ANGLICISATION DE NOS ÉLÈVES

Certains établissements d’enseignement ont une drôle de conception de leur rôle à l’égard de la langue française.

L’Académie François-Labelle de Repentigny est une école primaire privée qui est « associée » au collège de L’Assomption. En novembre dernier, lors d’une visite à cette école, j’ai été stupéfait de voir qu’on avait apposé des plaques identifiant tous les locaux en trois langues : français, espagnol, anglais. Par exemple, on pouvait lire sur l’une d’elles : « Gymnase, Gimnasio, Gymnasium » et ces trois inscriptions étaient de grosseur égale.

Par la suite, en jasant avec une élève, j’ai appris qu’une des activités offertes à l’école était le « cheerleading » et que tous les slogans criés étaient en anglais.

Je décide donc d’appeler la directrice pour lui faire part de mon étonnement. Tout de suite, elle invoque le fait que l’Académie est une école internationale et que cet affichage serait dicté par ce statut. Quant au « cheerleading », elle n’est pas au courant. Devant mon insistance, elle dit qu’elle va en référer au conseil d’administration qui doit se réunir en janvier.

Le 16 janvier dernier, elle m’envoie une lettre pour me dire que « la priorité (sic) accordée à la langue officielle du Québec est au centre de nos préoccupations » mais que le conseil d’administration « ne recommande pas le retrait des (dites) affichettes ». Quant au « cheerleading », il « permet d’utiliser l’anglais dans un contexte de la vie courante ». Peu de temps après, une autre visite de l’école me fait voir que plusieurs autres affiches unilingues anglaises ou bilingues tapissent les murs de l’école.

Voilà. Voilà où on en est en 2008 dans une école du Québec censée transmettre notre héritage à nos enfants. Le contexte visuel à l’intérieur de cette école commence vraiment à faire penser au Québec d’avant la loi 101. Tout cela sous couvert d’internationalisme.

Notre très pénétrant gouvernement a décidé il y a deux ans de faire commencer l’enseignement de l’anglais en première année du primaire malgré les avis contraires émanant de divers milieux. Les écoles n’ont plus le choix. Mais faut-il pour autant faire du zèle et transformer les établissements scolaires en sorte d’aéroports internationaux avec trois langues d’affichage? Je crois vraiment que certaines directions d’école manquent de jugement.

Cet exemple est-il répandu dans d’autres écoles internationales ou même ordinaires? Je n’en sais rien mais il vaudrait peut-être la peine de vérifier. En attendant, moi je porte plainte à l’Office de la langue française pour affichage illégal. Il y a tout de même un bout!

Claude Richard
Repentigny

Adresses utiles:
L’Académie François-Labelle
http://www.academiefrancoislabelle.qc.ca/
afl@classomption.qc.ca