DÉRIVE DE L’OQLF

Monsieur Yves Larivée,
Coordonnateur
Direction du traitement des plaintes
Office québécois de la langue française

V/Réf.: 41098

 

Monsieur,

Je viens de recevoir votre lettre datée du 29 mai 2008 m’informant de votre décision relativement à ma plainte au sujet de la compétition de ski de fond «Gatineau Loppet».

Vous rejetez ma plainte en disant qu’elle porte sur la qualité de la langue, ce qui est absolument faux.

Le nom de la compétition est un nom anglais. En français, on dirait «Loppet de Gatineau». Ce n’est aucunement un problème de qualité de la langue. On a simplement préféré un nom anglais au nom français qu’on aurait dû employer.

On retrouve en français et en anglais des mots dont les graphies sont identiques, mais la syntaxe de chaque langue prévoit un ordre particulier pour les mots ainsi que des prépositions pour les lier au besoin. Or, dans ce cas, les organisateurs de la compétition ont employé une syntaxe rigoureusement exacte en anglais, mais fautive en français. La seule conclusion logique est que c’est un nom anglais.

Vous êtes en train de me dire en somme qu’au Québec, selon vous, la Charte de la langue française autorise un organisme sportif à se donner un nom anglais sous prétexte que ce nom est écrit avec des mots dont la graphie est identique en français et en anglais.

Si l’on suit votre raisonnement, je pourrais fonder une «Gatineau Basketball Association» sans être inquiété par l’Office québécois de la langue française puisque tous les mots de ce nom seraient français. Je les aurais placés dans l’ordre anglais, je leur aurais mis des majuscules selon la règle anglaise et j’aurais omis deux prépositions. Mais, qu’à cela ne tienne, ce serait des mots français!

Votre décision est totalement inacceptable, et je vous demande de m’informer dans les plus brefs délais des recours qui sont à ma disposition.

Bernard Desgagné
Gatineau, Québec