APPEL À LA RÉSISTANCE

Le Dr. Charles Durand, auteur de « La mise en place des monopoles du savoir » et ex-directeur de l’institut de la Francophonie pour l’informatique de Hanoï, réfute éloquemment les arguments des professeurs Jean-François Trudel, Sylvain Grignon et David Fortin qui font, dans un courriel publié ci-dessous, la promotion active de l’affichage unilingue anglais dans les universités québécoises de langue française et qui encouragent la publication qu’en anglais des résultats des recherches scientifiques.

Les responsabilités linguistiques des établissements d’enseignement supérieur québécois francophones

Dr Charles Durand

La directive du professeur Louis Marquis, vice-recteur à la communauté universitaire de l’université de Sherbrooke concernant l’affichage dans les corridors est parfaitement justifiée. Cependant, il aurait certainement été préférable que le vice-recteur Marquis aille au-delà des textes de lois et des règlements internes à l’université pour expliquer plus particulièrement pourquoi, dans le contexte, leur application est indispensable.

L’université de Sherbrooke est une université francophone. Or, les étudiants qui se promènent dans les couloirs peuvent voir des affiches décrivant les travaux de recherche de leurs professeurs rédigées en anglais. Implicitement, on envoie donc le message à ces étudiants, qui ont pourtant choisi de faire leurs études en français, que toute recherche sérieuse doit se faire an anglais ou, au moins, de faire l’objet d’une communication en anglais, donc que le français est inapte à assurer une telle fonction.

À qui ces affiches sont-elles destinées? À des anglophones, à des visiteurs étrangers? Non, ceux qui vont en prendre connaissance seront les étudiants, le corps enseignant, les administrateurs de l’université… Pourquoi s’adresser à ces gens en anglais, alors qu’ils comprennent tous le français? À quoi peut bien servir une langue, le français en l’occurrence, si on ne peut pas l’utiliser dans tous les domaines de l’activité humaine? Si l’on se met à restreindre l’usage du français à certains secteurs uniquement, comment pourrait-on encore être fiers de le parler? Surtout, comment pourrait-on défendre encore son usage vis-à-vis d’une autre langue qui ne présenterait pas de telles restrictions?

Une langue ne disparaît pas du jour au lendemain. C’est un phénomène progressif. Petit à petit, l’usage de la langue se retire des domaines intellectuels, de la science, de la philosophie, des lettres pour ne laisser qu’un parler vernaculaire, de peu d’utilité. Si les Québécois francophones veulent continuer à parler leur langue et aspirent à ce qu’elle soit respectée, aucun domaine ne doit s’en exclure, surtout pas la recherche de pointe, surtout pas les sciences d’avant-garde! En affichant des descriptions de leurs recherches en anglais, ce sont les professeurs qui, implicitement, disent à leurs étudiants qu’ils sont dans un ghetto à la périphérie duquel l’anglais est indispensable, puisqu’ils leur refusent l’usage de leur langue pour communiquer les résultats de la partie censée être la plus créative de leur activité. En refusant l’affichage dans une langue autre que le français pour présenter les travaux de recherche faits à l’université de Sherbrooke, les administrateurs refusent d’envoyer un message implicite qui serait équivalent à dire aux étudiants : « votre langue ne sert à rien, surtout pas à la profession à laquelle vous vous destinez ! Vous êtes dans un ghetto dont la seule issue est l’anglais! ». C’est bien cela qui est véhiculé par des affiches en anglais sur le travail qui se fait à l’université. Cet anglais là n’est pas synonyme d’ouverture. Il nie le fait français en Amérique du Nord. Il prône l’intolérance vis-à-vis de cette langue, il conforte l’arrogance des Canadiens anglais, il confirme les anglo-saxons dans leur orgueil de peuple « supérieur ». Comme Eugène Garfield, il clame haut et fort que « ce qui n’est pas écrit en anglais ne vaut pas la peine d’être lu! ».

D’autre part, quels messages envoie-t-on aux visiteurs éventuels qui ont l’occasion de poser leurs regards sur de telles affiches? Que la science doit s’exprimer en anglais? Que le français est inapte pour assurer une telle fonction? Que l’anglais est intrinsèquement supérieur? Que les résultats d’une quelconque recherche ne sont communicables qu’en anglais? Que la langue française, avec ses 200 millions de locuteurs, sans compter la population des pays membres de l’OIF (qui dépasse 500 millions), est une langue équivalente au hongrois, au suédois ou au finnois? Le français est pratiquement la seule langue, avec l’anglais, qui soit enseignée vraiment partout sur la planète et qui bénéficie vraiment d’une diffusion internationale sur cinq continents. Doit-on affaiblir son statut en suggérant aux autres de communiquer en anglais quand il s’agit de science ou de technique? D’ailleurs, pourquoi s’arrêter aux sciences et aux techniques? Pourquoi pas étendre l’anglais comme véhicule de communication en médecine, au génie civil? Pourquoi ne pas commencer à étudier l’anglais à 6 ans plutôt qu’à 11? Pourquoi ne pas commencer à 3 ans plutôt qu’à 6? Et puis pourquoi encore parler français si l’anglais est plus « utile » et plus « international » dans tous les domaines?

Il est plus important d’avoir des affiches décrivant la recherche scientifique en français dans une université francophone que des affiches en français de films étasuniens doublés dans cette langue dans le centre-ville de Montréal. Quand les scientifiques francophones avaient des choses à dire qu’on n’entendait nulle part ailleurs, ils étaient compris partout, dans leur langue. Des mathématiciens, des physiciens ou des sociologues tels qu’Henri Poincaré, Jacques Hadamard, Marie Curie ou Gustave le Bon n’écrivirent pas une seule ligne en anglais de toute leur vie. On les traduisait et leur réputation était véritablement mondiale.

Ceux qui pensent que ce qui n’est pas écrit en anglais ne vaut pas la peine d’être lu font preuve d’une rare ignorance. Il suffit d’observer ce qui se passe dans les laboratoires de recherche japonais où tout ce qui peut avoir, même de loin, une quelconque application industrielle est publié en japonais exclusivement, de façon à pouvoir en faire profiter des industriels japonais en priorité. Ce n’est que beaucoup plus tard, quand les techniques tombent dans le domaine public, que des traductions en anglais, ou dans d’autres langues, apparaissent. L’usage de l’anglais par les chercheurs japonais est utilisé uniquement pour donner le change aux occidentaux, pour glaner ce qui peut se révéler intéressant dans les conférences internationales et pour véhiculer une information scientifique de moindre qualité vers les pays occidentaux dont les scientifiques continuent naïvement à croire qu’ils sont ainsi informés de ce qui se fait en recherche au Japon. Néanmoins, on commence à s’en douter lorsqu’on observe la différence énorme de qualité entre ce que les Japonais impriment en anglais dans le domaine scientifique et les réalisations supérieures de leur production industrielle dans le secteur médical, en optique, et en électronique, par exemple.

De plus en plus, l’intolérance ne consiste pas à accepter d’entendre et de lire de l’anglais lorsqu’on se préoccupe de science et de technologie. L’intolérance, c’est d’accepter que toute langue autre que l’anglais, dont l’usage fût-il même sporadique, soit totalement interdit lors de congrès scientifiques prétendument internationaux. L’intolérance, c’est d’imposer dans un nombre croissant de cénacles, à l’intérieur même de pays francophones, l’interdiction de faire usage de notre langue.

Dans un tel contexte, il est indispensable de renforcer la visibilité de la langue française SURTOUT dans le domaine scientifique. La décision du vice-recteur Marquis est donc totalement justifiée. Nous pouvons lire dans la lettre de protestation rédigée par les professeurs Trudel, Grignon et Fortin « qu’ils recommandent l’usage de manuels francophones lorsque possible ». De qui se moquent-ils donc? La documentation scientifique, les outils de travail en français, les manuels en français, les publications en français, ne vont pas être rédigées par des martiens, mais par les scientifiques et les professeurs des universités francophones. Cela commence, semblerait-il par la diffusion d’informations scientifiques de vulgarisation EN FRANÇAIS, comme celles qui devraient orner les affiches apposées sur les murs des corridors de l’université.

Messieurs Trudel, Grignon et Fortin « espèrent une plus grande vitalité du français dans la communication scientifique » (sic). Qui doit relever ce défi sinon les scientifiques francophones eux-mêmes? Le débat sur les langues est truffé de fausses évidences et d’affirmations fallacieuses. Je crois qu’elles ne sont pas trop difficiles à trouver dans le texte de Messieurs Trudel, Grignon et Fortin.

Les lecteurs de cet article pourront trouver des informations complémentaires à la page suivante : http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=168&Itemid=0

Dr. Charles Durand

Auteur de « La mise en place des monopoles du savoir »
Ex-directeur de l’institut de la Francophonie pour l’informatique de Hanoï

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RÉSISTANCE EN FAVEUR DE L’ANGLICISATION DE NOS UNIVERSITÉS!

Ci-dessous, le courriel des professeurs de l’Université de Sherbrooke Jean-François Trudel, Sylvain Grignon et David Fortin qui lancent un appel à la résistance en faveur de l’anglicisation de la recherche scientifique, de la publication en anglais des résultats de ces recherches et de l’affichage en anglais dans nos universités!

A : Professeur Tous001
De : Jean-Francois Trudel/Facmed/USherbrooke
Date : 30/10/2008 11:13
Objet : retirer les affiches scientifiques en anglais ou autres langues: il faut résister!

Lettre ouverte À : Me Louis Marquis, vice-recteur à la communauté universitaire, Université de Sherbrooke
Dre Jocelyne Faucher, secrétaire et vice-doyenne à la vie étudiante, Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé.
Dr Réjean Hébert, doyen, Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé

Chers collègues,

C’est avec un mélange d’intérêt et de stupéfaction que nous avons pris connaissance récemment de directives de votre part, datées respectivement du 16 et du 17 juillet 2008, à l’effet qu’il nous fallait dorénavant proscrire sur les murs de notre faculté comme de toutes celles de l’université, toute affiche, même scientifique, rédigée dans une langue autre que le français. L’argument évoqué est que ces affiches sont irrespectueuses de la charte même de l’Université comme de la Charte de la Langue Française. Nous nous interrogeons sur les circonstances particulières qui ont donné naissance à ces directives au demeurant peu circulées au sein de la communauté facultaire jusqu’à récemment : c’est seulement le 27 octobre qu’on vient enfin diffuser la chose à l’ensemble du corps professoral de la faculté de médecine. Le message du doyen mentionne que l’Université aurait fait l’objet d’une enquête, d’une visite d’inspecteurs de l’Office de la langue française qui auraient exprimé un blâme officiel aux hautes autorités universitaires. Pourtant, diverses informations émanant du Centre de Recherche Clinique laissaient entendre qu’un compromis, sous la forme d’un petit message explicatif à apposer au bas des affiches en anglais, avait été élaboré. Que s’est-il passé vraiment? Quelles menaces réelles pèsent sur l’Université : amendes, poursuites? Il nous faut savoir, et réagir.

Qu’on ne se méprenne pas sur notre intervention: nous croyons qu’il est important de défendre le statut francophone de l’Université, qu’il est essentiel d’interdire les cours donnés dans une langue autre que le français, qu’on recommande l’usage de manuels francophones lorsque possible, qu’on favorise les liens avec la francophonie, que l’affichage officiel de l’institution soit unilingue français. Nous applaudissons les récents efforts des gouvernements Français et Québécois pour favoriser l’équivalence des formations et la mobilité de la main d’œuvre par-delà l’Atlantique.

Mais l’affichage scientifique? Là vraiment, on exagère, et on tombe dans un intégrisme de mauvais aloi qu’il nous faut combattre. L’Université de Sherbrooke ne vit pas en vase clos francophone. Nous sommes en Amérique du Nord, continent essentiellement anglophone. N’en déplaise aux puristes de la langue, la communication scientifique internationale se fait majoritairement en anglais. On peut le déplorer, espérer une plus grande vitalité du français dans la communauté scientifique; le fait est que si un professeur ou un étudiant de notre Université prépare un article ou une communication et qu’il souhaite les diffuser le plus largement possible, il choisira probablement l’anglais. Un professeur d’une université Hongroise, Coréenne, Portugaise, fera vraisemblablement le même choix. La grande majorité des congrès Canadiens, Nord-Américains et internationaux ont lieu dans cette langue. Les affiches –anglaises le plus souvent- qui annoncent ces congrès essentiels à la vitalité de l’Université doivent-elles aussi être proscrites de nos murs? Nos professeurs et nos étudiants qui préparent leurs affiches en anglais de façon à être lus et vus du plus grand nombre lors de ces congrès, n’auraient plus le plaisir d’afficher dans les corridors de l’Université, pour l’œil de leurs collègues et des visiteurs, ces humbles fruits de mois de labeur? Allons donc, c’est de la folie. C’est s’abaisser devant le Prince et la Loi qui n’ont comme puissance que celle qu’on veut bien leur donner.

Dre Faucher propose une mesure alternative, qui consisterait à héberger sur le site Internet de la Faculté , plutôt que sur les murs, ces affiches honnies. Alternative boiteuse : nous voulons bien cliquer de la souris de temps en temps, un site virtuel qui regrouperait les efforts de rayonnement de notre faculté et de toutes les autres est une bonne idée; mais nous aimons les affiches scientifiques sur les murs! Il y a une richesse à ces tableaux incompréhensibles et ces photos mystérieuses qui accrochent notre œil dans les corridors! Lorsque nous traversons un département où nous allons rarement, nous sommes plusieurs à nous arrêter devant les affiches scientifiques, qui sont un témoin de la vitalité intellectuelle, des efforts de transmission et d’amélioration des connaissances qui fleurissent en silence dans tous les coins. Nous aimons l’effet d’émulation que ces murs bariolés génèrent. Dénuder nos murs et loger tout cela derrière un écran d’ordinateur, c’est s’appauvrir.

Me Marquis, Dre Faucher, Dr Hébert, il faut donc résister à vos directives, qui ne sont pas vraiment de vous mais viennent de plus haut encore. Vos rôles importants à l’Université rendent malaisés l’exercice de la dissidence. Mais nous tous, les professeurs de chaque faculté et de chaque département, nous pouvons nous opposer. Qu’on laisse les ayatollahs et les sbires de l’Office de la Langue Française venir eux-mêmes les arracher, ces affiches à bannir. Mais ne le faisons pas nous-mêmes. Et honte à nos autorités locales si elles commettent l’indignité de les enlever comme le plus récent message en laisse planer la menace.

Imaginons un instant à quel point ces directives seraient impensables à l’Université McGill, à Concordia, pourtant elles aussi assujetties, il me semble, à la loi 101 et à ses considérations sur l’affichage (à moins qu’elles ne fassent l’objet d’une dérogation qui leur permet de s’exprimer dans la langue majoritaire de la communauté scientifique alors que nous, francophones, devons rester confinés à notre petite paroisse ? Si c’est le cas, la loi donnerait aux institutions anglophones plus de liberté d’expression qu’aux francophones!). Imaginons une telle directive aux Pays-Bas, en Suède, en Hongrie : pourrait-on imaginer qu’on impose à ces gens de n’utiliser que leur propre langue, peu parlée à l’échelle internationale, pour leurs affiches scientifiques? Ou qu’elles doivent confiner à un placard ces affiches honteuses? Qu’on ne vienne pas nous dire que c’est la Loi et qu’on n’a pas le choix! La Loi et le Pouvoir accommodent toujours ceux qui résistent lorsque cette résistance est fondée sur le gros bon sens et ferait perdre la face au Prince s’il tentait de trop en imposer.

Jean-François Trudel, MD, FRCPC, MSc professeur département de psychiatrie
Sylvain Grignon, MD, professeur département de psychiatrie
David Fortin, MD, FRCPC professeur, département de chirurgie
Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé
30 octobre 2008

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Politique linguistique et Charte la langue française

Ci-dessous, la directive de l’Université de Sherbrooke qui stipule clairement que « l’affichage public doit se faire en français » conformément à sa Politique linguistique et à la Charte de la langue française.

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Source:
Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français
Recherche et communications
www.imperatif-francais.org

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