DEUX POIDS, DEUX MESURES!

Mesdames, Messieurs les Sénateurs,
Mesdames, Messieurs les Députés,

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi, s’il vous plaît, tout le monde s’offusque du fait que la Marseillaise a été sifflée au Stade de France, le mardi 14 octobre 2008, et que tout le monde se tait, par contre, lorsque la langue française est oubliée, bafouée, humiliée ?

Pourquoi jette-t-on la pierre à quelques Arabes qui ont outragé notre hymne national et ne dit-on rien aux Français qui outragent quotidiennement notre langue nationale en lui préférant l’anglais ?

POURQUOI CE DEUX POIDS, DEUX MESURES ?

Pourquoi, par exemple, n’a-t-on pas condamné Bernard Kouchner* qui a donné récemment une entrevue en anglais en Israël, pays qui veut prétendument entrer dans l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ?

Pourquoi, également, personne n’a protesté du fait d’entendre Mme Françoise Barré-Sinoussi, qui venait d’obtenir le Prix Nobel de Médecine, donner une entrevue en anglais, et du Cambodge, qui plus est, un pays adhérent à l’OIF ?

Et que penser de toutes ces publicités en anglais en France qui font dire au Philosophe Michel Serre qu’il y a plus de mots anglais aujourd’hui sur les murs de Paris qu’il n’y avaient de mots allemands pendant l’Occupation ?

Bientôt, avec LES PLANS d’ANGLICISATION MASSIVE, élaborés et soutenus par des ministres comme Xavier Darcos qui a introduit l’anglais obligatoire à l’école dès l’âge de 7 ans pour nos enfants, comme Valérie Pécresse qui veut que l’on enseigne en anglais dans nos universités, etc., nos enfants percevront l’anglais, non plus comme une langue étrangère, mais comme leur seconde langue, voire comme leur langue tout court !

Déjà, bon nombre de jeunes Français qui se lancent dans la chanson, préfèrent chanter en anglais plutôt qu’en français. Le cas Tellier, où pour la première fois la France a chanté en anglais au concours de l’Eurovision de la chanson, n’est pas, hélas, un cas isolé.

Alors, Mesdames, Messieurs les Sénateurs, Mesdames, Messieurs les Députés, vous qui vous êtes si promptement et si justement indignés du fait que la Marseille a été sifflée au stade de France, nous vous demandons instamment de faire le nécessaire pour arrêter le processus d’anglicisation de notre pays.

Si gouverner, c’est prévoir, faites en sorte alors, s’il vous plaît, que demain notre jeunesse ne chante pas la Marseillaise en anglais.

Recevez, Mesdames, Messieurs les Sénateurs, Mesdames, Messieurs les Députés, l’expression de notre haute considération.

Régis Ravat, Jean-Pierre Colinaro, Mustafa Bensima
Pour l’A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, merci de signer notre pétition en ligne : Pétition pour demander au président de la République, Nicolas Sarkozy, de respecter ses engagements électoraux en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le tout anglais.

* L’anglais, langue facile ?

À l’image de nos élites et de nos politiciens de plus en plus nombreux à privilégier la langue anglaise aux dépens du français, oubliant, ce faisant, que notre langue, de part sa clarté et sa précision, est la langue, par excellence, du droit et de la diplomatie, Bernard Kouchner a été pris en flagrant délit d’anglomanie le 4 octobre 2008 à Ramallah, en Israël en accordant une entrevue en anglais au journal israélien Haaretz. Cette entrevue en anglais lui a valu d’être victime d’une confusion phonétique entre les mots anglais « hit » (frapper) et « eat » (manger). Ainsi, notre ministre des Affaires étrangères s’est vu dire par le quotidien israélien qu’Israël « allait manger l’Iran » si ce pays se dotait de l’arme nucléaire.

Cela dit, on se demande bien pourquoi M. Kouchner s’est exprimé en anglais en Israël, alors que le Président Sarkozy a répété maintes fois (voir notamment le discours de Caen du 9 mars 2007 et celui du 20 mars 2008) que c’est une obligation absolue (sic) pour tout représentant de la France d’employer la langue française pour communiquer à l’international. Que penser aussi, de la volonté du Président Sarkozy de faire entrer Israël dans l’Espace francophone (OIF) ; que penser de cela en effet, alors qu’un ministre français se déplaçant dans ce pays, trouve tout naturel de s’y exprimer en anglais ?

Où est la cohérence dans tout ça ?

Au même titre que la crise financière que nous connaissons aujourd’hui parce que nous avons suivi les préceptes de la pensée unique basée sur le modèle étatsunien, connaîtrons-nous un jour la crise linguistique, parce que nous avons axé notre politique des langues sur le tout anglais ?

L’anglais langue… facile ?
mais attention, tout de même, à la prononciation :
hit, pas pareil que eat et que it
sheet, pas pareil que shit
beach, pas pareil que bitch
at, pas pareil que hat
etc.

Si M. Kouchner a des problèmes avec l’anglais, alors qu’il utilise cette langue depuis toujours (Kossovo, « French doctors », etc.), que penser alors de cette langue pour la communication internationale ?

(Reproduction et diffusion, hautement recommandées)