STE-CATHERINE ET MONTRÉAL, PQ

Après 5 ans d’absence, j’ai eu l’occasion tout récemment de visiter Montréal. À mon retour en Saskatchewan, j’ai publié dans le journal francophone L’Eau vive l’article suivant : WELCOME TO MONTREAL Plus ça change, moins c’est pareil. En voyage à Montréal il n’y a pas longtemps, on se serait cru… en Saskatchewan. Souvent, des affiches en anglais seulement, des noms de boutique en anglais (faut-il s’étonner qu’ils aient voulu donner à une équipe sportive québécoise le nom de Jumping Frogs ?). Et comment se fait-on accueillir dans des magasins, bars, restaurants, dépanneurs et hôtels de la deuxième ville francophone après Paris ? : « Can I help you ? », « What can I do for you ? », et « What can I get you ? ». Oh, ils parlent français, bien sûr, mais ils s’adressent à vous d’abord en anglais, et même qu’il y en a pour vous dire, sans aucun remord, ne pas parler français du tout. On obtiendra aussi son reçu de restaurant (McDonald, rue Ste-Catherine)… en anglais seulement ! À un petit hôtel, le préposé à la réception a donné l’impression de faire semblant de comprendre le français quand on lui a demandé de faire un appel à la chambre le lendemain matin. Il n’y a pas eu d’appel. Pour le dépaysement et le bain francophone, on repassera… Ça, c’est dans la métropole du pays de la loi 101, celle de Camille Laurin adoptée à l’Assemblée nationale du Québec le 26 août 1977. Elle faisait du français la langue officielle de l’État québécois (malheureusement, elle oublia d’encourager une certaine « qualité » de la langue) … et donna suite à de beaux débats sur l’affichage. On en était arrivé à un compromis, quelques années plus tard il me semble, qui était de placer le français en position prédominante dans les vitrines, disons sur une hauteur d’un pied, et l’anglais, ou toute autre langue, en dessous ou à côté, disons sur une hauteur d’un demi-pied. Ce n’était pas de la discrimination : c’était, tout simplement, de reconnaître à la majorité francophone ce qui lui avait été nié depuis 1763, c’est-à-dire sa langue. Nous étions passés de la revanche des berceaux à celle des écriteaux… Le recul est évident. Bien sûr, plus vous allez vers l’est de la ville, plus vous vous frottez à la vraie francophonie. Qui n’a pas reçu ou envoyé une carte postale de Montréal montrant les balcons enneigés trônant sur des escaliers qui tournoient du plancher des vaches jusqu’à la porte d’entrée ? Ça, au moins, ça n’a pas changé. Mais enfin, la rue Ste-Catherine et Montréal n’ont tout de même pas encore été annexées par la Saskatchewan ! Elles sont censées répondre aux lois linguistiques du Québec et devraient donc être tout aussi francophones dans leurs boutiques, dans leurs restaurants… et dans l’accueil… et pas seulement à l’est de la rue St-Laurent.

André R. Gignac
skbluette@yahoo.ca

(Le 8 mai 2007)