minuscule » icône française souvent difficile ou impossible à trouver.

Nous faisons confiance au service à la clientèle de ce type d’entreprises pour bien s’ajuster au marché et aux besoins de sa clientèle. Néanmoins, l’ADQ estime qu’un contrôle plus serré de la part des inspecteurs de l’Office québécois de la langue française et l’application plus ferme de la Loi 101 pourront certainement améliorer l’accessibilité à de l’information visible et de qualité sur le web. Il importe de présumer la bonne foi. Nous sommes convaincus qu’en travaillant de pair avec ces entreprises, il sera possible de faire cheminer la cause du français.

4) Un nombre croissant d’entreprises refusent de respecter le contexte culturel du Québec en imposant des noms d’entreprise en anglais : Toys R Us, Payless Shoe Source, Future Shop, Wall Mart, Best Buy, Canadian Tire, Burger King, Colour Your World, Second Cup, East Side Mario, etc.

L’ADQ réitère son appui à l’Office québécois de la langue française dans ce dossier. Nous devons travailler de concert avec les organismes de vérification et de l’application de la Loi 101, de manière à voir si des infractions sont commises au niveau de l’affichage ou de la publicité par exemple. Une sensibilisation accrue auprès des employeurs peut également être bénéfique pour rappeler l’importance historique de la langue française au Québec.

Culture

1) La Loi du cinéma est de moins en moins en mesure de promouvoir et de protéger l’identité québécoise, puisque les écrans des salles de cinéma projettent de plus en plus de films étrangers non accessibles en français ou qui ne le sont que tardivement.

Afin de promouvoir la qualité de la langue française et une plus grande accessibilité des produits dérivés, le député de Berthier a déposé en Chambre au nom de l’ADQ, le projet de loi 193 sur le doublage des films au Québec le 6 juin 2007. Malheureusement, le gouvernement de Jean Charest a refusé d’étudier ce projet de loi et ne l’a jamais mis au feuilleton malgré la bonne collaboration dont nous souhaitions faire preuve dans ce dossier.

2) Télé-Québec ne peut remplir adéquatement sa mission de télé publique, culturelle et éducative de langue française avec ses faibles cotes d’écoute et son budget insuffisant.

L’ADQ s’est prononcée en faveur du principe de redevances envers les stations généralistes comme TQS ou Télé-Québec. L’ADQ a plaidé en la faveur des stations généralistes devant le CRTC. Cela permettrait à ces stations d’avoir un budget supplémentaire et de le réinvestir dans sa programmation.

3) On voit de plus en plus d’artistes québécois de la chanson créer et développer leur répertoire uniquement en anglais, ou presque, sans égard aux marchés francophones et non anglophones du Québec, du Canada, de la francophonie ou d’ailleurs dans le monde.

L’ADQ entend encourager directement les artistes québécois dans la réalisation de leurs projets à vocation culturelle, plutôt que d’injecter massivement de l’argent dans la bureaucratie administrative. La réussite des Québécoises et des Québécois est un gage de succès sur le plan collectif. Ainsi, l’ADQ entend respecter les initiatives des créateurs québécois. Ils jouissent d’une autonomie décisionnelle quant à leur plan de carrière. Cela dit, chaque Québécois qui perce le marché francophone ou anglophone est un bon ambassadeur pour le Québec.

4) Le CRTC autorise de plus en plus l’anglicisation et l’américanisation des ondes québécoises. Les câblodistributeurs et les compagnies de diffusion par satellite diffusent 3 ou 4 fois plus de stations de radio et de télévision de langue anglaise que de langue française. Cette discrimination avantage les stations étrangères de langue anglaise (surtout des États-Unis) au détriment des stations de langue française, ce qui favorise l’érosion culturelle.

Afin de protéger le joyau culturel du Québec, l’ADQ estime nécessaire de rapatrier les pouvoirs en matière de culture et de télécommunications. Il s’agit d’un pan fondamental de notre politique autonomiste en matière de culture. Cela permettrait aux autorités compétentes de prendre les décisions qui s’imposent quant à la protection et à la valorisation de la culture québécoise.

Identité québécoise

1) De trop nombreux résidants du Québec, surtout en Outaouais, trafiquent leur identité pour se déclarer Ontariens afin de ne pas payer d’impôt au Québec, obligeant ainsi l’ensemble des autres contribuables de toutes les régions du Québec à payer leur part.

Nous sommes disposés à étudier plus amplement ce phénomène et à analyser de manière rigoureuse les études statistiques qui y sont rattachées.

2) Même si le Québec favorise l’immigration francophone, on n’exige pas de tous les immigrants venus s’installer au Québec qu’ils sachent parler français ni avant de s’établir, ni avant d’obtenir un emploi, ni avant de devenir citoyens canadiens.

L’ADQ entend modifier la grille de sélection des immigrants pour que ces derniers soient sélectionnés, en premier lieu, pour répondre aux besoins de main-d’œuvre dans les différents secteurs d’activités du Québec. Un gouvernement de l’ADQ entend développer une politique d’immigration globale et cohérente, de manière à respecter la capacité d’accueil du Québec. Par conséquent, nous souhaitons mettre à la disposition des immigrants les outils nécessaires à une bonne intégration sociale, économique et linguistique. Le primat sera donc accordé à la qualification des immigrants et à leur capacité à venir construire le Québec de demain avec nous, dans l’optique de combattre le déclin démographique et le vieillissement de la population.

3) La connaissance du français demeure optionnelle au Québec, y compris parmi les gens qui y sont établis de longue date. À Gatineau et dans sa banlieue, un quart des jeunes adultes de langue maternelle anglaise ne savent pas du tout parler français. L’ignorance ou la méconnaissance du français de certains obligent un grand nombre de personnes autour d’eux à parler anglais, notamment au travail.

Ces gens ne sont pas moins Québécois pour autant. Il est du devoir de l’État et de la société de bien les sensibiliser à l’importance de la place du français au Québec et à les supporter dans l’hypothèse où ces personnes aimeraient apprendre les rudiments de la langue de Molière.

4) L’ignorance ou la méconnaissance du français est un facteur de division de la société québécoise. Les gens qui ne savent pas parler français se sentent moins québécois et participent peu à la construction de l’identité québécoise. Ils vivent dans leur univers, bien branchés sur Ottawa ou Toronto. C’est une sorte d’apartheid linguistique et culturel.

La proposition de l’ADQ visant à instaurer une constitution québécoise de manière non partisane permettra d’identifier clairement les valeurs fondamentales du Québec et d’accentuer le sentiment d’appartenance des citoyens de tout âge et de toute origine à l’égard de la nation québécoise. L’ADQ entend donc poser des gestes rassembleurs, de manière à édifier le Québec de demain.

5) La langue française est dévalorisée dans certains domaines, notamment dans les sciences. On enfonce dans l’esprit des Québécois l’idée que leur langue nationale est insuffisante et que l’anglais est nécessaire pour accéder à la connaissance. Le Québec n’a pas de stratégie efficace pour rehausser la place du français dans le monde de la recherche et dans le milieu universitaire.

Il est possible que certains ouvrages de référence du milieu scientifique soient plus difficiles d’accès en langue française selon l’éditeur, mais il n’en demeure pas moins que l’accès aux études universitaires et aux chaires de recherches deviennent de plus en plus possible pour les Québécoises et Québécois francophones. Les découvertes du milieu scientifique québécois doivent devenir une fierté pour la société et ouvre le Québec sur le monde. Nous devons construire autour de ces réussites.

Santé et services sociaux

1) Le gouvernement du Québec a choisi de construire deux grands centres hospitaliers universitaires d’importances égales à Montréal : l’un qui fonctionnera en anglais et l’autre en français. Compte tenu du poids démographique de la population de langue maternelle anglaise au Québec, soit 8 %, l’État québécois consacrera ainsi une somme disproportionnée à former en anglais des médecins qui travailleront la plupart du temps en anglais lorsqu’ils n’iront pas tout bonnement pratiquer la médecine hors du Québec.

L’ADQ estime que les Québécoises et Québécois adoptant l’anglais comme langue maternelle ont droit à des services de qualité, au même titre que les francophones du Québec. Il s’agit de conserver une certaine cohésion sociale. Pour l’ADQ, le français demeure tout de même la langue officielle du Québec.

2) La décision de financer la construction de deux centres hospitaliers à Montréal aura pour effet de siphonner à Montréal une partie disproportionnée des dépenses en matière de santé, alors que certaines régions, notamment l’Outaouais, souffrent cruellement d’installations insuffisantes et d’une pénurie de médecins et d’infirmières.

L’ADQ a proposé l’instauration d’un véritable système de santé mixte au Québec, où le privé viendrait supporter le secteur public. Ainsi, ce système mixte permettrait de désengorger le réseau public et permettrait aux usagers du réseau d’attendre moins longtemps. De plus, l’ADQ encourage la création de coopératives de santé aux quatre coins du Québec. Les citoyens déboursent une certaine cotisation, bâtissent un projet ensemble pour se doter d’un service de santé. L’ADQ soutient ce genre d’initiatives locales.

3) Selon les témoignages de patients, la santé des Québécois serait menacée dans les hôpitaux anglophones du Québec, les services de santé n’y étant pas disponibles en tout temps en français.

Nous sommes disposés à étudier plus amplement cette problématique. Cela dit, il y a un principe fondamental au Québec voulant que nous devons venir en aide aux personnes les plus vulnérables et dont la vie peut être en danger.

Services publics et gouvernementaux

1) Le gouvernement du Québec adopte lui-même des pratiques humiliantes, infériorisantes et banalisantes à l’endroit des Québécois. Par exemple, un grand nombre de messages d’accueil des boîtes vocales gouvernementales offrent en premier l’accès au message en anglais avant que le message en français n’ait été entièrement entendu.

L’ADQ entend mettre à contribution l’Office québécois de la langue française pour sensibiliser les organismes gouvernementaux et ministères au fait que le français est la langue officielle du Québec. En concertation avec les organismes du milieu, nous devons faire en sorte que le français soit mis à l’avant-plan, sans toutefois pénaliser les services offerts aux personnes de langue anglaise.

2) Dans ses communications écrites avec les autres gouvernements et avec les personnes morales établies au Québec, il n’est pas rare de voir l’Administration gouvernementale utiliser l’anglais bien que la Charte stipule le contraire : « l’Administration utilise la langue officielle. »

Bien que les personnes de langue anglaise ont droit, au même titre que les francophones, à des services de qualité, il n’en demeure pas moins que la langue officielle du Québec est le français. L’ADQ trouve important que le français soit mis à l’avant-plan au sein des services gouvernementaux. Il n’en demeure pas moins que des informations en langue anglaise peuvent être transmises, mais il importe à tout le moins d’approcher la clientèle en français au point de départ.


Réponses du Parti québécois

Nous avons bien reçu votre questionnaire du 15 novembre dernier. Au nom de la chef du Parti Québécois, Pauline Marois, permettez-moi d’y donner suite.

Le Plan Marois, dévoilé au début de la campagne, énumère les engagements pour un Québec gagnant. La seule formation qui s’est engagée fermement à améliorer la situation du français au Québec est le Parti Québécois.

Pour ce faire, le Parti Québécois compte se battre pour récupérer tous les pouvoirs que les Québécois considèrent essentiels pour préserver leur identité, continuer à défendre leurs intérêts et assurer leur avenir : la langue, l’immigration, la culture, les communications et les relations internationales reliées à nos champs de compétence. Le Parti Québécois s’engage aussi à renforcer le statut de la langue française en modifiant la Charte de la langue française, notamment pour :

  • S’assurer de l’utilisation du français comme langue de l’administration dans les relations de l’État avec les entreprises et les citoyens;
  • Mettre en place des mesures spécifiques pour franciser les entreprises et commerces (1 à 50 employés) en tenant d’abord compte de certains critères comme le nombre d’employés et leurs liens directs avec les consommateurs. Afin d’aider les entreprises et commerces dans ces démarches, des mesures fiscales incitatives seront mises en place;
  • Exiger de tout employeur dont les conditions d’embauche pour un emploi demandant la connaissance d’une autre langue de démontrer la nécessité de cette connaissance pour occuper l’emploi;
  • Donner plus de pouvoirs à l’Office québécois de la langue française et tous les moyens nécessaires pour faire appliquer la loi.

Pour permettre à la culture québécoise de continuer à rayonner, il faut placer les arts et la culture au cœur de notre projet. Nous nous engageons donc à :

  • Rapatrier d’Ottawa les compétences, les budgets et les fonctionnaires associés à la culture et aux communications. Les lois et les institutions fédérales sont insensibles à l’identité culturelle spécifique québécoise et il revient au Québec d’administrer pleinement ce domaine vital pour la nation québécoise;
  • Permettre à Télé-Québec, la seule télévision publique ayant une mission éducative et culturelle, d’accroître sa capacité de production en région et ses liens avec le réseau de l’éducation;
  • Soutenir davantage les artistes et les institutions culturelles, notamment en région;
  • Appuyer les réseaux actuels afin d’accélérer la circulation nationale et régionale des œuvres et des artistes;
  • Favoriser « l’occupation culturelle » du territoire en s’assurant que toutes les MRC et leurs municipalités aient une politique culturelle;
  • Oeuvrer à l’adoption d’une convention sur la protection et la promotion de la diversité linguistique en élaborant un plan d’alliances stratégiques avec la Francophonie internationale, les pays latins et les autres nations préoccupées par cet enjeu, et mettre en œuvre la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles;
  • Renforcer les partenariats entre les ministères de l’Éducation et de la Culture.

En regard de l’éducation, le Parti Québécois s’engage à faciliter l’accès aux études supérieures en réinvestissant 400 M$ dans l’enseignement supérieur; en révisant et modifiant la structure de financement des institutions d’enseignement postsecondaire situées en région. De plus, le Parti Québécois s’engage à organiser, dès le début d’un premier mandat, un sommet québécois sur le financement des études postsecondaires.

Le 8 décembre prochain, tous les citoyens du Québec seront appelés à choisir le parti qui représente le mieux leurs idées et leur vision de l’avenir. Nous croyons fermement que seule l’équipe du Parti Québécois peut faire du Québec, un Québec gagnant.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Martin Caillé
Directeur de cabinet adjoint et
Directeur du contenu
Campagne électorale 2008
mfdeschamps@pq2008.org


Réponses de Québec Solidaire

Je vous remercie de nous avoir écrit. Tout comme vous, je suis très préoccupée par l’évolution de l’usage du français au Québec. La liste de vos commentaires reflète bien, dans l’ensemble, le recul actuel du français dans diverses parties de notre société. Toutefois, nous faisons un bilan plus positif que vous car le Québec connaît aussi des gains dans l’objectif de faire du français la langue publique commune.

Cela étant dit, nous proposons plusieurs mesures visant à faire avancer le français au Québec.

Pour améliorer l’éducation en français, nous mettrons tout particulièrement l’accent sur les programmes scolaires. Nous voulons « revoir et modifier au besoin les programmes d’enseignement de la langue française à tous les niveaux d’enseignement, incluant les programmes universitaires de formation des maîtres » (cf. point 6.1.7. de nos engagements).

En ce qui concerne le français au travail, l’action de Québec solidaire portera sur la création de congés linguistiques, le jumelage entre immigrant-es et personnes habitant au Québec depuis longtemps ainsi que l’amélioration de la francisation des immigrant-es et des lieux de perfectionnement du français en général (cf. engagements 6.1.1 à 6.1.6). Pour veiller à ce que les entreprises manifestent leur présence ici, au Québec, en français, nous comptons « renforcer l’application de la Charte de la langue française afin de faire du français la langue de travail et des communications publiques (dans le respect des exceptions prévues par la loi) » (cf. engagement 6.1.1.).

Au chapitre de la culture et de l’identité québécoises dans l’ensemble de la société et des médias, Québec solidaire a pris de multiples engagements (cf. les volets 6.2 et 6.3) en faveur d’un plus grand épanouissement artistique et médiatique propres au Québec. Nous encourageons les productions québécoises et leur rencontre optimale, en qualité et en quantité, avec la population, notamment en prévoyant « la participation annuelle de tous les élèves et étudiants-es du Québec, du niveau primaire au niveau collégial, ainsi que des immigrants en formation linguistique, à quatre manifestations artistiques professionnelles produites au Québec, soit une exposition d’art visuel, une oeuvre de danse chorégraphiée, une oeuvre musicale et une oeuvre théâtrale » (cf. engagement 6.2.1).

Enfin, au sujet des nouveaux «super-hôpitaux", le porte-parole Amir Khadir a présenté la position de Québec solidaire sur le projet du méga-hôpital du CHUM ainsi: « Il y a un sujet que personne n’ose aborder et qui est pourtant central. Pourquoi rien n’est-il fait pour éviter les dédoublements inutiles de services et de spécialités pointues avec le CUSM? Dans un contexte de récession annoncée, pourquoi gaspiller des millions de dollars? » S’il était au pouvoir, Québec solidaire exigerait des synergies entre les deux centres de façon à mieux utiliser de précieuses ressources humaines et matérielles.

Alexa Conradi
Présidente de Québec solidaire, argumentaires@quebecsolidaire.net

p.j.: Engagements électoraux, automne 2008


Réponses du Parti vert du Québec

Le français est une préoccupation constante du Parti vert du Québec. Plusieurs des articles de son programme considèrent la langue française.

Je vous en cite quelques extraits :

  • Demander au gouvernement du Québec de reconnaître les effets de la transformation de la réalité linguistique de la métropole et de réclamer un plan d’action mettant l’accent sur des mesures incitatives et mobilisatrices.
  • Élargir le processus de francisation de la langue de travail dans les entreprises de 50 à 25 employés dans le cadre actuel de la loi.
  • Attribuer les moyens nécessaires à l’Office québécois de la langue française lui permettant de réaliser son mandat sur le terrain.
  • Faciliter et intensifier l’apprentissage du français et l’intégration des personnes immigrantes notamment dans l’enseignement collégial et technique.

Je vous remercie de votre intérêt pour le Parti vert du Québec.

Jeannine Beaudoin
Parti vert du Québec
janinebeaudoin@pvq.qc.ca


Réponses du Parti indépendantiste

Le monde de l’éducation
Le Parti indépendantiste sait que les institutions d’enseignement postsecondaires constituent un puissant vecteur d’intégration. C’est pourquoi les allophones devraient obligatoirement fréquenter les cégeps français. Encore une fois, les gouvernements successifs péquistes et libéraux ont fait preuve d’un manque flagrant de vision nationale en n’étendant pas l’application de la Charte de la langue française en matière d’enseignement au niveau collégial. En étudiant dans les cégeps anglais subventionnés par l’État québécois, plus de la moitié des allophones y reçoivent une formation qui les prépare soit à étudier dans les universités anglaises ou à exercer leur métier au Québec en anglais. On ne doit pas se surprendre de voir l’anglais s’imposer de plus en plus comme langue de travail à Montréal. Ce sont les Québécois unilingues français et les nouveaux arrivants qui ne parlent pas l’anglais qui en paient le prix. Dans un Québec indépendant, sous la gouverne du Parti indépendantiste, le cégep français deviendra obligatoire pour tous. La Loi 101 sera renforcée afin de rendre le français obligatoire des CPE au cégep. Un seul réseau scolaire public en français sera financé par l’État québécois, comme dans tous les pays normaux. Ces mesures en éducation permettront d’assurer l’intégration des nouveaux arrivants à notre nation et contribueront à lutter contre l’anglicisation des milieux de travail.

La langue de travail
Le Parti indépendantiste déplore que, 30 ans après l’adoption de la Loi 101, le français ne soit toujours pas la langue de travail au Québec et que l’anglicisation des milieux de travail dans la région de Montréal et en Outaouais ne cesse de s’accélérer. Camille Laurin, père de la Charte de langue française, avait raison d’affirmer en 1977 que sans l’indépendance le Québec français ne pourrait véritablement se concrétiser. Aucune mesure incitative ne pourra faire en sorte que toutes les entreprises se francisent. Les certificats de francisation ont démontré leur limite. Pour que le français devienne la véritable langue de travail sur tout le territoire québécois, nous devons réaliser l’indépendance du Québec et renforcer la Loi 101 en y incluant des mesures coercitives fortes. Toutes les entreprises ayant des activités au Québec, peu importe leur taille, devront offrir un milieu de travail français sous peine d’amende. Aucune entreprise ne pourra exiger la connaissance de l’anglais comme critère d’embauche à moins de faire la preuve de la nécessité d’une maîtrise de cette langue justifiée par un poste de travail en lien avec des activités internationales qui requièrent une telle connaissance. Les Québécois doivent pouvoir travailler dans leur langue dans leur propre pays et ne pas être pénalisés parce qu’ils ne maîtrisent pas l’anglais. Aussi, toutes les communications de l’État québécois avec des entreprises ayant des activités au Québec devront se faire dans la langue officielle de l’État, le français.

Consommation
Pour que le français devienne la véritable langue officielle sur tout le territoire québécois, nous devons réaliser l’indépendance du Québec et renforcer la Loi 101.

Culture
Un gouvernement du Parti indépendantiste adoptera une politique nationale sur les communications et télécommunications et créera un CRTQ, une télévision et une radio nationales. Il soutiendra également adéquatement les créateurs d’œuvres artistiques.

Identité québécoise
Dans un Québec indépendant, sous la gouverne du Parti indépendantiste, l’immigration sera intelligemment contrôlée. L’État québécois jouera un rôle central au niveau de l’intégration citoyenne et linguistique des nouveaux arrivants, condition essentielle au fonctionnement harmonieux de notre société et à la cohésion nationale. Le pays du Québec sera de langue française et les nouveaux arrivants devront donc s’y intégrer en respectant notre langue, notre culture, nos lois et nos valeurs, telles l’égalité homme-femme, la séparation de l’Église et de l’État et la laïcité de nos institutions publiques et de l’espace public, cette dernière ne remettant nullement en cause la liberté de culte ni la sauvegarde de notre patrimoine religieux chrétien. Le respect de ces exigences conditionnera l’obtention de la citoyenneté québécoise.

Santé et services sociaux
Le Parti indépendantiste désapprouve la construction du méga centre hospitalier universitaire de langue anglaise de l’Université McGill (MUHC) et demande au gouvernement du Québec de mettre un terme au projet. La construction de deux mégas centres hospitaliers universitaires à Montréal, l’un de langue française et l’autre de langue anglaise, financés à parts égales par l’État québécois constitue une aberration compte tenu du faible poids démographique de la population de langue maternelle anglaise. Le Québec est officiellement un État français. Les fonds publics ne doivent donc pas servir à financer des projets qui servent à angliciser et à assimiler notre peuple. Le Parti indépendantiste propose la construction d’un seul centre hospitalier universitaire en français à Montréal réunissant les facultés de médecine de l’Université de Montréal et de l’Université McGill. Ainsi, les nouveaux médecins seront formés en français, la recherche s’effectuera en français et les soins prodigués aux patients le seront en français. Fini l’exode des médecins formés à McGill à même les impôts des contribuables québécois et les Québécois qui se font soigner par des médecins et infirmières qui ne parlent pas un mot de français. Dans un Québec indépendant, sous la gouverne du Parti indépendantiste, l’État québécois financera un seul système public de santé fonctionnant en français. Bien sûr, les anglophones continueront à recevoir des soins dans leur langue.

Services publics et gouvernementaux
Sous la gouverne du Parti indépendantiste, toutes les communications de l’État québécois devront se faire dans la langue officielle de l’État, le français.


Bon vote!

Nous remercions les formations politiques qui ont pris la peine de répondre à vos questions.

Impératif français invite les électeurs et les électrices à se rendre nombreux voter lundi 8 décembre prochain voter. Bon vote!

Source :
Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français
Recherche et communications
Tél. : 819 684-8460
www.imperatif-francais.org